C’est le grand jour pour les 5 écoles membres de NewUni, Polytechnique, ENSTA ParisTech, ENSAE ParisTech, Télécom ParisTech et Télécom SudParis. Elles signent leur convention de coopération. Ambitions, valeurs, forces, coopérations, groupes de travail, les établissements sont en ordre de marche. Sur le papier NewUni possède le potentiel pour atteindre son ambition d’être un institut de sciences et technologies de rang mondial. Restent néanmoins plusieurs enjeux à relever : trouver le statut, la marque, des financements, la stratégie opérationnelle, faire monter le campus en gamme, pour faire de ce beau rêve une réalité d’ici à 2022.

 

Le projet NewUni prend forme. Avec la signature de cette convention, le groupe peut passer à l’action de manière coordonnée, et surtout monter en puissance. « Nous partageons des valeurs, une vision, une ambition, une histoire, et surtout des forces, a rappelé Eric Labaye, nouveau président de Polytechnique, il met son efficacité et son expérience de l’organisation en tant qu’ancien directeur associé de Mc Kinsey au service du déploiement du projet.

Les écoles de New Uni mettent de très beaux cadeaux dans le panier de la mariée : excellence académique, de la recherche, sélectivité, accompagnement personnalisé des étudiants, proximité avec le monde économique, incubateurs, réseaux d’alumni prestigieux… Le costume d’institution de rang mondial de NewUni vient d’accrocher une nouvelle et formidable médaille pour sa légitimé et sa reconnaissance : l’attribution du Prix Nobel 2018 de physique à Gérard Mourou l’un des chercheurs du Laboratoire d’Optique Appliquée commun à Polytechnique, l’ENSTA ParisTech et le CNRS.

Le comment opérationnel sera clé pour la réussite de NewUni

Est-ce un signe que cette récompense arrive deux jours avant le top départ de la mise en œuvre de NewUni ? Car les enjeux sont grands et le chemin à parcourir long. Le président Labaye s’est montré confiant sur la capacité des acteurs à œuvrer de concert dans le délicat déploiement opérationnel de l’institut. « Le mot clé de ce déploiement est collaboratif : entre les directeurs, avec les équipe et les étudiants, au sein de groupes de travail déjà formés. Sur un chemin aussi intense, il faut tous être à bord pour réussir ! » L’alignement politique et le soutien des tutelles ont été soulignés comme une des clés pour l’accélération de NewUni.

Quatre facteurs de succès pour NewUni selon Yves Poilane

Les écoles ont déjà testé leur capacité à coopérer. « Nous avons de nombreuses réalisations à notre actif, et ce dans tous les domaines », a rappelé Elisabeth Crépon, la directrice de l’ENSTA ParisTech. Recrutement des étudiants français et internationaux, masters et post-graduate, doctorats, laboratoires communs, internationalisation, les écoles de NewUni s’appuient sur un socle de coopérations académiques et scientifiques solide.

Objectif 2022

« Nous passons à l’étape supérieure dans toutes les directions », ont déclaré à l’unisson les directeurs. Les premiers fruits devraient être récoltés dès 2019 a promis Eric Labaye. « A l’horizon 2022, nous serons passés de 7 300 à 10 000 étudiants et de 850 à 1 000 enseignants-chercheurs, a annoncé Christophe Digne, directeur de Télécom SudParis. Pour réaliser ces ambitions, il ne suffit pas de juxtaposer nos forces, mais bien de développer des activités communes. »

Une offre de rang mondial

Vue aérienne campus Saclay NewUni, 5 écoles membres

Implantation des 5 écoles membres de NewUni sur le Plateau de Saclay

Le groupe monte un  track doctoral pour identifier parmi ses étudiants les talents susceptibles de préparer une thèse au sein de NewUni. Il va également mettre l’accent sur le recrutement de doctorants à l’international et coordonner ses recrutements d’enseignants-chercheurs. « Nous allons proposer une offre complète de diplômes labélisés NewUni et aux standa

rds internationaux, du Bachelor au doctorat, dispensés en anglais », a précisé Elisabeth Crépon. « Nous allons capitaliser sur ce que nous savons faire au meilleur niveau en France comme allier sciences

fondamentales, sciences de l’ingénieur et mathématiques, proposer des formations pluridisciplinaires », a ajouté Philippe Cunéo, directeur du GENES (au nom de l’ENSAE ParisTech).

NewUni mise aussi sur l’expertise de ses membres en matière de valorisation et d’entrepreneuriat. « Nous allons mettre nos incubateurs en réseau, valoriser la recherche partenariale, accompagner nos chercheurs pour monter des spin off, prendre des parts dans des startups et qui sait faire naître ainsi une future licorne ! » a prédit Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech.

Un projet extraordinaire

Quid des financements ? Au-delà des financements publics exceptionnels attribués au projet, si les 5 écoles de NewUni font partie des mieux dotées en France, leurs budgets cumulés (autour de 250 M€) sont encore à la traîne face aux concurrents qu’elles entendent aller chatouiller avec leur nouvel institut. Là encore Eric Labaye l’affirme : « Je suis convaincu que quand un projet est extraordinaire, et c’est le cas de NewUni, on trouve les financements. Pour cela nous devrons aller au-delà de nos canaux habituels, notamment à l’international ».

NewUni se veut un institut de rang mondial, il ira logiquement chercher des fonds à l’étranger. Toutes les voies seront explorées : contrats de recherche, PPP, mécénat, etc. Un argent qui sera indispensable pour faire monter en gamme le campus, son accessibilité, sa qualité de vie pour les étudiants et pour les personnels des écoles.

La marque qui portera cet ensemble sera connue début 2019 et son statut au printemps.