C’est dans les locaux du tout nouveau Institut Mines-Télécom que Denis Lapert, directeur de Télécom Ecole de Management entamait ce 24 avril 2012 une conférence de presse, lançant pour démarrer : « l’école est à un moment charnière de son existence. » A l’ordre du jour : les ambitions de l’établissement pour les années à venir.

 

 

« L’année 2011 a été riche en événements »
« Nous avons commencé à recueillir les fruits du travail des années précédentes »
se réjouissait le directeur, en introduction. Et pour cause, l’année scolaire 2011-2012 a vu la réalisation de nombreux projets, parmi lesquels les principaux sont les suivants :

  • Avril 2011 : obtention de l’accréditation AMBA.
  • Septembre 2011 : 5 nouveaux doubles diplômes « ingénieur manager » avec Télécom Sud Paris, Télécom Lille 1 et les Mines d’Albi, d’Alès, et de Douai.
  • Novembre 2011 : création de la première chaire de recherche sur les réseaux sociaux en France avec Danone, La Poste, PagesJaunes groupe.
  • Février 2012 : 6è double diplôme « ingénieur manager » avec l’ENSIIE.
  • Mars 2012 : naissance de l’Institut Mines Télécom, composé des 6 écoles des mines et des 4 écoles de l’Institut Télécom. Autrement dit, de 9 écoles d’ingénieur et d’une seule école de management, Télécom École de Management, ce qui assure à cette dernière une sacrée visibilité. « Pour nous c’est une vraie opportunité » remarquait Denis Lapert.
  • Avril 2012 : obtention de l’accréditation AACSB, faisant ainsi de Télécom Ecole de Management le 1e établissement public d’enseignement supérieur à obtenir les deux accréditations AMBA et AACSB. « Vous vous doutez bien que c’est une fierté pour l’école parce qu’aller jusqu’à l’accréditation c’est 7 ans de travail. Mais si le fait d’avoir obtenu des accréditations est un objectif que nous avons rempli, ce n’est pas une finalité. »

 

Et 2012 ?
Dans les mois à venir, de nombreuses nouveautés sont également à attendre, dont :

  • Le lancement du Bachelor « Management and IT » en septembre 2012.
  • Le lancement de l’Executive MBA Leading Innovation in a Digital World qui, pour l’instant, rencontre des difficultés de recrutement.
  • Le lancement du PhD in ICT Management.
  • La construction de la MISS (Maison de l’Innovation, des Sciences et de la Société), lieu de rencontres entre entrepreneurs, chercheurs et enseignants de différentes disciplines scientifiques.

«L’école est régulièrement placée comme l’une des toutes meilleures en termes de salaire à la sortie »

 

 

 

 

« Nous sommes un établissement public avec une mission sociale »
L’ESC la plus sociale de France, c’est ainsi que se revendique Télécom Ecole de Management, avec un taux d’élèves boursiers de 38 % (51 % en première année). Ayant réussi à dépasser le quota conseillé de 30 %, le directeur aimerait voir ses confrères faire de même, et suggère ainsi la mise en place d’un bonus/malus pour améliorer l’ouverture sociale des grandes écoles et universités. Le projet est encore à l’état d’embryon. « L’idée serait peut-être de lancer un groupe de réflexion sur la question avec par exemple quelques directeurs d’école, journalistes, personnes de l’entreprise », lance-t-il, hésitant, avant de montrer du doigt l’absence d’une politique de la diversité cohérente au sein des business schools. « Chaque école fait ce qu’elle a envie de faire sans se préoccuper des autres. »

Mais s’il constate que « la plupart des écoles aujourd’hui sont situées en dessous de 30  % » et reconnaît qu’il faudrait changer les choses, Denis Lapert ne souhaite pour autant pas s’attaquer au problème si cela suppose de se confronter aux réticences des autres établissements.

Par ailleurs, si Télécom Ecole de Management a su attirer autant d’élèves boursiers, c’est probablement en partie parce que l’école leur offre une exonération totale des frais de scolarité. Or, le directeur reconnaît avoir aujourd’hui « des difficultés à financer tous ces boursiers » qui coûtent chaque année à l’école plus d’un million d’euro, confessant : « J’ai commis une erreur parce que j’ai dit « si vous n’avez pas d’argent, vous pouvez venir étudier ici »». Le fond du problème, pour ce chef d’établissement, c’est l’absence de solidarité intergénérationnelle qui pourrait compenser ce manque à gagner. « Les anciens, même ceux qui ont bénéficié de bourses, ne se sentent pas particulièrement redevables envers l’école. Je m’attendrais à ce que ces gens-là donnent au moins 1000€. Mais si les anciens ne donnent pas assez, c’est parce qu’on ne les a pas assez alertés sur cette question ».

 

« Dans les quatre ans qui viennent, nos axes de développement sont parfaitement identifiés »
A l’horizon 2016, la stratégie de l’établissement est déjà établie et s’est fixée de nombreux objectifs, parmi lesquels :

  • Appartenir au top 30 des business schools en Europe.
  • Développer encore l’expertise de « managing though technology ».
  • Conforter la place de leader dans la formation ingénieur-manager.
  • Rester l’école de commerce la moins chère du marché.
  • Internationaliser davantage l’école.

Y a-t-il des freins à ces beaux projets ? « Nos capacités financières », répond Denis Lapert. D’où l’idée d’accompagner cette stratégie ambitieuse d’un développement du budget de 17 à 20 millions d’euro en augmentant la part des ressources propres à 50 % contre 30 % actuellement grâce à :

  • Une augmentation espérée de 30 % l’apport de la taxe d’apprentissage
  • Une augmentation espérée de 40 % l’apport de la recherche contractuelle et les produits de formation continue.
  • Une augmentation déjà budgétée des frais de scolarité du programme grande école pour atteindre un montant de 5000 € par an et par élève dès septembre 2012, soit une multiplication par deux qui, toutefois, selon le directeur, permet à Télécom École de Management de rester le meilleur rapport qualité prix du marché des business schools.

 

 

ClaireBouleauTwitter @ClaireBouleau