Les acteurs traditionnels du tourisme ont été parmi les premiers bousculés par le numérique. Poussés à l’innovation pour répondre aux nouveaux entrants, ils s’appuient sur les écoles qui forment ceux qui les aideront à faire de la nouvelle économie un levier d’innovation.

 

Des transports à l’hospitality en passant par les agences de voyages ou les librairies, aucun pan du secteur du tourisme n’a été épargné par la vague digitale. Réserver une chambre d’hôtel via une plateforme en ligne, consulter les forums de voyageurs pour obtenir des bons conseils, comparer le prix d’un billet d’avion par date et compagnie, s’inviter chez un particulier via une appli sur son smartphone… tous ces comportements sont entrés dans les mœurs et concernent une part croissante des touristes.

Disruption du business model traditionnel

Dans les fait, les impacts du digital sur la chaine de valeurs du secteur ont été progressifs et ont d’abord touché les modes de réservation (Booking, Expedia…), puis la façon de sélectionner et de faire ses choix (comparateurs, forums…) et enfin le cœur même du business model du tourisme, passant d’une offre BtoC à une offre collaborative CtoC (Airbnb, BlaBlacar…). Certains nouveaux acteurs ont centré leur proposition de valeur sur l’acquisition de prospects, dont ils revendent les profils (destination préférée, budget…) aux tours opérateurs.

Une nécessaire révolution digitale

Les acteurs traditionnels du tourisme ont dû se rendre à l’évidence et réagir en réalisant leur « révolution numérique ». S’équipant de sites internet performants, se référençant sur les moteurs de recherche, parfois cédant aux plateformes de réservation en leur achetant des leads, les hôteliers continuent pour autant de miser sur la qualité de services, l’accueil et l’humain pour résister face aux gain changers qui développent le tourisme sans contact, ou presque. Idem pour les agences de voyage qui conservent leurs bureaux physiques, tout en accentuant leur présence en ligne.

Des enseignements revisités

Dans ce contexte, les écoles de commerce spécialisées en tourisme ont adapté leurs enseignements pour coller au plus près des nouvelles réalités du marché. « Depuis la création de l’Ecole Supérieure de Tourisme (ex EMVOL), nous avons intégré des modules de compétences, comme le e-tourisme ou le yield management (système de gestion des capacités permettant d’optimiser le remplissage des avions, des hôtels…et donc le chiffre d’affaires) » explique ainsi Julien Renoult, Directeur de l’école supérieure de tourisme, avant de compléter : « Nous formons également nos étudiants au coding, afin qu’ils maîtrisent ce langage et puissent échanger avec les développeurs d’applications dans leurs futurs postes ».  Autre innovation : la tenue de deux hackatons en novembre 2016 et mai 2017 à la Technopole de l’Aube en Champagne, où les étudiants travaillent sur des projets d’innovation & entrepreneuriat pour apporter des solutions à une problématique soumise par une entreprise de tourisme autour du digital. « Les entreprises sont friandes du regard neuf et disruptif que peuvent apporter nos jeunes sur les enjeux digitaux, car ils sont nés avec le numérique. »

 

Le mot de Luc Béal, Directeur du MSc Management des Destinations Touristiques à La Rochelle School of Tourism & Hospitality : « Nous formons les futurs professionnels de l’industrie touristique à la maîtrise des outils dans un univers numérique (revenue management, community management), mais également à une analyse des comportements d’achat et du parcours expérientiel du touriste. L’objectif est qu’ils soient opérationnels dès leur premier poste, et nourrissent aussi une compréhension fine des transformations en cours, pour devenir les acteurs de ces transformations. »

 

« Outre le digital, le tourisme responsable ou solidaire sont aussi des leviers de développement, et sont peu impactés par le numérique » – Julien Renoult, Directeur de l’école supérieure de tourisme