Si la loi impose un quota de 6 % de collaborateurs en situation de handicap, les inégalités persistent. Deux fois plus de travailleurs handicapés sont ainsi au chômage, seulement 7 % d’entre eux sont cadres. Pourtant de plus en plus de jeunes talents handicapés suivent des études et sortent diplômés. Davantage de perspectives s’ouvrent désormais à eux au sein des entreprises.

 

Le nombre d’élèves et d’étudiants en situation de handicap a plus que doublé en 10 ans. Toutefois, même si la France a signé en 2010 la convention internationale des droits des personnes handicapées, leur insertion professionnelle reste problématique. Aujourd’hui encore, un élève en situation de handicap a 4 fois moins de chances d’accéder à l’enseignement supérieur qu’un élève valide.

 

Un accès encore limité aux études…

Selon un sondage exclusif réalisé pour Arpejeh, 70 % des Français estiment que les élèves en situation de handicap ne sont pas suffisamment préparés par l’école à faire des études supérieures. 88 % des Français estiment qu’il serait utile de mettre en place à l’école des campagnes de sensibilisation sur le handicap, tandis que 85 % pensent que la réalisation d’un stage en entreprise par un élève en situation de handicap favoriserait son insertion professionnelle.

 

… Mais en nette progression

Près de 300 000 élèves en situation de handicap sont désormais accueillis dans les écoles, c’est 30 % de plus qu’à la rentrée 2011. La Conférence des grandes écoles vient même de renforcer son engagement pour l’inclusion de ces étudiants en signant une convention de partenariat avec la Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap (FEDEEH).

 Objectif : favoriser l’inclusion des étudiants en situation de handicap. 3 axes de travail ont été identifiés pour accompagner les jeunes à chaque étape de leur parcours académique :

  • L’enseignement secondaire et la transition vers l’enseignement supérieur et notamment l’accès aux grandes écoles.
  • La vie étudiante et les projets associatifs dans les grandes écoles.
  • L’insertion professionnelle des jeunes en situation de handicap en facilitant la diffusion d’informations et la participation des entreprises dans les travaux menés par la CGE dans le domaine du handicap.

 

Clara Moret a 22 ans et étudie en 3e année en génie civil à l’INSA Rouen Normandie sans bénéficier d’une scolarité aménagée. Un parcours semé d’embûches pour cette étudiante dont le handicap moteur ne saute pas forcément aux yeux… mais qui se prépare pour le semi-marathon de Saint Malo ! « J’ai été parfois victime de ‘‘discrimination’’ de la part de certains professeurs. D’autres ont tenté de me dissuader de faire des études d’ingénieur dès le lycée. Mais j’y suis arrivée donc c’est possible ! Pour moi, c’est un combat qui me pousse plus qu’il ne me freine. Je contacte d’ores et déjà les entreprises avec une mission handicap. Il est très important de dialoguer dès le départ et de ne pas cacher son handicap qui peut aussi s’avérer un point fort. »

L’anecdote de Clara Moret, étudiante à l’INSA Rouen Normandie : « Comme je prépare un semi-marathon, d’autres ont eu envie de le faire ! En tant qu’handicapée, on peut amener les autres à se transformer, on peut les motiver à faire des études, du sport et devenir soi même une source de motivation. Il ne faut pas le vivre comme une faiblesse. » http://www.toushanscene.fr/votes/votes.html#20170117102521

 

Pierrick et Tanguy, étudiants à l’école des Mines d’Albi

« Le campus est aménagé pour accueillir les étudiants en situation de handicap. Des appartements ont été pensés en ce sens et des cours de langue des signes sont même proposés. L’école met aussi tout en œuvre pour accueillir 2 jeunes handicapés en apprentissage mais les négociations avec les entreprises restent encore délicates.

 

À l’INSA Rouen Normandie, Clara Moret travaille ainsi étroitement avec la chargée de mission handicap. « Nous apprenons mutuellement à nous connaître pour pouvoir évoluer. C’est difficile de tout gérer – les cours, les séances de kiné… C’est une vie à 100 à l’heure mais rien n’est impossible ! Je suis en contact avec l’association Handisup qui m’a proposé de mettre en place le système de preneur de note avec une élève de ma promotion, Alice, payée pour me photocopier ses cours. Et ça fonctionne très bien ! L’école m’a également offert une carte de photocopie et un accès au parking des professeurs. »

  • Prochaine étape : acheter un matériel adapté pour que Clara puisse plus facilement déjeuner le midi. Des petites choses qui lui facilitent la tâche et lui permettent de se sentir moins fatiguée.