Samedi 30 mars : journée des médecins. C’est passé, et PACES dépassée ! Le 26 mars 2019, l’Assemblée Nationale a adopté la fin de la Première Année Commune aux Etudes de Santé et du numerus clausus. Autopsie de la réforme avec le doyen Annane de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

« Il n’y aura plus de PACES, cet acronyme synonyme d’échec pour tant de jeunes », avait qualifié Emmanuel Macron lors de son discours sur le Plan santé 2022 le 18 septembre 2018. Redoublement, abandon, peur de se lancer, surcharge de travail … La première année en médecine n’est certainement pas une promenade de santé ! Peut-être la raison pour laquelle les praticiens français sont de moins en moins nombreux. En 2018, l’Atlas National de la démographie médicale enregistrait en effet une baisse de 7 % du nombre de médecins généralistes.

Quoi de neuf docteur ?

Pour encourager les étudiants à porter la blouse blanche et le stéthoscope, le Ministère des Solidarités et de la Santé et le Ministère de l’Enseignement Supérieur ont publié deux mois après l’annonce du Président de la République le rapport Jean-Paul Saint-André : « Refonte du premier cycle des études de santé pour les «métiers médicaux» ». Un projet de suppression de la PACES dès 2020 et donc du numerus clausus. Cette limitation réglementaire du nombre d’admis en 2ème année par un redoutable concours. Chaque année, plus de la moitié des étudiants ne sont pas sélectionnés et contraints de redoubler. Parfois à plusieurs reprises comme Benjamin (William Lebghil) dans le film Première Année !

Après une phase de concertation avec les doyens des universités, une semaine de débat acharné et plus de 2 000 amendements déposés, l’Assemblée Nationale a tranché. L’article 1er qui rénove l’accès aux études médicales, pharmaceutiques, odontologiques et maïeutiques est adopté. 349 voix contre 172. Objectif : augmenter le nombre d’étudiants dans le domaine de la santé. + 20 % annoncés. « Nous n’aurons plus à refuser les bons candidats sous prétexte que le nombre de places est limité », approuve le doyen Annane. Tout dépendra néanmoins de la capacité d’accueil de chaque université. « Cependant, nous ne disposons pas aujourd’hui des moyens et des ressources humaines pour tous les accueillir », regrette-t-il.

Comment intégrer les études de médecine désormais ?

La grande question. A la place de la PACES, deux nouvelles possibilités :

  • Un « portail santé » : une licence à majeure santé, accessible sur inscription à Parcoursup pour les bacheliers
  • Une passerelle d’une licence à mineure santé (biologie, sciences humaines et sociales, sciences juridiques …) au cursus de médecine, par validation des notes et des résultats aux épreuves écrites/orales d’entrée

L’entrée en médecine restera toutefois sélective. Mais une fois que vous y êtes, vous y restez. Pour passer au cycle supérieur, il vous suffira de réussir les examens de fin d’année comme dans les autres filières universitaires.

Pour les primo-entrants de l’année 2019-2020 ayant échoué au concours, des dispositifs transitoires seront mis en place pour que vous puissiez vous présenter une seconde fois.

Les +

Cette admission via une autre licence à mineure santé, c’est LA grande nouveauté. Plus besoin d’aller en faculté de médecine, chacun pourra suivre ces cours en option. « C’est un bon moyen de découvrir les métiers du secteur pour consolider son choix de s’orienter vers ceux-ci. Ou au contraire de se rendre rapidement compte que ce n’est pas fait pour soi, met en lumière le doyen. Cette orientation progressive permet de mieux accompagner les étudiants dans leurs projets professionnels. »

En 2ème, 3ème ou 4ème année, les étudiants n’auront plus qu’à tenter leur chance au concours d’entrée en médecine. Préparez vos fiches de révision, il faudra continuer à bûcher ! 30 à 35 % seront ainsi orientés par cette voie.

« Et s’ils échouent aux concours d’entrée, ils pourront toujours continuer leurs études dans leur discipline majeure. En biologie, sciences humaines ou autre. Ils ne finissent pas sans diplôme. C’est une bonne chose »

Je panse donc je suis

Le professeur émérite de l’UVSQ déplore quand même le manque d’expérience professionnelle sans PACES. « Avec cette réforme, les étudiants vont perdre les compétences acquises en stage dans les centres médicaux à la fin de la PACES. Sans compter que cette transformation en licence rallonge les études de 2 ans. Ils vont mettre beaucoup plus de temps à se former sur le terrain. Alors que c’est le meilleur moyen de devenir un excellent médecin. » Affaire à suivre.