Influer sur le cours des choses, travailler pour la haute fonction publique sans être passée par l’ENA, tel est le défi qu ’a relevé Valérie Champagne. Cette HEC 88, administrateur de l’Insee, inspecteur général des finances, a choisi le ferroviaire. Après avoir renégocié pour SNCF Transilien le contrat avec le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (Stif), elle a rejoint la direction de SNCF Infrastructure, où elle occupe la fonction de directrice de la Stratégie. Elle fait également partie de l’équipe de direction chargée de préfigurer le gestionnaire d’infrastructure unifié (*) voulu par le gouvernement.

Valérie Champagne (HEC 88, ENSAE 92), inspecteur général des finances, directrice de la stratégie, SNCF Infra.

Valérie Champagne (HEC 88, ENSAE 92), inspecteur général des finances, directrice de la stratégie, SNCF Infra.

Le goût de l’intérêt général
Volleyeuse désignée « sportive de sa promo » à HEC, Valérie Champagne s’inscrit en DEA d’économie et prépare le concours d’administrateur de l’Insee. Elle en sort en 1992 et intègre la Direction de la prévision au ministère de l’Economie, où elle travaille sur les problématiques d’ouverture à la concurrence. Elle y découvre le monde des transports, en particulier le secteur ferroviaire, un univers concret, ancré dans les territoires. Admise à l’inspection des Finances en avril 2002, elle « rentre à la tournée », soit quatre ans à enchaîner différentes missions de vérification, d’audit et de conseil. En septembre 2006, Valérie Champagne rejoint le directeur de Transilien pour renégocier de fond en comble le contrat avec le Stif, puis entre, mi- 2008, à SNCF Infra, « branche pointée du doigt pour son déséquilibre économique ». Un défi à relever et une occasion d’approfondir sa connaissance du ferroviaire. Elle s’attelle à la renégociation de la convention d’entretien du réseau qui lie RFF et SNCF Infra, ainsi qu’à la mise en place d’un plateau commun entre les deux entités, pour améliorer la performance du ferroviaire. Elle contribue également à nourrir les échanges des Assises du ferroviaire, lancées par le précédent gouvernement pour réformer le système. Nommée directrice de la stratégie en juillet 2012, Valérie Champagne s’inspire de la manière dont sont organisés les gestionnaires d’infrastructure d’autres pays pour faire progresser le système. Aujourd’hui membre de la direction mixte RFF-SNCF, elle apporte sa pierre à la construction en cours du gestionnaire d’infrastructure unifié (*).

 

Une « vision système »
« Le ferroviaire est un système. De nombreux sujets ne peuvent être traités avec la seule vision Infra. Si on regarde le fonctionnement d’un point de vue technique et opérationnel, la séparation complète entre les trains et le réseau est incompatible avec un système ferroviaire performant. C’est ma conviction profonde. »

 

« Mon leitmotiv :
ne pas m’ennuyer,
me faire plaisir.
Je n’aime pas les carcans, j’ai besoin
de liberté, de marges
de manoeuvre. »

Construire son poste à SNCF Infra
L’arrivée d’une femme non ingénieur à la direction de l’Infra a dû surprendre… Valérie Champagne a montré sa force de travail, sa capacité d’organisation : « J’ai appris à accrocher le très concret aux chiffres ou grandeurs que je manipulais, j’ai apporté de la rigueur dans le chiffre, fait parler l’équation économique de l’infrastructure  pour mettre en évidence que SNCF Infra est une entité où l’onréalise de la productivité. J’ai contribué à constituer un collectif, cela m’a permis de me faire respecter, de m’insérer. J’ai vraiment construit mon poste. A SNCF, j’ai toujours travaillé en réseau, en mode projet, en allant chercher les bonnes personnes, en m’appuyant sur elles. Mon leitmotiv est de ne pas m’ennuyer, de me faire plaisir, je n’aime pas les carcans, il me faut une forme de liberté, de la marge de manoeuvre, j’ai un peu bousculé les gens avec mon côté spontané, naturel, sans ambages. » « Les conceptions de carrières sont très masculines, je n’ai pas eu le temps de me mettre dans la dynamique de ‘‘SNCF au féminin’’, mais j’essaie de manière ponctuelle de pousser les jeunes femmes à avoir de l’ambition, à ne pas se fixer de barrières mentales, imposées peu ou prou par l’environnement. Je trouve compliqué de faire que dans un couple – avec trois enfants – les deux évoluent conjointement ; c’est complexe à gérer, cela dépasse le sujet du féminin. »

 

Chiffres clés SNCF Infra :
• 35 000 personnes • Plus de 50 000 km de voies

 

(*) Réseau ferré de France (propriétaire et gestionnaire du réseau ferré national), SNCF Infra (gestionnaire d’infrastructure délégué) et la Direction des circulations ferroviaires, jusque-là séparés, ont entamé un processus de rapprochement dans le but de former un gestionnaire d’infrastructure unique d’ici à 2015.

 

A.M.O

 

Contact
valerie.champagne@sncf.fr pascal.travers@sncf.fr