Le projet d’étude d’impact de la crise financière en Europe a été initié par l’agence Luxembourg for Finance. Représentation de l’Etat du Luxembourg, cet organisme cristallise les intérêts de la première place d’investissement financier dans le monde. Réalisée à partir de données issues des fonds d’investissements européens, cette analyse scientifique fournit aux banques européennes une compréhension des impacts psychologiques de la crise et identifie les nouveaux besoins des investisseurs. Sa réalisation a été confiée au Financial Economics Group, laboratoire de recherche en économie financière de Toulouse Business School (TBS), à l’issue d’une consultation internationale.

Les impacts de la crise financière européenne à l’épreuve de la démonstration scientifique
Mesurer l’aversion au risque des investisseurs depuis la crise financière européenne de 2008, tel était l’objet de l’étude initiée par l’agence Luxembourg for finance. Abondamment analysées, les conséquences de la crise financière européenne n’avaient fait l’objet d’aucune démonstration scientifique d’envergure. L’originalité et l’intérêt du projet « Luxembourg for finance » résident donc dans la nature et l’ampleur des données appréhendées, issues de 33 directions d’institutions financières européennes (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg) et représentant 50 % des investissements réalisés en Europe. Couplée à des questionnaires soumis aux établissements financiers, l’analyse statistique de ces bases de données a permis d’explorer deux axes : la psychologie des investisseurs en situation de crise et l’évolution de leurs aspirations par rapport à l’institution bancaire.

 

Des recherches et conclusions à finalité opérationnelle
Bel exemple de recherche appliquée, les conclusions de l’étude apportent la démonstration de plusieurs points :
• le comportement de l’investisseur varie en fonction de son niveau de richesse : si le début de la crise a été marqué par un retrait massif des investissements en actions, toutes populations confondues, la crise a un impact psychologique durable sur les petits épargnants tandis que les investisseurs fortunés sont revenus au comportement qu’ils avaient avant la chute des marchés.
• La mise en évidence du décalage entre les résultats de l’étude statistique et la perception des institutions bancaires. Ces dernières ont le sentiment que toutes les populations d’investisseurs ont modifié leurs comportements alors que la crise n’a affecté durablement que les petits épargnants.
• Les français ont été plus affectés dans leurs investissements en actions que leurs homologues allemands, et ce, toutes populations confondues.
• L’ensemble des investisseurs a renforcé ses exigences de transparence, de conseil et de proximité vis à vis de l’institution bancaire.

 

Une étude qui s’appuie sur des compétences de premier plan
Créé en 2000, le Financial Economics Group de TBS s’est propulsé en à peine 10 ans dans le TOP 5 français des centres de sa spécialité. Régulièrement publiés dans les revues les plus prestigieuses en Finance, ses travaux lui ont permis d’être classés parmi les tous premiers groupes en Europe, par Arizona State University. Ce positionnement de premier plan a été
décisif dans le cadre de la compétition internationale qui a précédé l’attribution du projet « Luxembourg for finance », tel qu’en témoigne Eleanor de Rosmorduc, Senior Adviser, Luxembourg for Finance :
« Following a search, offers were made to five universities in France, Germany and the UK. The Toulouse Business School was retained tounder take the study because they demonstrated a clear grasp of the objectives and understanding of the sort of problems that could arise from a complex brief that involved different skill sets. The results have helped us to focus our road show presentations in the relevant countries and provided substance in our speeches. »

 

Par Laurent Germain
Directeur du Financial Economics Group du TBS Research Centre,
Professeur de Finance à Toulouse Business School
l.germain@tbs-education.fr