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[Focus entreprise]

Le groupe Sodexo, leader mondial des services de qualité de vie, se veut un pionnier dans l’analyse de l’impact de la mixité femmes – hommes sur la performance. Jean-Michel Monnot, responsable de la diversité et de l’inclusion de Sodexo, s’est pris de passion pour ce sujet. Il a ainsi volontiers participé à l’ouvrage « Mixité, quand les hommes s’engagent ! » Un titre qui lui va comme un gant.

Jean-Michel Monnot responsable diversité et inclusion SodexoPlus qu’un engagement, une évidence pour lui. Jean-Michel Monnot travaille chez Sodexo depuis 25 ans et s’occupe de mixité depuis 8 ans. Si l’approche n’impliquait que les femmes dans un premier temps, la politique d’entreprise a rapidement évolué vers la mixité, beaucoup plus inclusive.

« Donc quand Marie-Christine Maheas et le réseau PWN m’ont parlé de l’ouvrage, nous avons immédiatement accepté. Le livre promeut aussi des référents hommes à travers des grands patrons donc c’est un moyen puissant de faire avancer le sujet. La mixité constitue aussi leur quotidien. »

Dès lors se met en place un véritable travail d’équipe animé, entre autres, par Marie-Christine Maheas sur un modèle participatif : « Nous nous voyions tous les mois pour travailler sur le contenu, la forme, le choix du titre. J’ai apporté mon écho et je me suis impliqué sur le sujet à travers la définition du succès. »

La passion de la diversité

La passion, voilà le moteur de Jean-Michel Monnot. Auparavant manager de 800 personnes – une fonction qui lui octroyait un épanouissement incroyable -, il se lance dans l’aventure de la mixité en 2007 lors de la création de ma direction de Diversité et de l’Inclusion.

Faire bouger les lignes et changer le monde

« J’avais envie de faire autre chose car j’étais chez Sodexo depuis 17 ans. Donc j’adorais manager, diriger mais je cherchais un autre challenge. J’ai postulé car le terme diversité a résonné en moi : j’avais une vraie sensibilité. Je vais faire quelque chose de nouveau, avec une ouverture internationale et dans laquelle je crois profondément. »

Faire bouger les lignes, agir pour le bien de toutes et de tous… Des valeurs que Jean-Michel Monnot partage volontiers avec Sodexo : « Je suis payé pour changer le monde ».

Des actions concrètes

Chez Sodexo, la volonté ne tarde pas à se retranscrire sous forme d’actions, et ce à l’échelle mondiale. Une étude est ainsi réalisée auprès des 420 000 collaborateurs du groupe dans le monde. Objectif : comparer les performances entre les équipes mixtes (intégrant 40% d’1 genre au moins) et les équipes non-mixtes. Comment ? À travers des indicateurs sur lesquels les managers sont évalués : satisfaction client et consommateur, notoriété de la marque dans les pays, KPI économique (croissance…), etc.

Résultat : « Les équipes dont le management est mixte ont un taux d’engagement meilleur. De même, celui-ci évolue positivement plus vite que les autres. Sur tous les indicateurs, les équipes mixtes ont de meilleurs résultats que les non-mixtes. » Voilà pourquoi il est essentiel de traiter ce point mais d’une manière moins exclusive que s’il ne concernant que 100% des femmes. « Il faut se donner les moyens d’avoir une vision claire de la réalité : nous le faisons depuis 10 ans. Nous essayons d’avoir une vision précise sur la place des hommes et des femmes. »


Au niveau mondial sur tous les effectifs, le groupe compte ainsi :

  • 54 % de femmes
  • 46 % d’hommes

Au niveau des managers, Sodexo réunit 41% de femmes. De même, l’entreprise compte, en 2015, 31% de femmes dans les 1 000 principaux dirigeants et, parmi les 300 principaux dirigeants, 25 %.

Autre indicateur : le comité d’administration qui inclut 38 % de femmes. Enfin, le comex – soit les 14 principaux dirigeants – intègre d’ores et déjà 43 % de femmes, un cas unique au mode pour une entreprise de cette taille ! « Notre approche n’est pas de dire : nous allons prendre des femmes en dehors de l’entreprise. Nous avons une vraie culture de la promotion interne. Or, nos talents féminins arrivent moins vite et moins hauts dans l’entreprise. Nous devons changer la donne par la formation sur la diversité en général et la mixité en particulier. »

Changer les choses par les réseaux

Représenter les femmes sans pour autant exclure les hommes

Sodexo a donc développé des réseaux de collaborateurs, à la base féminins, mais qui ont évolué vers la mixité. Aujourd’hui, le groupe en possède une quinzaine dans le monde. « Nous disposons aussi de programmes de mentoring rapidement devenus mixtes aussi pour ne pas se montrer trop exclusifs : nous sur-représentons les femmes sans pour autant exclure les hommes !  » À l’image du SWIFT – Sodexo Women’s International Forum for talent – créé en 2009.

Prochaine étape : changer la culture de l’entreprise en la rendant plus flexible. Ainsi, si à l’origine, seules des femmes travaillaient ensemble dans le monde pour faire des propositions sur la place des femmes et comment l’améliorer, aujourd’hui, les hommes aussi se montrent forces de proposition. « Ce sont donc aujourd’hui les leaders business qui portent la mixité et agissent comme modèles. Ils mettent en place des actions dans leurs pays : donc la situation avance vite et fait effet boule de neige. »

Son message aux jeunes étudiantes et futures diplômées ?

« Il ne faut jamais lâcher et considérer que c’est un acquis. Si on arrête, les choses reculeront. Donc attention car les hommes aussi ont tout à y gagner : halte aux stéréotypes. Nous avons à gagner en mixité et nos enfants aussi. Il y a un côté ambitieux pour le monde. »

En tout cas, en matière de mixité, Sodexo semble ne pas manquer d’ambition !

Violaine Cherrier

Lire aussi

  • Interview de Marie-Christine Maheas, co-auteure de « Mixité, quand les hommes s’engagent ! »
  • Le témoignage de Cécile Bernheim, co-présidente du réseau PWN

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