A l’origine d’AdAqua il y a un tour du monde de 5 mois pour un accès durable à l’eau potable pour tous, explorer les dernières solutions techniques en matière d’eau et répondre à une question essentielle en quantifiant l’impact social d’un accès à l’eau potable. D’avril à septembre 2016, nous avons donc parcouru 5 pays à la recherche des réponses à toutes nos questions. – Par Pierre Emmanuel Muller et Léa Musso, élèves de l’ENSTA ParisTech

 

 

Les nouvelles solutions techniques

Première destination : Israël. Dernier stop over : Singapour. Les deux géants de l’eau. Deux pays avec une situation initiale en termes de ressources en eau vraiment compliquée, qui sont pourtant aujourd’hui autonomes et leaders en ce domaine. Miracle ? Quasiment. Nous sommes donc allés à leur rencontre pour en apprendre plus. C’est ainsi que pendant 3 semaines en terre sainte et 10 jours à Singapour nous avons erré de zones industrielles en incubateurs de startup, pour vous rapporter un florilège d’innovations. Nous avons pu explorer des problématiques très diverses, de l’assainissement autonome, aux usines de désalinisation en passant par la potabilisation de poche pour les situations d’urgence humanitaire.

© Lea Musso

© Lea Musso

De l’Ethiopie à l’Inde en passant par le Bangladesh : l’eau, une question sociale

Le deuxième volet de notre projet était pour nous un vrai challenge. Il nous a fallu sortir de notre zone de confort « technique » pour s’attaquer à la problématique sociale. Nous voilà donc partis la fleur au fusil, plein de bonnes intentions, nos enquêtes sous le bras et des questions plein les poches. L’objectif : identifier ce que l’accès à l’eau potable changeait dans la vie des gens pour ensuite quantifier ces changements. Nous avions donc concocté avec soin des entretiens à l’échelle du foyer portant sur différents points : santé, scolarisation, travail, revenus, confort, hygiène, temps, genre… Bien sûr, une fois assis entre une chèvre et deux poulets tout en haut d’une montagne au sud de l’Ethiopie, certaines questions nous ont apparu comme inadaptées voir carrément indécentes. C’était le début de la vraie aventure, l’histoire d’une longue remise en question en immersion dans des cultures complétement différentes.

© Lea Musso

© Lea Musso

Donner du sens à son métier

AdAqua c’était aussi pour nous l’occasion de répondre à une question qui nous turlupine tous (ou presque) jeunes étudiants ingénieurs bientôt dans la vraie vie : Qu’est ce que c’est qu’un ingénieur, quel sens on a envie de donner à notre métier ? Alors bien sûr des intégrales et du calcul on en a mangé, la technicité on voyait à peu près ce que ça voulait dire, mais il restait un lien un peu flou, dont on nous avait pas beaucoup parlé : l’humain. Et pourtant c’est peut être le plus important et ce qui donne tout son sens à cette grande mascarade ! Finalement dans le métier d’ingénieur, ce qui nous intéressait c’était de travailler avec et pour l’humain. Quoi de mieux dans ce cas là d’aller mesurer sur place la différence opérée dans la vie des gens. En école d’ingénieurs, on apprend à coder, à résoudre, à modéliser, à calculer, mais si il y a bien une chose que seul le terrain peut apporter c’est la compréhension d’un contexte, d’une autre manière de réfléchir, des enjeux interculturels à l’oeuvre. Entendre les histoires des gens et s’adapter. En somme, une aventure extraordinaire qui devrait trouver une suite sous peu avec la publication de tous nos résultats. Keep in touch !

 

Capture d’écran 2017-01-09 à 12.48.05Ça m’éclate parce que…
L’eau c’est un milieu très transverse avec de forts enjeux sociaux, l’occasion de se sentir utile, d’être confronté à des problématiques complexes et d’oublier un peu la technique pour comprendre l’humain. C’est une asso toute neuve, seulement 1 an d’âge et encore tout plein de projets à monter, tant en France qu’à l’étranger. Au programme cette année : pérenniser l’expérience du tour de l’eau, écrire un article scientifique présentant tous nos résultats, organiser une semaine de retour mémorable et amorcer un programme de sensibilisation dans les écoles sur le coût réel de l’eau.
Un plus pour demain ?
Oui bien sûr ! Adaqua nous a appris à monter un projet de toutes pièces, de l’idée à la réalisation en passant par les financements et la logistique quotidienne. Mais surtout, avec ce projet on a réellement expérimenté le travail en contexte interculturel. Les enseignements qu’on en a retiré, c’est pour la vie !
Le détail qui tue ?
Quand un de nos enquêteurs nous explique que ne pas manger son repas à l’heure augmente les risques de malaria et exige donc de manger immédiatement alors qu’on est en haut d’une montagne à 45 min de toute nourriture envisageable et qu’il reste 3 entretiens à faire.

 

 

CHIFFRES CLÉS
5 pays, 1 bidonville, 2 coins paumés, 9 acteurs innovants, 5 mois,
500 quêtes sociologiques, 11 focus de groupe, et beaucoup de bonheur !

 

Contact :
Pour en savoir plus : www.adaqua.co et Facebook @adaqua1