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Le 29 mars 2016, Francis Morel, Président Groupe Le Parisien, Groupe Les Echos, annonçait la nomination de Sophie Gourmelen à la tête du journal Le Parisien. Une nouvelle pas si fréquente tant la place des femmes dans les médias est toujours minoritaire… encore plus tout en haut de l’organigramme.

sophie gourmelen Le Parisien« J’ai décidé de nommer Sophie Gourmelen au poste de Directrice Générale, Directrice de la Publication du Parisien Aujourd’hui en France (le quotidien et ses supports numériques). Elle aura également la responsabilité de superviser un pôle transverse dédié à la Data du Parisien et des Echos qui collaborera avec l’ensemble des business units (médias, activités de services et régie publicitaire). » Voilà résumées en quelques mots les nouvelles fonctions confiées à Sophie Gourmelen.

Une bonne nouvelle dans un paysage médiatique – surtout celui de la presse quotidienne régionale (PQR) et nationale (PQN) – encore très fortement masculin. En règle générale, les groupes médias demeurent l’apanage de quelques hommes. À noter que le Parisien était avant son rachat par LVMH l’un des rares titres de presse appartenant à une femme, Marie-Odile Amaury, Président Directeur Général du groupe Amaury.

Que dit exactement le communiqué de presse de l’annonce ?

Jusqu’à ce jour, Sophie Gourmelen était Directrice Déléguée Marketing Digital, Diffusion et Data du Groupe Les Echos. Elle a largement contribué à la dynamique de succès des Echos qui a enregistré en 2015 la meilleure diffusion de son histoire. Parallèlement, elle a mis en œuvre une stratégie performante en matière de contenus digitaux payants (les abonnements exclusivement numériques représentent désormais 34% de la diffusion des Echos*).

Sophie Gourmelen pourra faire bénéficier de cette expertise Le Parisien Aujourd’hui en France qui compte parmi les plus grands médias d’information avec 15,2 millions de lecteurs** sur tous les supports (presse, web, tablette, mobile). Elle aura aussi pour mission de consolider le leadership du Parisien Aujourd’hui en France au sein de la presse quotidienne nationale payante (354 000 exemplaires vendus chaque jour***).

* OJD DDM Janvier 2016, poids dans la diffusion individuelle payante
** Audipresse One Global 2015 T4
*** OJD 2015, diffusion France payée

BIOGRAPHIE

Diplômée de Sup de Co Tours, Sophie Gourmelen a débuté sa carrière en 1990 à International Master Publishers, un des leaders mondiaux de la vente à distance de produits d’édition (350 M€ de chiffre d’affaires). Elle a occupé plusieurs postes de responsabilité dont ceux de Directrice Générale France (2000-2002) et de General Manager pour la zone Europe du Sud qui couvre la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et emploie 150 personnes (2002-2005). En 2006, elle a rejoint le groupe Prisma Presse comme Directrice du Marketing Client, en charge du développement des abonnements de 22 titres parmi les plus puissants de la presse magazine en France. Dans le domaine du e-commerce, elle a lancé Prismashop.fr, la boutique d’abonnement en ligne du groupe. En 2008, elle a rejoint le Groupe Les Echos comme Directrice de la Diffusion, puis Directrice du Marketing, de la Diffusion et de la Communication (2012-2014). Depuis 2015, elle manageait une équipe de 40 personnes comme Directrice Déléguée Marketing Digital, Diffusion et Data, membre du Comité Exécutif du groupe.

Les femmes SOUS-REPRÉSENTÉES AU SEIN des médias

PQR Le ParisienDéfendre la place des femmes dans les médias devient un enjeu central pour l’Association des Femmes journalistes. Selon Sonia Bressler, « L’association des femmes journalistes (AFJ) a pour rôle de défendre la place des femmes dans les médias. Ce qui marche dans deux sens : d’une part, défendre leur place effective au sein des rédactions, veiller à ce qu’on respecte la parité, qu’on traite bien les journalistes féminines, aider les pigistes à trouver du travail…. Et d’autre part, faire attention au traitement de l’info, à la place des femmes dans les médias. »

Le constat est double : on observe au sein des médias la même situation qu’au sein des grandes entreprises avec peu de femmes parmi les instances dirigeantes – hors presse féminine – mais aussi au sein même des sujets abordées dans la presse. Voilà la conclusion tirée selon l’analyse de 1 064 articles de quatre des principaux titres de presse français sur cinq jours. Du 2 au 6 février 2015, Le Parisien, Le Figaro, Libération et Le Monde ont été passés au crible pour examiner la place qu’y occupent les femmes.

Que 37,6 % de femmes dans la presse quotidienne régionale.

Le bilan est sans appel : au sein des rédactions, les femmes journalistes signent moins souvent que leurs collègues masculins.Pire, en dehors d’Angela Merkel ou de Marine Le Pen, rares sont les femmes à faire la Une des journaux (voire même aucune !). Résultat :  le déséquilibre entre la parole des hommes et celle des femmes exclut pratiquement les femmes de certains types d’articles.

Une inégalité encore plus flagrante au sein même des rédactions. Selon les chiffres de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), 46,3 % des 36 317 cartes de presse étaient détenues par des femmes en 2014. Mais ce taux est plus faible dans la presse quotidienne régionale et dans la presse quotidienne nationale. Toujours selon les données de la CCIJP, la PQR ne compte que 37,6 % de femmes, et la PQN 41,7 %.

Et l’analyse n’aborde pas les inégalités salariales ! Des inégalités bien réelles dans les médias à la télévision notamment.

Violaine Cherrier

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