Le STIF, autorité organisatrice des transports franciliens, vit depuis 2006 une profonde mutation liée à sa transformation en établissement public désormais administré par les collectivités locales et aux vastes projets de modernisation et de développement des transports en commun en Ile-de- France. L’établissement s’ouvre sur de nouveaux métiers et doit combler de nouveaux besoins, techniques et financiers, mais aussi humains. Rencontre avec Véronique Hamayon- Tardé (ENA 97), Secrétaire Générale.

Véronique Hamayon-Tardé (ENA 97), Secrétaire Générale

Véronique Hamayon-Tardé (ENA 97), Secrétaire Générale

Quelles grandes missions sont aujourd’hui dévolues au STIF ?

Depuis la fin de la tutelle de l’Etat, le rôle du STIF s’est considérablement élargi : nous restons organisateurs et coordinateurs des transports multimodaux d’Ile-de- France (métro, bus, tramway, RER, trains Transilien) mais sommes également négociateur de contrats, pilote, maître d’ouvrage de projets structurants et financeur des matériels roulants.
Actuellement, nous sommes engagés dans plusieurs grands chantiers : la construction simultanée de 5 lignes de tramway dans le cadre du plan d’extension et de rénovation du réseau francilien ; la mise aux normes des gares et stations pour l’accessibilité des personnes handicapées ; le développement et réaménagement du réseau.
Enfin, bien sûr, nous avons conduit le débat public du projet Arc Express, métro automatique de rocade autour de Paris.

A quelles nouvelles problématiques devez-vous donc faire face ?

A des enjeux financiers considérables ! Avec une gageure : trouver l’équilibre. Ces dernières années, nous avons dû engager d’importants investissements pour moderniser le matériel roulant, rénover le réseau vieillissant… Le STIF conduit tous ces chantiers urgents tout en préparant l’avenir des transports franciliens, qui s’inscrit dans un plan ambitieux de mobilisation des transports, initié par le président du Conseil régional d’Ile-de-France, et ce sans perdre de vue la qualité du service pour les usagers. Tout cela coûte très cher. Nous allons multiplier par trois le montant des investissements. Il nous faut donc dégager des ressources supplémentaires. Du reste, pour la première fois, nous allons devoir emprunter (auprès de la BEI et de la CDC).

Dans ce contexte, que représente la fonction de Secrétaire Générale ?

Dans l’organigramme du STIF, le poste de Secrétaire Générale est directement rattaché à la Direction Générale et couvre l’ensemble des services « ressources », c’est-à-dire les domaines financier, juridique, ressources humaines, informatique et moyens généraux. Une situation au carrefour de plusieurs activités cruciales au bon fonctionnement de l’établissement. Les sujets financiers sont lourds d’enjeux : un budget annuel de 5 milliards d’euros en fonctionnement, des projets d’investissements lancés pour 3 milliards d’euros, des contrats conclus avec la SNCF et la RATP qui représentent près de 4 milliards d’euros annuels, des contrats conclus avec les entreprises privées de transport par bus pour plus de 600 millions d’euros annuels… Sans parler des sujets fiscaux : L’une de mes missions a consisté, par exemple, depuis mon arrivée, à « me battre » pour obtenir le non assujettissement de nos contrats à la TVA… et à l’obtenir…

Votre parcours avant de devenir Secrétaire Générale ?

Après l’ENA, j’ai travaillé dans les juridictions financières, à la chambre des comptes d’Ile-de-France, puis à la Cour des comptes, notamment auprès de Philippe Séguin. Ensuite, j’ai rejoint la Commission de Régulation de l’Energie, comme directrice financière, où j’avais la responsabilité de fixer le niveau des tarifs d’accès aux réseaux d’électricité et de gaz dont s’acquittent les fournisseurs. Ce poste présente quelques similarités avec celui que j’occupe actuellement au STIF : négocier avec des opérateurs historiquement en situation de monopole, dans un contexte d’ouverture à la concurrence impulsée par la Commission européenne, sur des enjeux de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Quels sont les attraits du STIF pour un jeune financier ?

« Au STIF, même la finance se doit d’être innovante et créative ! »

Ensuite, passer par le STIF procure une excellente carte de visite. Avant tout, nous sommes assez atypiques. Le STIF a la taille d’une grosse PME en nombre de salariés (300) mais qui gère un budget de plusieurs milliards d’euros par an. Nous devons innover en matière de financements, en inventant par exemple des dispositifs contractuels ad hoc avec les transporteurs qui achètent pour notre compte des matériels roulants dont nous sommes propriétaires, en veillant aux conditions dans lesquelles nous récupérerons la propriété de certaines infrastructures etc. Je dirais qu’au plan financier, presque tout est à créer quasiment. Nous devons également trouver de nouvelles ressources, les gérer, les répartir, communiquer clairement aussi… La tâche est importante et passionnante !

Quels sont vos besoins en matière de recrutement ?

Nous menons actuellement une politique de recrutement très dynamique, et recherchons de jeunes diplômés, dans des fonctions très variées : ingénieurs bien sûr mais aussi juristes, comptables, auditeurs, statisticiens, urbanistes, architectes, géographes pour modéliser des systèmes de déplacement et bien sûr des financiers. Nous sommes également très ouverts aux stages de longue durée. Nous devons renforcer nos équipes pour répondre aux nouveaux enjeux et à nos nouvelles missions.

 

SG

Contact : veronique.hamayon@stif.info
www.stif.fr
ressources.humaines@stif-idf.fr