Yuka, Canard Street, SmartEar, Merci Maman ou encore Pumpkin sont toutes des startups à succès montées par des EDHEC. Soutien de l’écosystème dédié à l’entrepreneuriat, incubateur et maintenant Station F, sans oublier l’apport décisif de leur formation, les entrepreneurs ont dit « Merci » à leur école au cours de son premier Startup Show le 28 mars 2018. Créée par des entrepreneurs et industriels, l’EDHEC a l’entrepreneuriat dans la peau.

 

« Il était impensable que l’EDHEC ne soit pas à Station F » a immédiatement annoncé son directeur général Emmanuel Métais. Les raisons de cette « obligation » sont simples, « l’entrepreneuriat est dans notre ADN depuis toujours. »

 

Une startup à l’origine du succès de l’EDHEC en finance

C’est d’ailleurs une startup scientifique qui a permis l’essor de l’institution a rappelé le directeur. C’est une idée de génie de son prédécesseur, Olivier Oger, qui a permis à l’école de s’imposer au niveau mondial – excusez du peu ! – devenant le leader en finance. « Olivier a habilement contourné la nécessité d’avoir d’énormes moyens pour s’imposer en matière de recherche en ciblant un domaine d’excellence. Mais la vraie innovation a été d’adosser cette recherche à une startup, Scientific Beta, qui commercialise les indices développés par nos chercheurs. Dès le départ il s’était dit, « Si notre idée d’être champion du monde dans un domaine est bonne, les gens achèteront notre recherche ! ». »

Emmanuel Métais DG de l'EDHEC

Emmanuel Métais DG de l’EDHEC au startup Show, Station F

Bingo : aujourd’hui Scientific Beta abonde à hauteur de 15 % au budget de l’école. Non moins de 30 Mds $ sont investis dans le monde sur des indices produits par les chercheurs de l’EDHEC. « Olivier a trouvé l’astuce pour transformer un coût, l’investissement en recherche, en revenus ! »

La démarche scientifique des chercheurs en finance émane aussi d’un esprit d’entreprendre. « Ils considèrent les modèles de manière détournée, alternative, pour en faire quelque chose à fort impact. »

 

Un écosystème d’entrepreneurs

Jean-Michel Ledru EDHEC

Jean-Michel Ledru, directeur de l’incubateur EDHEC

L’entrepreneuriat à l’EDHEC

180 entreprises créées
1 000 emplois créés
35 M€ de fonds levés
40 % de femmes entrepreneurs

50 évènements consacrés à l’entrepreneuriat par an, 23 startups accélérées ou incubées, des électifs ou spécialisations dans tous les programmes du PGE au MBA en passant par le Bachelor et le MSc, et bien entendu des dispositifs d’accompagnement dédiés à Lille, Nice et Paris (Station F) ; l’EDHEC ne lésine pas pour soutenir ses jeunes pousses. Emmanuel Métais tout comme Jean-Michel Ledru, directeur d’EDHEC Entrepreneurs, ont souligné l’appétence des étudiants et jeunes dip’ « pour révolutionner, changer, s’emparer d’une dynamique, notamment technologique mais pas exclusivement, pour créer et entreprendre ». Les directeurs rappellent aussi que si l’EDHEC peut être présente à Station F, c’est grâce aux donateurs.

Les clés du succès

1. La foi

La réussite dans l’entrepreneuriat tient avant tout aux entrepreneurs eux-mêmes. Jean-Michel Ledru l’a rappelé en évoquant « la présence assidue, soirs et week-ends compris, de l’équipe de Yuka à Station F ; la ténacité des fondateurs de Canard Street qui ont testé leur concept sous les halles de Wazemmes à Lille ».

Yuka Edhec Station F

Julie, Yuka

Canard Street Edhec

Grégoire et Nicolas, Canard Street

Julie, co-fondatrice de Yuka, l’App qui scanne votre alimentation pour vous aider à mieux manger, parle d’un projet porteur de sens. « 56 % des produits vendus dans les supermarchés sont mauvais pour notre santé. Nous avons à cœur d’avoir un impact social positif et de contribuer à améliorer la santé des consommateurs, d’inciter les groupes agroalimentaires à veiller aux qualités nutritionnelles de leurs produits, à en exclure les additifs et à développer le bio. »

Béatrice, la fondatrice de Merci Maman, qui crée et commercialise des bijoux personnalisés pour jeunes mères, a lâché une carrière dans un grand groupe à Londres pour monter sa structure. « J’ai acheté une machine à graver, et j’ai débuté seule dans ma chambre. Ma première salariée était une EDHEC. » Lorsque son mari, cadre dans la City, se joint à l’aventure, « les gens ont commencé à regarder Merci Maman d’un autre œil ».

L’attention monte encore d’un cran et devient internationale lorsque la Princesse Kate Middleton reçoit et porte un collier Merci Maman. L’ascension ne fait que débuter et se poursuit aujourd’hui. « Nous avons vécu autre chose d’incroyable : nous avons été reçus par la Reine Elisabeth II la veille de notre retour en France, en tant que lauréats du Queen’s Awards for Enterprise ! Sentir une énergie positive autour de notre projet a été déterminant. »

SmartEar Edhec

Sébastien et Arnaud, SmartEar

Merci Maman Pumpkin Edhec

Béatrice, Merci Maman et Hugo, Pumpkin

Engagés, Sébastien et Arnaud le sont tout autant. Incubée à Nice, leur startup SmartEar entend aider 1,2 milliards de personnes dans le monde ! Leur société a déposé un brevet d’une solution innovante pour améliorer le quotidien des sourds et malentendants en « leur permettant de voir les sons. Notre dispositif transforme les sons en signaux lumineux colorés. Elle permet de communiquer. » L’innovation est triple médaillée au concours Lépine et a été distinguée au CES de Las Vegas.

2. Les personnes

« Préparer des kilos de frites sans faillir sous les halles dans la chaleur et le froid, comme exercice de team building on ne peut pas faire mieux ! » ont raconté avec humour Grégoire et Nicolas. Les entrepreneurs avaient une ambition : « démocratiser le canard sans le dénaturer ». Mission réussie, ils ont su séduire gourmets comme investisseurs. « Nous avons un restaurant rue de Béthune à Lille et en ouvrons deux à Paris en 2018 ! » Ils ont aussi remporté un concours Unibail qui leur ouvrira les portes de centres commerciaux.

Les deux jeunes-hommes sont issus du PGE et ont suivi le MSc EDHEC in Entrepreneurship. Ils possèdent les mêmes compétences mais surtout « les mêmes valeurs. C’est primordial car vous ne changerez pas les valeurs d’une personne. »

Julie évoque aussi une rencontre. « Deux amis, François et Benoît, avaient l’idée d’analyser nos produits alimentaires. Le déclic a été de participer à un hackathon avec eux. J’ai adoré notre collaboration. » L’équipe fonctionne parfaitement. Lancée en janvier 2017, l’App compte déjà 2 millions d‘utilisateurs, 1 million de produits sont scannés par jour, et elle fait partie du Top 5 des appli les plus téléchargées en France. Prochaines étapes : la monétisation et l’international. Julie a remercié l’EDHEC « de sa confiance et de son soutien, d’avoir cru dans notre projet depuis le départ ».

3. L’exécution

La clé ultime est dévoilée par Jean-Michel Ledru. « Ce qui marche dans l’entrepreneuriat ce n’est l’idée, c’est l’exécution. Cela passe par l’implication, la rigueur, par se dire chaque matin en arrivant « Qu’avons-nous à faire aujourd’hui, quelles sont nos priorités ? ». »

Grégoire et Nicolas parlent « d’une attention permanente à chaque étape et chaque détail ». Même son de cloche du côté d’Hugo, créateur de Pumpkin, l’App de paiement mobile entre particuliers. « L’entrepreneuriat, c’est trouver des réponses. Question après question, réponse après réponse, vous êtes une entreprise. La réussite est possible aussi car l’EDHEC nous offre tout un écosystème de soutien. »