A l’occasion de la Journée des Droits des Femmes, le club Génération Femmes d’Influence a souhaité réagir suite à la publication de notre article sur la signature de la coopération entre l’Institut Polytechnique de Paris et HEC Paris. En Une de celui-ci, une photo 100 % masculine qui avait embrasé la twittosphère en raison de l’absence de femmes dirigeantes, la directrice de l’ENSTA ParisTech n’ayant pu être présente ce jour-là (NDLR).

 

Il fallait oser et pourtant, ils l’ont fait ! En 2019, une photo représentant une rangée de mâles blancs prétendant incarner « le rayonnement de la France à l’international » est postée sur les réseaux sociaux. Cette photo, c’est pour immortaliser la signature d’un accord entre HEC et l’Institut polytechnique de Paris. Malaise. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, cette photo innocemment postée nous rappelle que la parité femmes-hommes est loin d’être atteinte. Et encore moins dans les instances dirigeantes des Grandes écoles !

Cette photo témoigne d’abord d’un problème d’image et de communication. Ou d’un sérieux aveuglement ! Il a fallu que des internautes soulignent l’absence de femmes sur la photo pour révéler aux intéressés le côté caricatural de leur post. Comment croire qu’à aucun moment la question d’absence de parité ne se soit même posée ? Quelques jours après le scandale de la Ligue du LOL, à l’heure où l’Automobile Club de France est toujours réservé aux hommes – où les femmes n’ont même plus le droit de déjeuner à l’étage et sont reléguées au rez-de-chaussée -, le concept du boys club et de l’entre soi masculin excluant les femmes persiste. Une idée ringarde et ridicule. Alors que les Grandes écoles ont un devoir d’exemplarité, ne serait-ce que pour inciter les jeunes filles à rejoindre ces écoles !

Plus qu’un problème de communication, cette photo nous rappelle que 85% des directeurs de Grandes écoles sont des hommes. Les Grandes écoles et leur rayonnement académique jouent beaucoup sur l’attractivité d’un pays à l’international. Mais comment ces établissements peuvent-ils prétendre représenter la France en oubliant 52% de la population ?

Et pourtant, ce n’est pas une fatalité. Est-il besoin de rappeler qu’il y a suffisamment de femmes compétentes pour diriger les Grandes écoles ? Des femmes brillantes sortent d’HEC et de Polytechnique chaque année. Et ne soyons pas dupes, aucun besoin d’être diplômé d’une Grande école pour la diriger. Prenons l’exemple de Nathalie Loiseau, jugée assez compétente pour avoir dirigé l’ENA sans en être diplômée. Tellement compétente qu’elle est aujourd’hui ministre !

Alors que faire ? Il faut continuer à favoriser l’accès des femmes dans toutes les instances, pour ne plus jamais entendre parler de métiers masculins et de métiers féminins. Il faut continuer à voir les choses en grand, pour créer de nouveaux modèles féminins. La dernière pub Nike mettant en scène des sportives va dans ce sens, inspirant les femmes à suivre leurs passions et leurs envies ! Au sein de notre club Génération Femmes d’Influence, notre objectif est de continuer à encourager les femmes qui entreprennent, qui réussissent et qui rayonnent. Sans mettre les hommes de côté, nous continuerons à inciter les femmes à croire en leur talent ! C’est pourquoi nous sommes fières de décerner chaque année le Prix de la Femme d’Influence à des femmes talentueuses qui sortent du lot. Nous sommes fières d’avoir récompensé Karine Lejeune, colonelle de gendarmerie, Caroline Sonrier, directrice de l’Opéra de Lille, Zahia Ziouani, rare femme chef d’orchestre, Soledad Gallego-Diaz, dirigeante du quotidien El País, Mariya Gabriel, Commissaire Européenne à l’économie et à la société numériques, Kolinda Grabar-Kitarovic, Présidente de la République de Croatie, Muriel Pénicaud, Ministre du Travail… et tant d’autres encore.

En 2019, nous continuerons à nous moquer des photos ringardes et ridicules, en rappelant à tous que promouvoir la réussite et le rayonnement sans montrer de visage féminin est aussi absurde que caricatural. Aussi stupide qu’essayer de sauter dans le vide sans parachute. Et pourtant, ils l’ont fait.