LES GRANDES ÉCOLES QUI FORMENT LES INFORMATICIENS DE HAUT NIVEAU

 

Alors que la croissance de l’emploi dans le secteur du numérique se poursuit, les diplômés d’écoles d’ingénieurs formant des informaticiens de haut niveau ont plus que jamais la côte. Quelles sont les spécificités de ces établissements ? Comment forment-ils ceux qui inventent l’informatique de demain ?

Télécom ParisTech
Les ingénieurs Télécom sont des généralistes des sciences et technologies de l’information et des communications. Les élèves sont tous formés à l’informatique en tant qu’outil de l’ingénieur « ils doivent le maîtriser et être aptes à intervenir sur des programmes » souligne Isabelle Demeure, professeur du département informatique et réseaux. Ils apprennent le développement logiciel, des systèmes d’exploitation, la théorie des langages, l’algorithmique. » Ils apprennent aussi en réalisant des projets tout au long de leur cursus.
Ingénieurs managers du complexe
Puis, la moitié environ aborde en spécialisation l’informatique scientifique. « L’informatique évolue si rapidement, qu’un ingénieur de haut niveau doit marier solides bases théoriques et technologiques. Il se caractérise aussi par sa capacité à gérer des projets et grands systèmes complexes, des équipes multiculturelles, à prendre de la hauteur, à communiquer à l’oral et à l’écrit, à décider, s’adapter, innover. »

 

EPITA
Les Epitéens se caractérisent par la composante pratique de leur formation associée à des compétences de généralistes. « Ils abordent en cours les dimensions scientifiques théoriques et le management et la pratique par le projet », détaille le directeur Joël Courtois. Les élèves organisent aussi les concours en informatique Prologin et Castor, préparent l’équipe de France des Olympiades internationales d’informatique.
L’école de la pratique et de l’imagination
Les Epitéens sont formés à l’exigence des métiers de l’informatique. « Le projet « Piscine » leur impose de mener une mission en 12 jours consécutifs et en travaillant 20 heures par jour… » Comme chacun le sait, tout ne se passe pas toujours comme prévu en informatique. « Le vécu est indispensable, doté du seul bagage théorique un ingénieur n’est pas opérationnel. » Autres points forts des Epitéens : leur curiosité et leur créativité. « Ils ont la chance d’être dans un domaine où tout peut être imaginé ! »

 

ESIEE
L’école des nouvelles technologies vient d’élargir ses domaines de compétence en intégrant les filières issues d’ESIEE Management. « Nous proposons à nos élèves de personnaliser leurs cursus avec 40 % d’enseignements optionnels, souligne le directeur Dominique Perrin, de développer leur curiosité et leur esprit critique en menant des projets, de se découvrir et de construire leur projet personnel. »
Réenchanter le métier d’ingénieur
La formation ESIEE en informatique se caractérise par sa double compétence en électronique. Les 8 filières touchent à ces domaines. « De l’informatique scientifique et mathématique, aux SI, à la gestion d’ERP, aux systèmes embarqués en passant par les applications 3D, les réseaux et télécoms jusqu’aux biotechnologies et aux énergies renouvelables, la palette des apprentissages et débouchés est très large. Ce qui intéresse les jeunes ce sont ses applications, nous mettons donc l’accent sur ce point. Les satellites et les robots, voilà de quoi faire rêver ! »

 

EISTI
L’EISTI se positionne sur les métiers du traitement de l’information : génie logiciel scientifique et technique (Cloud computing, Imagerie et IHM, Simulation Numérique Haute Performance, Informatique Embarquée), aide à la décision (Data Miner et Optimisation de ressources) et Systèmes d’information d’entreprise. « Nos diplômés font du technique (analyse, modélisation, conception, intégrateur), du fonctionnel (ingénieur d’affaire et avant vente), de la maîtrise d’oeuvre et de la maîtrise d’ouvrage, note le directeur Nesim Fintz. Ils sont néanmoins majoritaires à débuter par la maîtrise d’oeuvre. »
Savoir-être et savoir-faire au service des métiers du traitement de l’information
L’EISTI définit sa formation sur trois axes : techniques et sciences gravitant autour des mathématiques et de l’informatique ; connaissance des métiers de l’entreprise ; compétences managériales et humaines. « L’axe comportemental est reconnu comme une marque de fabrique de notre formation. Nos élèves travaillent sur des projets réels, peuvent étudier à l’international, préparer un double diplôme. »

 

ESIEA
L’École Supérieure d’Informatique Électronique Automatique créée il y a 54 ans forme des ingénieurs généralistes désirant travailler dans les métiers des sciences et technologies du numérique. La pédagogie de l’ESIEA tient compte des besoins « des digital natives de sens et d’action, explique son directeur Philippe Volle. Face aux mutations des produits/services et de l’environnement numériques, avoir appris à apprendre est une condition essentielle de leur employabilité. Nous les préparons à être apprenants, réflexifs, capables de construire leurs compétences en utilisant les ressources disponibles. Nous estimons aussi qu’ils doivent être curieux et agiles d’esprit, avoir un temps d’avance. »
Souplesse d’esprit et capacité à apprendre en permanence
L’ESIEA pousse ses élèves à s’interroger, à ne pas se focaliser uniquement sur la technique et les technologies, mais aussi sur les savoirs fondamentaux, plus durables ; « de manière à être des ingénieurs sachant se remettre en question et faire face à l’inconnu. »

 

INSA de Lyon
Le département informatique propose une formation généraliste ancrée dans le monde de l’entreprise. Elle couvre les domaines du développement du logiciel, des SI et des infrastructures techniques. « En 1ère année, ils acquièrent les compétences techniques et de modélisation, développe Youssef Amghar, directeur du département informatique, méthodologiques et de conduite de projets en 2e année, puis en 3e année ils s’ouvrent à l’international, la R&D ou l’entrepreneuriat. » La formation comporte 20 % d’enseignements non-informatiques et 12 mois de stages.
Une large ouverture au monde de l’entreprise
« Nos ingénieurs sont reconnus pour leurs compétences techniques, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du monde de l’entreprise. Ils débutent dans le développement logiciel et les systèmes d’information dans les fonctions d’ingénieurs d’études et de développement, de consultants. » L’école prépare l’ouverture d’une filière en apprentissage orientée vers l’édition de logiciels, un domaine stratégique de l’informatique française, ainsi qu’un renforcement de son parcours R&D.

 

ENSEEIHT
Avec trois spécialités et un centre de recherche touchant à l’informatique, 30 % des débouchés de l’école relèvent du numérique, de l’informatique mathématique ou appliquée, de l’électronique embarquée et des télécoms et réseaux. « L’ENSEEIHT est une école de spécialité, explique son directeur Alain Ayache, mais les entreprises s’accordent à dire qu’elles y recrutent des ingénieurs généralistes. Ceux formés à l’informatique et les mathématiques appliquées exercent dans la conception
d’outils informatiques, de machines, d’informatique embarquée, d’équipements de transport, puis évoluent en tant que chef de projets. »
« Nos informaticiens sont partout »
L’image du geek devant sa machine est totalement dépassée, mais contribue à une mauvaise image du secteur. « Au sein de l’Association Pascaline, nous travaillons à la promotion d’un métier parmi les plus relationnels, au coeur du fonctionnement des entreprises, à la convergence des fonctions. Nous avons ainsi des anciens dans la banque, la médecine, l’aéronautique, les transports… »

 

ENSIMAG
L’école du numérique ouvre à ses ingénieurs de larges territoires économiques. « Notre expertise historique sont les mathématiques appliquées, rappelle le directeur Yves Denneulin. Nos ingénieurs sont ainsi capables d’aborder des problèmes abstraits. Ils maîtrisent les technologies, sont évolutifs et se renforcent aussi d’une spécialité. » Les élèves peuvent se former à l’ingénierie pour la finance, pour par exemple développer et construire des SI pour les produits financiers ; ou encore pour exercer dans les systèmes et logiciels embarqués, les télécoms, le traitement de l’image et la simulation.
Double compétence en mathématiques appliquées et informatique
Pour l’ENSIMAG, un informaticien de haut niveau a aussi acquis les techniques de développement agiles, sait travailler en profondeur et en équipe, dans un environnement multiculturel, en projets, entreprendre et innover. « L’ouverture d’esprit tout comme la résistance au stress sont indispensables car ils vont évoluer dans des environnements mouvants, pointus et contraints par le temps réel comme dans la finance ou sur les systèmes embarqués. »

 

ISEN
L’informatique est dispensée dans les 4 centres de l’ISEN à Brest, Lille, Toulon et Fès. « Notre objectif est de répondre aux besoins croissants du marché des technologies du numérique », explique Stéphane Véra, directeur technique de l’ISEN-Toulon.
Compétences et techniques de pointe
Les ISEN sont positionnés en informatique embarquée, par exemple pour les smartphones, en informatique industrielle, notamment pour les télécoms « pour le développement et l’architecture des applications, du réseau. » Ils sont aussi reconnus pour leurs compétences en développement sur des technologies de pointe : serveurs d’application, JAVA, HTML 5, Ant/Maven, JUnit. « Ils sont formés à l’encadrement de projets, d’équipes offshore, et peuvent prétendre à des postes experts ou consultants. Ils réalisent des projets réels, apprennent à concevoir un produit en basant ses fonctionnalités sur les usages du end-user en respectant un time-tomarket agressif. Ils préparent les certifications professionnelles de référence en analyse de la valeur, Cisco, PMI et CMMI. »

 

ESME Sudria
L’informatique est une discipline transverse nécessaire à tous les ingénieurs « pour maîtriser un environnement de travail irrigué par les SI, ils ont une approche mathématique de l’informatique, des langages de programmation », souligne Hervé Coum, directeur pédagogique du 2e cycle. La formation est pluridisciplinaire du génie électronique (électrotechnique, micro-processeurs) et des TIC (systèmes embarqués, traitement de l’information, informatique). « Ils suivent ensuite une voie d’expertise dans les SI (pour la banque et la finance, les technologies de l’intelligence artificielle), les télécoms, l’électronique ou le traitement du signal.»
Ingénieurs efficaces et dans l’interaction
L’objectif pédagogique est aussi qu’ils soient efficaces dans leurs équipes, sur des projets de systèmes complexes, sachent interagir avec les autres fonctions. « C’est leur valeur ajoutée par rapport à d’autres ingénieurs. Ils s’y préparent en menant des projets, passent des certifications témoignant de leurs compétences professionnelles. »

 

A. D-F