Première française championne olympique de boxe après son sacre à Rio 2016, Estelle Mossely, est diplômée en 2015 de l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci). Si son plus beau rêve sportif s’est réalisé, son succès est aussi académique. Elle a décroché son diplôme sans rupture dans son cursus. Son avenir professionnel après le sport de haut niveau est assuré dans son domaine, l’informatique. Prochaine étape : la création d’entreprise. – Par Ariane Despierres-Féry

 

Conjuguer sport et études de haut niveau, cela a-t-il toujours été votre ambition ?

Cela a été mon ambition à partir du moment où je suis devenue sportive de haut niveau à 17 ans. C’était l’année du bac et il m’a fallu concilier ce moment important de ma scolarité avec mes déplacements en équipe de France, de plus en plus fréquents. Après le bac, il n’était pas question que je mette un terme à mes études car j’avais des projets professionnels et que je ne voyais pas ma carrière de boxeuse éternelle. Je visais alors les JO de 2012 et peut-être ceux de 2016 mais pas au-delà. Donc forcément après 2016, l’idée était de basculer sur une voie professionnelle. Même si aujourd’hui j’irais peut-être au-delà des JO 2016, j’ai envie d’ouvrir ma société avec une dominante informatique et pour cela des compétences et un diplôme me semblent indispensables.

Comment vos deux réussites se nourrissent-elles l’une de l’autre ?

Je trouve un certain équilibre dans ce parcours. Le sport de haut niveau et les études sont deux domaines intenses. Ils ont été complémentaires pour moi. A l’école, il n’y avait que l’école et au sport que le sport. Cela me permettait de ne pas rester cloisonnée dans un domaine, dans une activité. Le sport m’a apporté beaucoup en termes d’expérience de vie, de voyages et de maturité. Et l’école m’a apporté les connaissances. Le fait de concilier les deux m’obligeait à être rigoureuse dans mon travail et organisée.

Quel est votre plus beau succès ?

Le vrai succès c’est la médaille d’or aux Jeux Olympiques. Un rêve réalisé cet été à Rio. Même si j’ai eu de belles médailles, notamment ma médaille d’argent au championnat d’Europe et de bronze au championnat du Monde 2014. Mais au fond, mon plus beau succès est plus scolaire. C’est d’avoir réussi à finir mes années à l’ESILV sans rupture, avec ma promo du début et puis d’avoir été embauchée tout de suite après mon stage chez Allianz en tant que concepteur développeur. J’ai aujourd’hui une reconversion, après le sport, assurée.

Quels sont vos leviers personnels de réussite ?

Pour réussir dans ces deux domaines, je me fixe des objectifs, puis je mets tout en place pour les atteindre. Savoir que l’objectif n’est pas encore atteint me dissuade d’abandonner dans les moments plus durs. C’est mon moteur et je sais que sans cela je ne pourrais pas donner autant. Je ne peux pas m’entraîner pour m’entraîner, c’est vraiment les jeux olympiques, mon rêve, qui m’ont poussée. Et quand je perds ou que les entraînements sont durs, je pense aux JO et j’arrive à passer au-dessus. Il en va de même pour les études, j’ai envie plus tard de créer ma société, de la faire grandir, connaître et de gagner de l’argent autour de cela. Donc je ne pouvais pas abandonner en cours de route. Cela aurait été pour moi un échec et ayant l’esprit compétiteur si je peux éviter un échec je le fais.