Réussir son insertion professionnelle : voilà probablement l’objectif principal de l’étudiant d’aujourd’hui. Toutefois, s’assurer une transition sereine de l’amphithéâtre à la salle de réunion, spécialement dans le secteur financier, est une mission qui s’avère souvent délicate. Dès lors, comment se distinguer ? La réponse des recruteurs est formelle : l’expérience professionnelle fera toujours la différence.

 

 

Thomas Gagneret

Thomas Gagneret, vice-président AEMFS Master Finance et Stratégie Sciences Po Paris

Le domaine de la finance et la remise en question qu’il traverse aujourd’hui a encore augmenté la compétitivité de l’accès à l’emploi dans ses différents secteurs. Dans ce contexte, et comme le rappelle Guillaume Sarrat de Tramezaigues, directeur du Master Finance et Stratégie (F&S) à Sciences Po Paris, « une entreprise aime recruter des gens ayant une première expérience professionnelle. Un étudiant ayant à son actif un ou plusieurs stages offre une vraie garantie de performance et d’intégration dans l’entreprise, et s’impose donc comme un choix rassurant pour les recruteurs ».

 

Les stages : une vraie valeur ajoutée…
Conscient de cette réalité, le Master F&S de Sciences Po a fait de la professionnalisation précoce de ses étudiants un objectif primordial, notamment via l’établissement d’une année de césure : intervenant entre les deux années de Master (et d’une durée maximale de 16 mois), la césure offre aux étudiants la possibilité de se forger une première expérience professionnelle grâce à la réalisation de stages en entreprise. Bien que non obligatoire dans le cursus du Master F&S, cette option est fortement encouragée par l’administration et jouit d’une popularité grandissante parmi les étudiants : l’année dernière, près de 70 % d’entre eux ont choisi de partir en césure. Parmi ces étudiants, Witold Marais : stagiaire en M&A à Paris, il est conscient de l’atout professionnel qu’une telle expérience représente. Pour l’étudiant curieux qu’il est, c’est le moyen le plus efficace de voir plus clair dans ses ambitions professionnelles. « Savoir ce que l’on ne veut pas faire est l’un des enjeux majeurs de la césure », affirme-t-il. Un témoignage qui fait écho au discours de M. Sarrat de Tramezaigues, qui qualifie l’année de césure d’« année d’initiation », où l’étudiant « procède par élimination », notamment en vue du choix de spécialisation qu’il doit effectuer pour sa deuxième année de Master. Cependant, si l’année de césure est bien l’un des atouts pédagogiques les plus significatifs dont dispose le Master F&S, ce dernier, toujours dans un souci de professionnalisation, impose également à ses étudiants un stage de fin d’études, intervenant pendant le dernier semestre de la formation. Loin des préoccupations « initiatiques » de la césure, le stage de fin d’études permet cette fois aux étudiants de procéder par validation, comme l’explique M. Sarrat de Tramezaigues : « le futur diplômé effectue en quelque sorte un stage de pré-emploi, qui lui permet de valider ses ressentis académiques par une expérience professionnelle et ainsi de faciliter son intégration sur le marché du travail ». Comptant parmi les obligations de scolarité nécessaires à l’obtention du diplôme, ce stage de pré-emploi est l’explication majeure de l’excellent taux de placement dont bénéficie le Master F&S (94 % des étudiants trouvent un emploi immédiatement après l’obtention de leur diplôme). Ainsi, à l’instar du parti pris de la professionnalisation dans le Master F&S, les opportunités de stages existent réellement pour l’étudiant en finance désireux d’accumuler de l’expérience professionnelle. Reste une question cruciale : comment saisir ces opportunités ?

 

… mais une valeur qui se mérite.
Au sein du Master F&S, la réponse est simple : les premiers recruteurs sont les professeurs. De fait, 95 % d’entre eux sont des professionnels en activité et souvent à la recherche de stagiaires. Participation active dans la salle de classe, rigueur dans le travail quotidien sont ainsi « les premiers atouts de l’étudiant à Sciences Po pour se distinguer », affirme M. Sarrat de Tramezaigues. Les enseignants, mais également les entreprises partenaires du Master (citons, parmi les plus actives, le Crédit Agricole, Mazars, Deloitte, PwC), sont les partenaires privilégiés de l’aspirant professionnel dans le Master F&S.
De plus, au-delà du simple cadre du Master, SciencesPo dispose d’un large éventail de contacts destiné à l’embauche de ses étudiants. Sciences Po Avenir, notamment, est un canal de recrutement privilégié grâce à l’abondante offre de stages qu’elle propose aux étudiants. L’association organise aussi des évènements phares comme le Forum Entreprises, rendezvous incontournable où étudiants et professionnels échangent pendant toute une journée : l’occasion rêvée de faire du networking et d’entamer du bon pied sa recherche de stage. En complément de tous ces services, il reste à l’étudiant à développer son réseau personnel pour démarcher et trouver des stages. C’est ce qu’a compris Sciences Po Alumni, qui prend très au sérieux sa mission de networking entre anciens de Sciences Po et étudiants actuels, en organisant de nombreux évènements, souvent informels et donc propices à la conversation entre les diverses promotions. L’organisation compte aujourd’hui environ 5 000 membres, toujours disponibles pour transmettre leur expérience professionnelle aux étudiants intéressés. Cependant, si tous ces outils peuvent faire avancer le futur stagiaire, un esprit actif et une stratégie claire doivent être ses fils conducteurs. C’est grâce à ces qualités que Xavier d’Aumale, diplômé du Master F&S en 2010 et aujourd’hui membre du cabinet de chasseurs de têtes Russell Reynolds, a su se distinguer dans sa recherche de stages lorsqu’il était encore étudiant. Selon lui, « dans le monde de la finance, l’aspirant stagiaire doit faire face à des procédés de sélection structurés et très compétitifs, il doit donc se montrer méthodique et proactif » afin d’optimiser ses chances de décrocher le stage qui lui ouvrira en grand les portes du marché du travail.

 

Le V.I.E : une transition en douceur et à l’étranger

– 3 800 entreprises utilisatrices de la formule V.I.E
– 67 % sont des PME
– Plus de 30 000 jeunes ont réalisé une mission V.I.E
– Les V.I.E sont âgés en moyenne de 26 ans
– 17 mois, c’est la durée moyenne des missions V.I.E

Cette nécessité d’expérience professionnelle avant le premier emploi, mais également les aspirations internationales grandissantes des étudiants d’aujourd’hui, ont conduit à la création en 2001 du Volontariat International en Entreprise. Censé promouvoir les entreprises françaises à l’étranger, le VIE a depuis fait ses preuves, attirant nombre de jeunes diplômés à la recherche d’une première expérience d’envergure à l’international. La finance est d’ailleurs le secteur d’activité le plus représenté avec un volontaire sur cinq. Bénéficiant d’un statut spécifique (rémunérations allant de 1 300 à 3300 € par mois, mission et contrats flexibles), le Volontaire International effectue une transition directe vers la vie active. De fait, en plus de l’ouverture internationale qu’ils offrent, la valeur professionnelle des VIE est indéniable, puisque 88 % des Volontaires Internationaux signent un CDI dans l’entreprise qui les a accueillis à l’issue de leur VIE. Comment, dès lors, décrocher un VIE ? La meilleure solution : s’adresser à UbiFrance, entreprise française chargée de la diffusion et du suivi des VIE. Les critères de sélection des volontaires sont eux « soumis aux mêmes exigences que le marché de l’emploi. Il s’agit donc plus de cas par cas, déterminé par la politique de chaque entreprise, que de critères fixes et déterminés », comme l’explique M. Didier Cros, responsable de la communication VIE chez UbiFrance. Et même si, à l’échelle du monde financier, le VIE paraît assez marginal, cette réalité statistique doit être relativisée : la double valeur ajoutée d’une mission VIE (expérience internationale et garantie d’intégration professionnelle) en font une expérience de choix, notamment dans le monde globalisé et incertain de la finance. Stages ou VIE, les opportunités sont donc bien présentes pour l’étudiant en finance, et ce malgré une compétition intense dans un secteur en pleine refonte. La vraie qualité du futur professionnel est dans l’intensité quotidienne qu’il apporte à son projet en fonction des offres qui lui sont présentées. Être étudiant actif aujourd’hui pour devenir jeune actif demain, rien de plus logique en somme.

 

Thomas Gagneret, vice-président AEMFS Master Finance et Stratégie Sciences Po Paris

 

Contacts :
Guillaume Sarrat de Tramezaigues : guillaume.sarratdetramezaigues@sciences-po.org
Didier Cros : Didier.CROS@ubifrance.fr
Sciences Po Avenir : www.sciences-po.fr/avenir
UbiFrance : www.ubifrance.fr