L'aventure Trails of Life continue !

Cela fait 10 jours que nous sommes dans ce petit village de la tribu Luo, à quelques dizaines de kilomètres de Kisumu et du Lac Victoria. S’il y a énormément de choses à faire et à voir, il y a aussi certaines sources de frustration. Le « temps kenyan » en particulier. Ici, les gens ne sont pas pressés. Du coup, il vaut mieux ne pas s’engager à faire deux choses dans la journée, car la première prend souvent des proportions monstrueuses et déborde du temps normal qu’on lui aurait alloué. La nuit tombant dès 18h30 n’aide en rien. La saison des courtes pluies non plus. Souvent, des orages éclairs passent, font tomber leurs trombes, puis disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés. L’ensemble de la région est alors transformée en boue extrêmement visqueuse et adhérente qui paralyse toute activité. On comprend alors pourquoi ils l’utilisent pour fabriquer leurs maisons.

L’inconfort rural est exactement tel qu’on l’attendait. Toilettes et douches loin au fond du jardin, aller chercher l’eau à la pompe communale, dormir là où on nous offre le logis… Toutefois, certains désagréments peuvent rapidement devenir handicapant : la boue partout peut empêcher de nettoyer une blessure, le temps kényan nous empêche de faire une lessive, l’obscurité permanente dans les maisons en terre attire les puces de lit… Les repas se composent en grande majorité d’ugali, une pâte de maïzena durcie à l’eau. L’ugali revient souvent. Très souvent. A tous les repas en fait. Ils ne mangent pas pour l’énergie et encore moins pour le plaisir, mais pour avoir le sentiment d’être remplis ! On peut imaginer notre frustration quand le repas du soir se compose (comme celui du midi et ceux de la veille) d’ugali et de skumawiki, une herbe bouillie…
Nous sommes souvent invités. Nous passons dans les écoles et lycées, où l’on nous demande de prendre part aux cours. Cela nous surprend à chaque fois lorsque l’on se présente dans l’idée de déranger le moins possible et que l’on nous place au centre d’une classe, nous demandant de faire ce qu’on veut. Nous avons pris part aux récoltes de cannes à sucre, l’activité principale de la région. Une fois tous les trois mois (!) Le champ est d’abord brûlé en quelques minutes pour se débarrasser des feuilles mortes et rendre le « tronc » de la canne gorgée d’eau accessible. Ils la coupent ensuite avec leurs « pongas », les machettes qu’ils transportent tout le temps avec eux.
Nous avons été invités dans un autre village, qui se trouve être de la tribu des Kikuyus, les grands rivaux des Luos.
Avant de nous y rendre, nous allons passer quelques jours en ville pour trouver internet, nous poser un peu mais surtout nous débarrasser des puces de lit !
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