À cette occasion, le mercredi 13 avril, l’institut Mines-Télécom, le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, et Cisco organisaient un événement unique dans les locaux de Télécom ParisTech à Paris : une conférence en présence d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, et John Chambers, Executive Chairman de Cisco, diffusée par visioconférence auprès de l’ensemble des 8 écoles du groupe.

Pour lancer sa première chaire sur les réseaux n’a pas fait les choses à moitié. Ainsi, pendant plus d’1h30, les étudiantes des écoles du groupe – Mines Albi, Mines Alès, Mines Nantes, Mines ParisTech, Mines St Etienne (site Gardanne), Télécom Ecole de Management, Télécom ParisTech et Télécom SudParis – ont pu assister soit en direct, soit par écran interposé à la conférence portant sur les thèmes de l’attractivité économique de la France, de l’enseignement supérieur et les enjeux et opportunités de la transformation numérique, et de l’innovation et l’entrepreneuriat.

Puis, ils ont eu l’opportunité de pouvoir poser leur question et d’échanger en direct avec l’ancien CEO de Cisco ou le ministre français qui n’a pas manqué de leur adresser le message suivant : « Nous vivons une transformation culturelle et économique dont vous, étudiants, allez être les acteurs. Nous sommes dans un monde qui va de plus en plus vite avec une économie de plus en plus rapide, disruptive dans laquelle nous avons les capacités de réussir à condition de mener quelques changements culturels et économiques. C’est pourquoi je crois aux partenariats avec Cisco qui vont nous y mener. »

Créer une économie ouverte

La France ne manque pas d’atouts. Le système fonctionne bien, les institutions se montrent solides mais les perspectives de mobilité sont souvent plus faibles que dans d’autres pays. De même, les jeunes n’ont pas forcément les mêmes chances de réussite. Pourquoi ? Parce que la résistance au changement demeure encore forte. « Nous devons donc réussir à transformer notre énergie. Nous sommes un pays de créateurs et d’entrepreneurs, avec des actions économiques concrètes, rappelle Emmanuel Macron. Il faut donc ouvrir le système économique pour travailler entre tous les écosystèmes quels que soient les différences, les cultures… Il faut construire ensemble quelque chose de plus efficace que ce qu’on a aujourd’hui. »

Et le ministre de pointer du doigt un problème majeur en France : nous avons plus une économie de managers que d’entrepreneurs. Or, la culture du risque est très différente dans ces deux approches. Là où un entrepreneur va développer des qualités d’innovation et de saine concurrence, le manager, lui, va plutôt mettre en avant ses talents bureaucratiques sans vision globale sur le business. Le rôle des pouvoirs publics ? Créer l’environnement adéquat pour entreprendre.

Donner les clés aux jeunes pour bâtir le monde de demain

Cette révolution culturelle s’accompagne donc d’une révolution économique qui tend vers plus d’agilité dans le droit du travail, au sein des différents secteurs d’activités… « Il faut penser l’agilité dont notre économie a besoin pour innover, avancer, être mieux formé tout au long des étapes de la vie surtout sinon il sera plus dur de réussir ce nouveau cours du monde. Il y a énormément d’opportunités à saisir dans ces changements : ce partenariat et cette chaire vont mettre en capacité toutes les compétences de la jeunesse pour bâtir le monde de demain. C’est à vous d’inventer cette France de demain et à nous de vous donner les moyens de le faire. »

« C’est à vous d’inventer cette France de demain et à nous de vous donner les moyens de le faire. »

Une vision partagée par John Chambers : « Vous devez casser les codes. Nous n’avons jamais autant été dans une période de transition. C’est pourquoi, je vois pour la première fois une véritable opportunité pour les pays de changer et ce à tous les niveaux : dirigeants au sein du gouvernement, business leaders, citoyens, jeunes talents qui seront les futurs CEO de demain… La France sera un modèle dans les années à venir. »

Sachez prendre des risques

Une intervention qui a enthousiasmé l’assistance – sur place et à distance – composée de centaines d’élèves ingénieurs. Les questions n’ont alors pas manqué, en français mais surtout en anglais. Des échanges très appréciés à la fois par les étudiants mais aussi les deux intervenants eux-mêmes. Et chacun y va de son petit conseil.

Ainsi, si pour Emmanuel Macron, « il faut prendre tous les risques pour réussir quitte à échouer. Nous sommes là pour vous accompagner à prendre des risques », pour John Chambers, « l’échec est même une preuve de courage. Le risque fait partie de notre ADN et de notre culture. Voilà pourquoi nous croyons en la France ! Oui nous voulons continuer à investir ici. Mais chaque pays doit bouger plus rapidement. »

« Oui, nous croyons en la France. » John Chambers

Deux moyens majeurs pour limiter la prise de risques : la formation continue aux transformations numériques et la modification du rapport au travail pour « le repenser et le changer avec le numérique ».

La chaire NewNet@Paris

Symbole de ce nouveau rapport au monde numérique et de l’esprit d’entreprendre, elle se veut le témoin de l’excellence académique, et de la synergie entre recherche et enseignement. Comment inventer les réseaux de demain ? À cette question Telecom ParisTech et Cisco répondent d’une même voix par cette chaire commune. Objectif : former les élèves-ingénieurs à la création et l’exploitation des réseaux du futur.

Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech, Robert Vassoyan, directeur général de Cisco France et Guy Roussel, président de la Fondation Télécom, ont ainsi tous les trois signé la convention de création de cette chaire d’enseignement et de recherche, toujours en présence d’Emmanuel Macron et de John Chambers.

La chaire NewNet@Paris s’organise autour de piliers d’enseignement, de recherche et du développement international, en contribuant à :

  • Jeter de nouvelles bases scientifiques solides pour une renaissance des réseaux, ainsi qu’à construire et innover sur ces bases ;
  • Former, voire transformer les prochaines générations de leaders, de managers et d’ingénieurs de talent, dans le cadre de leurs travaux de recherche et d’innovation, et au-delà, dans tout ce qui touche à leur utilisation et à leur expérience des technologies de l’information et de la communication ;
  • Diffuser ces théories et ces expériences dans le monde scientifique et industriel, et plus largement à travers des publications à destination du grand public, de façon internationale.

Cisco va ainsi investir 2 millions d’euros durant 5 ans. Télécom ParisTech dispose déjà de onze chaires sur des sujets comme le big data, la cybersécurité, l’entrepreunariat numérique. Il s’agit toutefois de la première sur les réseaux !

Violaine Cherrier