Clore son cursus universitaire par un papier de soixante à cent pages, synthétisant une année de recherche : voilà de quoi donner le vertige à plus d’un étudiant ! Fidèles à cette tradition universitaire, plusieurs grandes écoles de commerce et d’ingénieur demandent encore à leurs étudiants de produire un mémoire de recherche à l’issue de leurs études. Lumière sur ces chercheurs en herbe.

 

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Mylène entame son Master 2 à KEDGE. Valider ses cours et ses partiels tout en travaillant à mi-temps pour financer ses études n’est pas sa seule préoccupation de l’année : depuis septembre, l’épée de Damoclès du mémoire de fin d’études pèse sur ses épaules… Défi numéro un ? Trouver son sujet : « J’avais énormément d’idées, mais finalement je ne savais plus quoi prendre. J’ai plus ou moins choisi mon sujet par défaut, car j’étais dans l’urgence et je devais faire valider mon choix. » En janvier, elle opte donc pour le sujet du cinéma d’adaptation, puisqu’elle souhaite s’orienter vers le management culturel. Bonne nouvelle, le thème convient aussi à son tuteur… Qu’à cela ne tienne ! Voilà un problème résolu.
Ceci-dit, précise la jeune femme, trouver un professeur encadrant disponible ET intéressé par son sujet n’est pas non de tout repos : « Au début de l’année, on nous fournit la liste des professeurs avec leur compétences. Il faut les contacter pour leur demander d’encadrer son mémoire. Si certains ont déjà atteint leur quota d’étudiants ou que le sujet ne les intéresse pas, ils nous redirigent vers leurs collègues. » Dans le cas d’un sujet très ciblé, trouver la bonne personne peut parfois s’avérer difficile : « J’ai demandé à une première professeure qui n’a pas répondu à ma demande. Alors, j’ai été voir le directeur des masters, qui était le seul professeur libre restant et qui prend tous les cas désespérés ! »

En école de commerce, les élèves travaillent seul ou à deux sur le sujet de leur choix, en fonction de leurs intérêts, de leur spécialisation et de leur projet professionnel. Le rendu attendu est d’une soixantaine de pages, incluant une revue de littérature sur les publications existantes dans le domaine, suivie d’une analyse terrain plus personnelle. La difficulté principale est alors de choisir une problématique très précise sur laquelle l’étudiant concentrera sa recherche – malgré la tentation souvent forte de fournir une étude panoramique mais superficielle.
Des difficultés similaires se retrouvent en école d’ingénieurs, même si les étudiants travaillent sur des sujets tout autres. Marie a terminé Centrale Lille l’année dernière : «  En dernière année, il est possible de choisir son sujet, ou bien ton professeur t’en propose un. Moi, j’ai eu un rapport bibliographique à faire sur les matériaux à changement de phase, qui ne devait pas excéder trente pages. » Les étudiants peuvent également réaliser une mission de recherche pour une entreprise.
Pour Marie, le challenge était surtout d’ordre méthodologique : difficile de condenser autant d’informations et de sélectionner les plus pertinentes… D’autant plus lorsqu’on est livré à soi-même : « Parfois, tu te demandes vraiment si ça va servir à quelque chose et si ça ne va pas terminer dans les archives de l’école ! » Pour elle, l’utilité d’un tel travail concerne davantage les élèves  eux-mêmes que les commanditaires de l’étude. « Ça nous permet de pousser une question particulière qui nous tient à cœur dans une branche d’étude : Centrale est une école généraliste, est nous n’avons pas vraiment l’occasion de faire ça pendant les cours… »

Ecole de commerce ou école d’ingénieurs, l’épreuve ultime reste la même : présenter son travail au cours d’une soutenance orale, face à son professeur référent et quelques invités. Pression intense, ou libération symbolique ? «  C’est surtout un soulagement !  Remarque Marie. C’est le dernier travail que j’ai présenté à Centrale, la dernière pierre à l’édifice… »

 

Les conseils avisés de Marie et Mylène
•  Ne pas attendre la dernière minute pour chercher un tuteur : les professeurs sont pris très rapidement.
•  Choisir un sujet qui vous intéresse vraiment (« vous allez devoir lire des millions de livres là-dessus ! »)
•  Se fixer des objectifs atteignables : mieux vaut faire quelque chose de modeste et bien fait.
•  Prendre régulièrement des rendez-vous avec son professeur référent pour se donner un rythme de travail.

 

Propos recueillis par Alizée Gau