Dans une lettre ouverte publiée le 15 juin, Jacques Paccard le Président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers interpelle, au nom des 30 000 ingénieurs Arts & Métiers, le Président de la République sur le projet de réforme de la gouvernance de l’ENSAM porté par le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

3 questions à Jacques Paccard, Président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers

 

Quelles seraient les conséquences de cette réforme ?

Le Conseil d’Administration aujourd’hui composé de 33 membres ne serait plus composé que de 30 membres. Les 8 Présidents de centres régionaux seraient remplacés par 5 personnalités extérieures nommées par le Ministère. L’influence décisionnelle des ingénieurs serait donc grandement diminuée et de fait, l’école s’éloignerait de la réalité de l’industrie.

Quel est leur rôle aujourd’hui ?

Ces industriels et chefs d’entreprises durablement implantés dans leurs régions connaissent les préoccupations et les besoins de formation des industries présentes sur leurs bassins d’emplois. Ils jouent un rôle essentiel de détection des problématiques industrielles en lien avec nos formations.

Pourquoi alertez-vous le Président de la République aujourd’hui ?

Si des universitaires nommés par le Ministère prennent la place des ingénieurs dans le CA de l’école, les problématiques inhérentes aux ingénieurs ne seront plus prises en compte. De même, s’ils n’occupent pas de responsabilités opérationnelles comme celles assurées par les présidents de centres régionaux aujourd’hui, leur manque d’implication sera inévitable. Nos statuts datent de 2012 et ont été modifiés en 2015 : pourquoi ne pas nous laisser le temps de juger de leur efficacité ? Les modifier c’est créer une situation transitoire dont nous aurons sans aucun doute du mal à nous relever. Enfin, il ne faut pas oublier que nous sommes des bénévoles en mission de solidarité avec les élèves. Cela nous fait mal d’être accusés des pires travers.

Propos recueillis par Clarisse Watine