Jean-Philippe Albert (EMBA HEC Paris 12), Head of New Technology Syngenta Crop Protection AG, invite les jeunes talents à rejoindre une entreprise innovante dans le secteur de la protection des cultures.

 

En quoi consiste le département « Nouvelle Technologies » chez Syngenta ?

L’entreprise est divisée en deux entités : les semences et la protection des plantes. Je travaille au sein de la division protection des plantes pour le département marketing. Celui-ci identifie les nouvelles tendances du marché, les opportunités et lance les nouveaux produits.  Il y a quatre indications : fongicides, insecticides, herbicides et nouvelles technologies. Je suis en charge de cette indication nouvellement créée au niveau mondial au siège de Bâle.

Elle permet de bénéficier de ressources et personnels dédiés pour assurer leurs développements des innovations sans être en concurrence interne avec le lancement de produits plus conventionnels. Au cœur de cette unité, il y a un plus grand focus sur les ressources de l’entreprise tant au niveau R&D que marketing et commercial dans les différents pays.

 

Un exemple de ces nouvelles technologies ?

Nous travaillons sur deux types de technologies.

D’une part, les produits de biocontrôle d’origine naturelle (extraits de plantes, minérale ou microorganismes) qui sont utilisés pour lutter contre les agents pathogènes des plantes. D’autre part les produits de type « Crop Enhancement » aident à augmenter le rendement de la plante ; soit en changeant leur architecture, soit en améliorant leur résistance face aux stress abiotiques liés à l’environnement, au froid, au chaud et au sec. Cela peut être des produits de synthèse ou d’origine biologique (des biostimulants).

 

Quelles sont les compétences clés dans vos équipes ?

  • Je gère une équipe de deux chefs produits qui lancent au niveau mondial les innovations et fournissent à leurs homologues dans nos 18 territoires les éléments marketing et techniques.
  • Je gère également une équipe multi fonctionnelle et multidisciplinaire qui comporte des experts en R&D, des juristes, des spécialistes de l’homologation, de la communication, de l’approvisionnement. Nous assurons ensemble la partie développement des produits. Chacun apporte sa pierre à l’édifice avec ses compétences propres.

 

Comment travaillez-vous la dimension de veille, si importante dans les métiers du marketing et pour innover ?

C’est un pan essentiel de mes responsabilités qui consiste, très en amont, à analyser l’évolution du monde agricole, de la protection des plantes et à appréhender, au niveau mondial, les contraintes agronomiques et sociétales de nos clients. Je propose un plan détaillé et une stratégie pour le cours moyen et long terme, soit à deux, cinq et dix ans afin d’orienter les efforts en termes de R&D, marketing et commercial. Mon rôle est d’offrir une vision claire et de proposer des choix d’investissement stratégiques pour le futur.

 

Quels sont les défis de la production agricole du futur ?

Certaines données sont implacables : il y a 200 000 humains en plus chaque jour sur la planète. En 1960, un hectare pouvait nourrir deux personnes, aujourd’hui le même hectare doit en nourrir cinq. Il faut donc produire plus sur la surface qui existe.

Pour améliorer les cultures, notre objectif est d’amener sur le marché, d’ici cinq à dix ans, des produits qui vont permettre aux plantes d’exprimer tous leurs potentiels et de résister au stress sur des cultures stratégiques tels que le riz, le blé, le soja et le maïs. C’est ce qui va permettre à des pays en forte croissance comme la Russie, le Brésil et la Chine de palier la demande alimentaire croissante.

 

Quels sont vos atouts pour relever ces défis ?

Nous réussissons à faire cela grâce à une meilleure connaissance du fonctionnement des plantes et à la science progresse au fil des années. D’où notre besoin d’ingénieurs et de docteurs de talents. Au niveau du biocontrôle, Syngenta a décidé de mettre sur le marché des produits naturels en les intégrant aux technologies actuelles et à des programmes de protection conventionnels. La R&D du groupe prépare les produits qui seront utilisés à l’horizon 2025. Nous sommes aux avant-postes de l’innovation menée en étroite collaboration avec des universités, des startups et des entreprises internationales. Aujourd’hui, on n’avance plus en faisant chemin tout seul. Nous menons surtout de la recherche appliquée qui permet de voir de manière concrète la réalisation de notre travail au quotidien.

Quelles sont les retombées du programme mondial « The Good Growth Plan » lancé en 2013 qui formalise votre engagement pour une agriculture durable et pour une meilleure sécurité alimentaire dans le monde ?

Nous avons élaboré six axes de travail : accroître le rendement des cultures, préserver plus de terres agricoles, faire prospérer la biodiversité, aider les agriculteurs à travailler en sécurité, prendre soin de chaque travailleur et Responsabiliser les petits exploitants. Ainsi, pour préserver les terres agricoles, nous avons par exemple mis en place des pratiques de conservation du sol sur plus de quatre millions d’hectares. Nous avons aussi augmenté la biodiversité sur 4,9 millions d’hectares de terres agricoles. Enfin, nous avons formé à la sécurité 17 millions d’agriculteurs dans le monde et nous sommes entrés en contact avec 16,6 millions de petits exploitants. C’est une belle réussite.

 

Quels profils intéressent particulièrement Syngenta ?

  • Des jeunes ingénieurs, mais aussi des talents dotés d’une expertise en finance, logistique, marketing, vente mais aussi en chimie, biologie ou dans le domaine juridique.
  • Ils doivent être passionnés par le monde agricole, être curieux, parler au moins deux langues étrangères et aimer voyager car nous proposons des postes à l’international.

 

Votre promesse à ces jeunes talents ?

En entrant chez Syngenta, ils auront opportunité de relever le défi de l’agriculture mondiale qui impose de nourrir la planète de manière durable.

 

Quelle expertise vous a apporté votre EMBA d’HEC en complément de votre formation d’AgroParis tech ?

Le cursus d’ingénieur est nécessaire, mais souvent non suffisant pour accéder à des fonctions de cadre supérieur. En suivant un EMBA English Track, je souhaitais confronter mon expérience à celle d’autres personnes issues de pays et de fonctions variés. Cette formation permet d’améliorer sa compréhension de la gestion d’une entreprise dans des domaines qui ne sont en principe pas approfondis dans les écoles d’ingénieurs tels que la stratégie, la finance, le management, le marketing, la logistique et les Ressources Humaines.

Des conseils pour les étudiants d’HEC ?

Il faut qu’ils aient une idée claire du domaine qui les motive, sans pour autant avoir précisément en tête leur métier. Le diplôme d’une grande école est une carte de visite, un ticket d’entrée qui va indiquer à l’entreprise les postes où ils vont pouvoir faire leur preuve. Ensuite, c’est à eux de faire évoluer leur carrière par le biais d’expériences en France ou à l’étranger et de formations complémentaires.

Chiffres clés :

28 000 collaborateurs dans le monde

90 pays

12,8 Mrd $ CA

1,3 Mrd $ investis en R&D

Plus de 5 000 scientifiques dans le monde

Contact : https://www4.syngenta.com/contacts