IRM, télémédecine, exosquelettes, depuis de nombreuses années, la technologie a un impact conséquent dans le secteur de la santé. Quelles sont ses implications et ses opportunités ? Jean-Marc Grognet, directeur général de Genopole, Jacques Fages, responsable du Master Advance Pharmaceutical Engineering et Laurence Galet, responsable de la formation en génie pharmaceutique à IMT Mines Albi nous répondent.

 

Jacques Fages © Studio Tchiz

Biologie, santé et technologies sont devenues un trio indissociable, faisant ainsi évoluer la recherche et les procédés de conception des traitements. À IMT Mines Albi, on s’intéresse de près à la galénique des formes solides qui consiste en la mise en forme des médicaments. « L’industrie pharmaceutique se confronte souvent au problème de solubilité des molécules. Le médicament ne peut pas être dissous dans notre corps qui est constitué à 70 % d’eau. Nous répondons à cette problématique en développant un procédé qui permet à ces principes actifs non solubles d’atteindre leur cible dans l’organisme et de produire leur effet. Nous retravaillons également la forme des molécules de sorte qu’elles ne soient plus liées. Ainsi, ces nouvelles formes solides seront utilisées dans des comprimés, des gélules ou des médicaments inhalables. C’est un domaine critique dans le secteur pharmaceutique », observe Jacques Fages.

Jean-Marc Grognet CREDITS Lionel Antoni

Sans technologie, des avancées scientifiques, comme celles qui nous permettent de guérir d’un simple rhume, n’auraient jamais vu le jour. A Genopole, on va plus loin dans l’utilisation de la tech au service de la santé, avec des innovations révolutionnaires. « Les technologies de séquençage du génome sont utilisées pour orienter les traitements des patients atteints de cancers ou de maladies rares. Cet outil disruptif permet d’identifier les marqueurs génétiques à cibler pour à terme parvenir à soigner les malades. Les innovations autour du séquençage sont nombreuses. En 2000, il a fallu plusieurs centaines de millions de dollars et plusieurs années pour séquencer le premier génome humain. Aujourd’hui, cela ne coûte qu’un millier d’euros et prend une semaine, voire quelques jours. Autres domaines sur lesquels nous travaillons : la thérapie génique et les cellules souches.  Au sein de Genopole, une chercheuse de l’Institut des cellules souches I-Stem, Christelle Monville, a agi sur la rétine en implantant un pansement de cellules souches, permettant de stopper la perte de vision de rats atteints d’une dégénérescence de la rétine. Cette avancée extraordinaire nous permettrait de trouver un traitement pour la DMLA, dans les années à venir », indique Jean-Marc Grognet.

Santé : un secteur plein d’opportunités pour les ingénieurs

L’ingénieur doit plus que jamais collaborer avec les biologistes, les médecins, les pharmaciens, pour inventer les traitements de demain. Ce rapprochement entre ces deux univers est la clé des grandes avancées selon Jean-Marc Grognet. « Les innovations sont le fruit d’une confrontation entre les sciences et des technologies qui évoluent rapidement comme l’intelligence artificielle, l’information ou la fouille de données. Les ingénieurs experts dans leur domaine ont toute leur place dans le secteur de la santé. Aujourd’hui, la biologie n’est plus seulement un problème de biologistes ! »

IMT Mines Albi va même plus loin en formant des étudiants à la double compétence pharmacie-ingénieur. « Les jeunes que nous formons sont totalement adaptés au marché de demain. Ils sont des pharmaciens capables de délivrer des produits et des ingénieurs qui savent piloter des lignes de production. Cette filière connaît un énorme succès. Leur taux d’insertion est de 100 % dans les 3 mois qui suivent la diplomation », explique Laurence Galet. Avis aux passionnés d’ingénierie et de santé, désireux de créer les innovations médicales de demain.