Basée à Aix-en-Provence, SuperSonic Imagine est une medtech spécialisée dans le secteur de l’imagerie médicale par ultrasons. Son fondateur Jacques Souquet (Supélec 72, PhD Stanford 78) prône la rupture technologique comme marque de fabrique.

 

Jacques Souquet

Quelle a été la genèse de SuperSonic Imagine ?

En créant une entreprise basée sur les technologies de l’acoustique et de l’échographie, je me suis trouvé confronté à des géants comme General Electric, Philips, Siemens, Toshiba qui détiennent 85 % du marché mondial de l’imagerie médicale. Face à ces dinosaures, nous avons développé un échographe de troisième génération et créé de nouvelles modalités d’imagerie. Par le biais des ultrasons, notre méthode de mesure de la dureté des tissus remplace la palpation manuelle du médecin. Pour la détection précoce de cancer du sein, cette approche objective, reproductible et quantifiable améliore la spécificité du diagnostic des lésions mammaires.

Qu’est-ce qui différencie votre échographe des autres produits ?

Aixplorer a pour caractéristique de mieux définir le degré de bénignité ou de malignité d’une lésion, et cela de façon non-invasive. C’est appréciable quand l’on sait que sur les 80 % de biopsies qui n’ont pas de résultat positif, Aixplorer aurait pu en éliminer la moitié ! Notre plate-forme échographique évalue aussi des maladies chroniques du foie, de la prostate et de la thyroïde. Notre système d’élastographie ShearWave en temps réel est capable d’évaluer, en 60 secondes précisément, les différents stades d’une fibrose du foie.

Quels ont été les principaux défis commerciaux à relever ?

Il a fallu tisser des liens et un réseau pour pouvoir adresser ce marché et surtout homologuer ce matériel médical dans 54 pays. Cela prend du temps (deux ans en Chine!)… et de l’énergie. Aujourd’hui nous vendons en direct et réalisons 65 % de notre CA sur trois pays: France, Chine et Etats-Unis.

Qu’est-ce qui a façonné votre parcours ?

Après Supélec, je suis parti faire une thèse de physique à l’université de Stanford en Californie au début des années 70. Une période fantastique qui m’a marqué à vie et où j’ai pu croiser Steve Jobs, Scott McNealy, Bill Hewlett. C’est dans le garage d’un camarade d’université transformé en laboratoire que j’ai créé ma première entreprise en fabricant des lentilles pour microscope acoustique pour IBM, Motorola, etc. C’est là aussi que j’ai décidé d’étudier la médecine puis de faire un MBA à Philadelphie (Wharton School of Business). Tout cela m’a aidé à créer ma seconde entreprise en développant un échographe portable haute performance avec le concours du Département de défense américain.

 

Les atouts de la formation Supélec

« L’esprit créatif est inculqué aux ingénieurs et beaucoup d’enseignants travaillant dans l’industrie nous ont fait partager leurs expériences. C’est une excellente formation intellectuelle et technique, avec un niveau de conceptualisation plus élevé que la majorité des étudiants étrangers et américains. »

Quel message transmettre aux jeunes Supélec ?

A Stanford, mon conseiller pédagogique, William Shockley, prix Nobel de physique, projetait des pages de son cahier de labo décrivant ses manipulations pour l’invention du transistor, chaque page était un échec mais les pages les plus importantes expliquaient le pourquoi de cet échec. L’inventeur du transistor savait que le savant progresse grâce à ses erreurs. Découvrir que l’échec pouvait être constructif a été pour moi une vraie révélation… D’autant qu’avec mes parents, tous les deux dans l’armée française, je n’avais pas le droit à l’échec !

 

Contact : jacques.souquet@supersonicimagine.com

 

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