Le label Grande cause nationale est attribué chaque année à une thématique d’intérêt public. Gros plan sur un dispositif méconnu.

Une juste cause ?
Depuis 1977, le Service d’information du Gouvernement (SIG), qui dépend du Premier ministre, attribue chaque année à un organisme non-lucratif le label « G rande Cause nationale ». Il donne droit à douze spots gratuits publicitaires sur les chaînes de télévision et les radios publiques et à une campagne de communication doublée d’actions de sensibilisation sur tout le territoire. En mars 2013, le label Grande Cause nationale pour 2013 a été attribué au collectif « A gir ensemble contre l’illettrisme » qui rassemble 65 organisations nationales fédérées par l’Agence Nationale de Lutte Contre L’illetrisme (AN LCI). Un mal qui concerne 2 500 000 personnes, soit 7 % de la population âgée de 18 à 65 ans. Pour Marie-Thérèse Geoffroy, Présidente de l’AN LCI, ce label est un moyen de changer le regard sur le phénomène et de démontrer que l’on peut réapprendre à tous les âges. « Cela favorise la prise de conscience générale et incite chacun à prendre sa part d’action. C’est aussi la possibilité de diffuser à une grande échelle notre message sur les solutions qui existent. » Si le label est un coup de projecteur sur une cause, aucune subvention n’est versée au collectif bénéficiaire. Au SIG, on rappelle l’importance symbolique de cette attribution : « La Grande cause nationale est un souffle, un Haut patronage que le Premier ministre accorde à un thème précis durant une année entière. C’est un bon signal envoyé aux associations qui fait écho dans toute la société. »

 

Exposition salutaire
Loin de se cantonner aux seuls sujets de santé publique, le label Grande cause nationale a été attribué, depuis 37 ans, à des thèmes aussi variés que la défense des droits de l’homme, la pauvreté, l’égalité des chances, ou l’enfance maltraitée. Pour les associations, ce n’est pas tant le label qui est bénéfique en soi que l’exposition médiatique qui en résulte. C’est l’avis de Florent Chapel, délégué général du Collectif Autisme qui a obtenu le label en 2012. « L’objet de cette Grande cause était de mobiliser et d’informer le grand public. De ce point de vue, c’est réussi : nous avons eu 2500 retombées presse, des événements ont été organisés dans toute la France et nous avons sensibilisé des milliers de personnes à la situation des enfants autistes. Pour autant, ce n’est pas un point d’arrivée, mais un point de départ. » Le responsable assure que, si le label a bien fait bouger les lignes, il ne faut pas lui prêter des vertus qu’il n’a pas.
Beaucoup de responsables d’associations sont sur la même ligne : à la fois satisfaits et dans l’expectative pour l’avenir. À l’instar de Bertrand Ousset, Président National de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, qui a constitué le Collectif « Pas de solitude dans une France fraternelle ». « L’attribution du label à notre collectif en 2011 a permis de sensibiliser le grand public et les gens qui souffrent de solitude en les informant sur les structures d’accompagnement existantes. Mais l’on doit se demander : que se passe-t-il quand le coup de projecteur médiatique retombe ? » Pour autant, il ne faudrait pas négliger les effets longue durée du Label. C’est ce que souligne Pierre Noir, Vice-président de l’association France Adot (fédération des associations pour le don d’Organes et de Tissus Humains) qui a obtenu le label en 2009. « L’année du label, nous avons rendu visite à 62 000 collégiens et lycéens. Chiffre qui est passé l’année suivante à 90 000. » Preuve que certains effets sont rétroactifs

 

F.B