A quelques mois de la Conférence Climat de Paris, les nombreux défis posés par la transition énergétique et la croissance verte sont plus que jamais d’actualité. Quel regard les jeunes ingénieurs portent-ils sur ces challenges de demain ?

 

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Transport et bâtiment : des domaines phares de la croissance verte
Ancrée dans un territoire pionnier en matière de développement durable, l’EIGSI La Rochelle se positionne sur le transport et le bâtiment. “ Le transport est un des domaines de recherche historique de l’école et le bâtiment constitue la plus grande source de déperdition énergétique à l’échelle mondiale. Automobile, aéronautique, ferroviaire, nautique, mais aussi informatique (pour les smartgrids) et travaux publics (pour la conception de bâtiments intelligents à énergie positive)sont autant de débouchées pour nos élèves “ indique Olivier Paccaud, Directeur des Etudes de l’EIGSI. Un engagement de tous les instants pour cette école qui attribue un vélo à chaque étudiant en début de formation et qui développe un projet de Master centré sur la mobilité propre avec 4 partenaires européens pour la rentrée 2016.

 

“ L’énergie est un des seuls domaines vraiment transverse “
“ L’énergie est à la jonction de transformations scientifiques, politiques et sociales fondamentales. A l’Ense3, une des rares écoles spécialisées dans ce domaine, je construis une vision globale du problème énergétique qui me permettra, à termes, d’intégrer des systèmes pluri-énergies et d’adapter la meilleure énergie en fonction des besoins. Il est donc important que j’acquiers des compétences économiques : je vais suivre l’année prochaine un double-diplôme en économie de l’énergie et du développement durable à l’Université de Grenoble. L’énergie est un domaine d’avenir dans lequel il vaut la peine de s’investir : c’est plus qu’un job, c’est un moyen de participer à la construction d’un monde meilleur. “
Valentin Maillot, en 2ème année à l’Ense3 (Grenoble INP)

 

Et la croissance bleue ?
Alors que la France a la 2ème plus grande superficie maritime mondiale, les énergies marines renouvelables (EMR) y restent méconnues. L’ENSTA Bretagne développe pourtant des projets novateurs sur les énergies marines produites mécaniquement (éoliennes, hydroliennes, systèmes houlomoteurs) et sur l’énergie thermique des mers. Des projets aux impacts environnementaux et sociaux forts qui vont bien au-delà de la technique. “ C’est une des seules écoles d’ingénieurs à avoir une telle démarche intégrée où la partie technologique ne représente que 50% des enseignements “ précise Jean-Yves Pradillon, Responsable du Master EMR. Importantes pour le mix énergétique des zones raccordées à un réseau puissant, les EMR se posent aussi en alternative crédible pour les secteurs isolés, comme les iles. En pleine structuration, c’est une filière porteuse d’emplois. “ La France s’est engagée à installer 6 GW de production d’énergie en mer d’ici 2020 et nous en sommes aujourd’hui à 0 ! Outre de belles perspectives de carrières, les EMR sont un terrain où tout reste à inventer : elles incarnent le retour de l’ingénieur ! “

 

“ La géothermie c’est l’énergie de demain ! “
“ Energie renouvelable naturellement économique (on ne la fabrique pas, elle est issue de la captation de la chaleur de la Terre), la géothermie est pour moi l’énergie de demain. Je monte d’ailleurs actuellement un projet d’entreprise pour installer la géothermie de basse énergie chez les particuliers et les PME dans le cadre de rénovations ou d’installations de bâtiments. En plus de mes compétences techniques essentielles dans les phases d’analyse des sols, de modélisation informatique et d’installation, je développe des compétences de management et de gestion dans le cadre d’un Master Entrepreneuriat en cours du soir. J’espère pouvoir contribuer au développement de cette énergie qui reste méconnue en France, alors même que notre pays a des territoires propices à son exploitation, notamment dans le Bassin Parisien. “
Kevin Rousseau, en 3ème année à l’ENSG

 

CW.