Le numérique est un domaine en (r)évolution permanente. Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech, l’école de référence du secteur, déploie une stratégie prospective, analytique et applicative. Son objectif : ouvrir des horizons multiformes et à inventer pour ses étudiants et diplômés comme le résume le projet d’établissement « Innover et entreprendre dans un monde numérique ».

Les étudiants sont dès la rentrée de 1ère année placés en situation d'être acteurs de leur formation, en position d'apprenants agissant.

Les étudiants sont dès la rentrée de 1ère année placés en situation d'être acteurs de leur formation, en position d'apprenants agissant.

Le numérique est un sujet en devenir, comment l’appréhendez- vous ?
Notre stratégie est fondée sur une vision : le numérique transforme profondément les économies et les sociétés. Nous sommes engagés dans une révolution et nous pensons qu’elle ne fait que commencer. Que les transformations liées aux ruptures d’usages résultant du big data et des objets connectés seront plus importantes que celles qui se sont produites avec le mobile ou internet.

 

De quoi le numérique sera-t-il l’outil dans ce contexte ?
Au-delà de la croissance et du développement économique, il est un levier pour servir le bienêtre humain. Cela est particulièrement vrai dans les sociétés post-matérialistes où avoir l’usage d’un objet compte au moins autant que de le posséder. Ainsi, accéder au contenu, au divertissement, les partager, sont de nouveaux motifs de satisfaction. Le numérique est au service de l’immatériel, un moteur de l’économie du partage de la connaissance et des biens, pour tisser du lien social.

 

Quelle est votre ambition ?
L’ambition de Télécom ParisTech est de former les ingénieurs qui vont inventer et développer le monde numérique ; de créer un contexte favorable à la création d’entreprises et d’emplois pour que des entreprises françaises et étrangères choisissent la France pour leurs centres de R&D et plus généralement leurs activités à haute valeur ajoutée. Notre ambition est aussi de mener la recherche qui permette à la France de prendre toute sa place dans l’économie du numérique.

 

Etre membre de Paris-Saclay, est-ce un levier pour atteindre ces objectifs ?
A Paris-Saclay, partenaires académiques, de recherche, entreprises et financeurs, créeront un lieu d’émulation, de transferts, de collaborations et de valorisation en s’appuyant sur leurs complémentarités. En unissant nos forces nous avons en main tous les ingrédients pour susciter l’innovation, la création d’entreprises, au carrefour des disciplines et des compétences. Télécom ParisTech est ainsi en interaction sur les thématiques auxquelles le numérique apporte des réponses : énergie et environnement, mobilité et transports, santé et longévité, société de la connaissance, etc.

 

« Le numérique est un monde d’opportunités extraordinaires pour des ingénieurs innovants et entrepreneurs. »

Pourquoi est-ce si important de former vos ingénieurs à l’innovation et à l’entrepreneuriat ?
Le monde du numérique est instable car il opère une transformation continue. Ses cycles sont courts, il n’y a pas de rente de situation pour ses acteurs. Ils doivent se renouveler sous peine de disparaître. Dans le même temps d’autres naissent selon le processus de destruction créatrice décrit par Joseph Schumpeter. Le numérique est un monde d’opportunités extraordinaires pour des ingénieurs innovants et entreprenants.

 

Quelle pédagogie les conduit à cette posture ?
Une pédagogie les plaçant, dès la rentrée en 1ère année, en situation d’être acteurs de leur formation, en position d’apprenants agissant. Au travers de la pédagogie par projet, ils travaillent en groupe à imaginer et produire un service, un produit, un outil, une solution à dimension numérique. Les projets, tels des cas d’usages, stimulent leurs capacités d’innovation et d’entrepreneuriat dans une logique de réponse à un besoin.

 

Qu’est-ce qui fait la différence chez un diplômé de Télécom ParisTech ?
C’est tout d’abord ce qui fait la qualité d’un ingénieur français : son haut niveau en mathématiques, son ouverture pluridisciplinaire aux disciplines scientifiques et avec les SHS. Cela est particulièrement vrai et utile dans le numérique où il ne suffit pas de maîtriser la technologie. En effet, plus que pour toute autre technologie, il faut comprendre comment elle interagit avec les business models, les usages. A Télécom ParisTech nous instillons en plus à nos futurs ingénieurs la culture du risque, la capacité à innover et entreprendre.

 

A. D-F