Sous ses airs timides, Agnès Happy est une vraie nature, ambitieuse et déterminée. En 3ème année à l’ISEP, elle cultive depuis toujours l’envie d’apprendre et d’entreprendre. Elle a enfin osé planter sa graine début 2018 ; et elle porte ses fruits ! A tout juste 22 ans, Agnès est à la tête d’une entreprise fertile : une ferme sociale et connectée en plein cœur du Cameroun, son pays d’origine. Rencontre.

 

Enfant de la startup nation

Agnès, biberonnée aux idéaux de l’entrepreneuriat, a des projets plein la tête. Bien décidée à les concrétiser, elle savait déjà où s’orienter. Après une prépa, c’est l’ISEP, l’école d’ingénieurs du numérique à Paris. « J’ai choisi l’ISEP pour son ouverture internationale et sa formation au numérique, mais surtout pour son penchant pour l’entrepreneuriat », insiste-t-elle. Un critère déterminant pour la jeune femme, qui s’est spécialisée en télécommunications et IoT. « C’est un secteur porteur et diversifié qui apprend à concevoir des objets connectés, en extraire les données et les traiter de façon appropriée », explique Agnès. L’élève-ingénieure se fait remarquer par l’ardeur de ses idées. Elle cogite, teste l’incubateur de l’école puis se lance. « Je voulais déjà monter ma propre entreprise en Afrique. Grâce à l’aide de l’école, j’ai pris confiance en moi et j’ai foncé cette année. Ce que j’apprends en cours m’a permis de rendre mon projet viable. »

Agriculture 4.0

Son projet puise ses racines dans son histoire familiale. En février 2018, Agnès a décidé de reprendre la ferme de son père au Cameroun. A l’abandon, il lui laisse le champ libre pour la réhabiliter. Aucun doute : Agnès veut mettre à profit son expertise en objets connectés. Avec les nouvelles technologies, la ferme du futur se dessine et l’étudiant veut y prendre part. « Pour commencer, j’ai relancé l’activité agricole avec l’élevage de poulets. Depuis j’essaye d’installer des capteurs pour gérer les données concernant les animaux et des panneaux solaires pour que la ferme fonctionne seule dans le respect de l’environnement », présente-t-elle, experte en la matière. Son nom ? Le ranch de Bwassalo, nom du village dans laquelle il se situe. Un lieu d’ailleurs reconnu au Cameroun comme point convergent des produits issus de l’agriculture. Aujourd’hui, la ferme compte 5 000 poussins et 6 employés.

La main tendue

Dans l’agriculture, tout le monde sème. Agnès met un point d’honneur là-dessus. « L’objectif principal de cette ferme c’est de permettre à des locaux d’avoir un travail, quel que soit leur âge ou leur statut social. Des personnes âgées au savoir-faire exceptionnel ont beaucoup à transmettre aux plus jeunes, qui malheureusement éprouvent des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Ensemble, ils sont plus forts », explique convaincue l’entrepreneure. Un engagement toujours plus fort. « La rencontre avec les employés de la ferme a été une révélation. Il y avait beaucoup de respect et de partage entre nous. J’essaye de leur apporter autant qu’ils m’apportent. »

Une petite ferme aux grandes ambitions

Son projet, l’élève-ingénieure compte bien le porter à maturité. Pas question de se reposer sur ses lauriers. « J’ai investi mes propres économies dans ce projet et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin ». Elle espère rendre totalement autonome  sa ferme connectée d’ici cinq ans. Autres projets : faire certifier ses poulets, développer une chaîne de vente propre à la ferme et pourquoi pas ouvrir un restaurant qui en cuisinerait les produits. « Toujours dans l’optique d’aider les gens ! », précises Agnès. Vu sa force de conviction, elle prépare un futur radieux pour le ranch de Bwassalo.

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