« Je crois en l’humanisme, à l’entraide, à la collectivité »
Classique, ordinaire : c’est par un an de fac d’anglais à Rennes que Thomas avait commencé sa scolarité dans l’enseignement supérieur, à l’époque où il avait encore le même âge que ses camarades. Un véritable échec. « Je n’étais pas fait pour la fac, je n’étais pas très scolaire. » De là est cependant né un vif attrait pour les langues, qui le conduit à partir un an en tant qu’au pair en Angleterre. Pas très surprenant en réalité : les enfants, c’était son rayon. « J’ai fait de l’animation dès 17 ans. Dès que j’ai pu, j’ai passé mon BAFA. » Après le Royaume-Uni, Thomas retourne donc sans trop de surprise à son coeur de métier, qu’il pratique pendant huit ans. Une petite décennie qui lui a permis de « pas mal vadrouiller en France » grâce aux villages vacances, animations saisonnières et autres colonies, et de rencontrer « des publics très différents. » Une période pendant laquelle il vit en groupe, pour son plus grand bonheur. « Je crois en l’humanisme, à l’entraide, à la collectivité. Je suis quelqu’un qui s’épanouit dans le travail en équipe. » Diriger un groupe, une vocation pour cet animateur ? « J’aime bien mais toute proportion gardée. J’aime la circulation des idées. Le management pour moi n’a de sens que comme cela. »

 

« Du haut de mes presque 28 ans, j’ai intégré l’IUT »
La passion pour ce travail ne dure pas. « Au boulot une certaine forme d’ennui s’est installée dans la mesure où je travaillais seul, où ce n’était pas uniquement de l’animation mais aussi de la coordination de projet, etc. A côté, j’ai commencé à écrire un blog, et je tenais une rubrique de critique cinéma dans une radio associative. Tout cela a fait son bonhomme de chemin. Je commençais à prendre plus de plaisir dans ces activités- là que dans mon boulot. A un moment donné, le constat est venu que le journalisme, c’était vraiment ce que je voulais faire. Le seul diplôme que j’avais (le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et des Sports) n’était que du niveau Bac. J’étais contraint de repartir à zéro. Du haut de mes presque 28 ans, j’ai intégré l’IUT. » C’était il y a un an. Aujourd’hui, à l’aube de sa deuxième année dans la filière Information-Communication de l’IUT de Lannion (Rennes 1), le bilan est « très bon » pour Thomas, devenu récemment viceprésident de la radio qui siège dans les locaux de l’établissement, Radio TTu. « L’IUT a confirmé mon intérêt pour le journalisme. Je m’entends très bien avec les post Bac. Comme j’ai été animateur je ne suis pas complètement largué par leurs préoccupations. Et puis ils font tous du journalisme comme moi. » Actuellement étudiant chômeur -parce qu’il a arrêté de travailler pour entrer en IUT-, Thomas compte bien en finir avec les études après avoir empoché son DUT. « A la fin de mon cursus je ne toucherai plus le chômage, je ne pourrai pas payer d’autres études, et de toute façon ce n’est pas à l’ordre du jour, j’aurai 30 ans quand je serai diplômé. » Son souhait : faire du journalisme à temps plein mais, conscient des réalités du marché, il est prêt à reprendre l’animation en parallèle, au cas où son premier métier ne subviendrait pas entièrement à ses besoins.

 

« Le théâtre m’a beaucoup forgé dans l’écriture, l’efficacité du mot »
Question loisirs, c’est dans la culture que Thomas s’épanouit. « J’ai grandi en avalant des kilomètres de VHS : mon père tenait un vidéo club. Je suis passionné de cinéma depuis que je suis môme et en parallèle je regarde 20 ou 25 séries à l’année. Je lis également beaucoup de magazines plutôt culturels : je suis un gros consommateur de kiosque. Par ailleurs, j’ai longtemps été membre actif puis vice-président et enfin président d’une association de théâtre assez atypique à Mayenne, qui écrit elle-même les textes qu’elle produit. Le théâtre m’a beaucoup forgé dans l’écriture, l’efficacité du mot. Et enfin, je suis aussi bassiste débutant. C’est une passion très ancienne mais qui ne s’est concrétisée qu’il y a trois ans. »

 

Une personnalité complexe et décomplexée
« Je suis quelqu’un de curieux. Par ailleurs, je peux être quelqu’un d’assez détaché. J’ai beaucoup de recul sur moi-même et sur le monde en général. Pour les gens qui me connaissent mal, cela peut s’interpréter par un manque d’engagement. Je peux être un peu compliqué à décrypter. Je suis quelqu’un d’assez cool, qui prend les choses comme elles viennent. Ce que mes amis disent ? Que je suis plutôt tête en l’air, que ça peut avoir son charme mais que ça peut être fatiguant, que j’ai de l’humour, qu’on peut rire de tout avec moi, surtout de moi-même. »

 

Claire Bouleau