Elle inscrit un mot sur une feuille de papier qu’elle confie à un spectateur ; demande à un autre de dire stop pour déterminer la page du dictionnaire qu’elle feuillette tandis qu’un troisième donne les chiffres qui conduiront à la ligne et au mot qui… évidemment, est celui inscrit sur la feuille, avant ! Evidemment, il y a un truc. Il n’y a même que ça, des trucs, au fil de ce show filant à une vitesse incroyable tant on est bluffé. Entre deux tirades sur le pouvoir des femmes (« sorcières ou fées, mais y a-t-il vraiment une différence ? »), Elisabeth Amato gagne le cœur et l’admiration du public, racontant la vie des uns, formant des couples avec les autres, convainquant chacun qu’il possède des dons et le lui prouvant en l’amenant, sur scène, à réaliser lui-même un tour. Scotchant ! A telle enseigne, qu’à la fin, on ne sait plus si l’on a peur d’être désigné pour monter sur scène ou si on le désire…

Entre deux épisodes de magie « mentaliste », Elisabeth, également reine du close-up, se livre à de petits tours de passe-passe qui vous replongent en enfance, émerveillés. Puis elle se remet à vous parler de vous. Racontant des choses qu’il lui est tout simplement im-po-ssi-ble ! de savoir. En coulisses, poussée dans ses derniers retranchements, cette mage celto-sicilienne qui comme par hasard est aussi psychologue à la ville, finit par avouer qu’il lui arrive, parfois, de s’en remettre à la pure intuition, quand elle décrit votre premier amoureux qui était comme-ci, n’est-ce pas ? Et puis comme ça ; avant de vous faire déplier le petit papier sur lequel elle a inscrit son nom.

A la fin du spectacle, Elisabeth décroche l’enveloppe qui est restée suspendue là, sous vos yeux, durant tout le spectacle et vous la tend pour lecture. Y figure le résumé de l’épisode du jour : les prénoms, villes, âges et chiffres fétiches choisis par les différents spectateurs durant la séance. A ce moment-là, ravis à vous-mêmes, vous ne voulez plus partir. Vous pouvez bien sûr essayer le coup du rappel ; cela marche, une fois ou deux, puis il faut libérer la place pour le pestacle suivant. Sûr que ça bruisse ferme dans les couloirs. Comme le confiait Daniel Pennac : « J’y suis allé, je n’en suis pas revenu, et pourtant j’y retournerai. » C’est vraiment, en ce moment, la plus belle façon de transformer son dimanche après-midi d’automne en pépite d’or.

 

« Je vous entend penser »
Jusqu’au 29 décembre,
tous les dimanches à 15h30.
Théâtre du Petit Hébertot : 01 42 93 13 04