70 % de la production d’électricité en France provient aujourd’hui du nucléaire. On compte 19 centrales sur le territoire, comprenant au total 58 réacteurs de capacités différentes. Pour produire cette énergie, de nombreux techniciens de maintenance opèrent chaque jour dans l’ombre. Mise en lumière des métiers du nucléaire, maillons essentiels de l’organisation des centrales et de la prévention des risques sur ces sites sensibles.

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Vigilance constante
Depuis la salle de commande, l’opérateur pilote de tranche est au manettes du réacteur nucléaire. Réglant les paramètres de son fonctionnement, il ajuste la puissance pour répondre aux besoins en électricité du réseau. Il se doit de maîtriser toutes les fonctionnalités du site et de suivre des formations de remise à niveau régulières pour s’informer des évolutions technologiques en neutronique, thermodynamique et hydraulique. Assistant l’opérateur de tranche, le rondier arpente le site en permanence pour repérer les moindres anomalies ou dysfonctionnements au niveau des circuits d’eau de refroidissement et de tous les tableaux électriques de la centrale nucléaire.

 

Logistique et manipulation
Parmi les équipes des centrales nucléaires, on recense aussi les techniciens en charge de la manipulation du combustible nucléaire. Ces derniers ont la charge délicate de la réception du combustible et de son chargement dans les réacteurs. Ils s’occupent également de décharger le combustible usagé lors de l’arrêt des réacteurs et de préparer son expédition afin qu’il soit ensuite traité. Un travail de logistique qui demande une extrême rigueur et connaissance des process de sécurité étant donné la dangerosité des matériaux manipulés.

 

Prévention des risques
Lors de ces opérations, les techniciens en charge de la manipulation sont accompagnés de techniciens en radioprotection. Leur rôle consiste à veiller à la mise en oeuvre des process de sécurité des personnes contre les risques liés à la radioactivité. De manière générale, ces derniers sont appelés à la moindre anomalie afin de mesurer le taux de radiation et vérifier les systèmes de sécurité. Ils interviennent dans les centrales et leurs alentours, ainsi que sur les sites de traitement et de stockage des déchets.

 

Conditions de travail
Une centrale nucléaire ne ferme jamais ses portes. Les techniciens de maintenance sont donc soumis au rythme 3×8, ce qui implique de travailler en horaires décalés et de faire preuve d’une grande disponibilité et adaptabilité. La filière du nucléaire impose un haut niveau d’exigence et nécessite une vigilance constante ainsi qu’une forte résistance au stress. Pour un premier emploi, le salaire moyen d’un débutant tourne autour des 1 600 € brut.

 

Un secteur qui recrute !
Les métiers de la maintenance nucléaire assurent des emplois stables. Compte tenu du renouvellement progressif du parc français des centrales pour cause de vieillissement, les besoins humains dans le secteur sont amenés à augmenter, techniciens de démantèlement et en radioprotection. Le traitement des déchets nécessite également de nombreux postes. Les plus gros pourvoyeurs d’emplois sont naturellement EDF puis Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire.

 

FORMATIONS
Afin d’accéder aux postes de rondier, de manutention du combustible et de démantèlement d’une centrale, il est indispensable d’être diplômé au minimum d’un bac professionnel « environnement nucléaire ». Les formations pour les opérateurs de tranche et en radioprotection, en revanche, n’existent qu’au niveau Bac +2 ou Bac +3.
Exemples de formations :
• BTS contrôle rayonnements ionisants et applications techniques de protection…
• DUT hygiène sécurité environnement, DUT génie thermique et énergie…
• Licence pro santé-sécurité en entreprise et radioprotection, Licence pro maintenance en milieu nucléaire…

 

AM