Créée l’an passé à l’initiative de l’Etat, la Société de Financement Local donne aux collectivités locales et aux hôpitaux les moyens financiers de réaliser leurs investissements. En plein essor, cette structure dynamique et conviviale propose des parcours passionnants de diversité aux jeunes diplômés. Rencontre avec François Laugier (X85, Ponts 90), son Directeur Général Adjoint.

 

Pourriez-vous nous expliquer quelles sont les missions de Sfil ?

L’établissement a en effet été créé en février 2013 à l’initiative de l’Etat qui en détient 75 %, 20 % appartenant à la Caisse des Dépôts et les 5 % restants à la Banque Postale. Sa mission est d’assurer aux collectivités locales et aux hôpitaux l’accès, dans des conditions satisfaisantes, aux prêts à long terme qui sont indispensables à leur politique d’investissement et à leur développement. Ce qui, depuis la crise de 2009, était devenu difficile. Or, ces investissements représentent 70 % de l’investissement public annuel, à hauteur de 50 milliards d’euros. Nous avons donc trois missions principales : la Banque Postale commercialise des prêts dont nous assurons le refinancement en empruntant à long terme sur les marchés internationaux, sachant que toutes nos émissions obligataires s’effectuent via notre filiale, la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL). Nous fournissons des prestations multiples à la Banque Postale pour lui permettre d’exercer ses missions et, enfin, nous accompagnons les collectivités locales qui souhaitent se séparer d’un certain nombre de crédits structurés qui peuvent peser sur leur situation financière. Tout cela constitue un ensemble complexe et sophistiqué mais extrêmement utile.

Quels objectifs Sfil se fixe-t-elle pour les temps à venir ?

2013 était notre première année d’activité où il a fallu mettre la machine en route et voir si elle fonctionnait. Tel est bien le cas et nous avons dépassé nos objectifs sur l’ensemble de nos missions. Notre bilan fin 2013 était de 83 milliards, nous avons levé plus de 3 milliards d’euros au cours de cette première année, réalisant ainsi notre objectif annuel en 3 mois, et notre produit net bancaire s’est élevé à 150 millions. Mais au-delà des chiffres, il s’agissait surtout de mettre en place des équipes et des mécanismes capables de gérer nos missions, lesquelles présentent une combinaison assez rare, réclamant des savoir-faire particuliers. Nous y sommes parvenus et poursuivons depuis notre montée en puissance.

Quel a été votre parcours jusqu’ici ?

J’ai commencé par du conseil durant 4 ans, ce qui constitue une bonne école pour apprendre à raisonner, travailler en équipe et convaincre. Suite à la rencontre de managers qui m’ont donné envie de travailler avec eux, je suis passé dans la finance, m’expatriant également un temps par volonté d’avoir une expérience internationale. Enfin après 5 années consacrées essentiellement à la gestion de la crise financière et de ses conséquences, j’ai rejoint Sfil où le « chantier » de création d’une entreprise aussi utile à structurer, lancer et développer m’a vraiment séduit.

Qu’est-ce qui vous passionne au quotidien ?

J’ai la double casquette classique de ce poste : un périmètre de responsabilité personnel incluant tout ce qui concerne les aspects de la finance, du risque et de l’opérationnel, et une fonction plus globale de pilotage, menée naturellement en accord avec le Pdg. C’est passionnant d’une part parce que cela offre deux angles d’intervention, l’un stratégique et l’autre plus opérationnel, et, d’autre part, parce que la mission possède des aspects techniques et humains passionnants en eux-mêmes ; sentir que l’on accomplit, tous ensemble, quelque chose de vraiment utile constitue une motivation forte.

Quels profils recherchez-vous ?

Tous les métiers de la banque : finance, gestion, ingénierie financière, gestion des risques et des projets ainsi que tout ce qui va autour : RH, informatique, juridique, communication, audit… une grande variété de métiers pour lesquels nous recherchons des gens curieux, possédant le sens de l’intérêt général, capables de s’adapter, évoluer, passer d’un secteur à l’autre pour approfondir leur connaissance de l’entreprise ; ce mouvement créant une dynamique encore renforcée par le fait que nous travaillons volontiers de manière transversale, sur des circuits courts, avec un management très accessible.

Votre objectif initial en termes d’effectif était de 416 collaborateurs. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

A 350 personnes. Nous en avons recruté 40 en 2013 dont 24 jeunes diplômés (CDI, CDD, alternance) et nous aurons, je pense, des besoins permanents de recrutement de jeunes talents.

« On dit beaucoup que les jeunes diplômés doivent séduire les dirigeants. Mais la réciproque est également vraie ! » Dieynaba Ndoye

Le poste de DGA implique une dimension managériale évidente. Avez-vous été préparé à cet aspect de la fonction et quelle est votre propre conception du management ?
Je n’y ai pas vraiment été préparé par ma formation, non ; j’ai appris de l’exemple donné par mes managers successifs. Ensuite, dès que l’on a un certain vécu de ce côté, on peut compléter par des formations au sein de l’entreprise, même s’il convient avant tout, je pense, de savoir tirer les leçons de sa propre expérience, et aussi bien sûr de ses erreurs. Cela dit, le mentoring, le coaching et toutes les formes de compagnonnage qui se développent maintenant en entreprise, me paraissent excellentes. Je suis personnellement très à l’écoute, recherchant le plus possible le consensus et l’adhésion de mes collaborateurs.

Au regard de votre propre expérience, quels conseils donner aux jeunes diplômés qui vont effectuer leurs premiers pas professionnels ?
Justement, je dirais : travaillez avec des gens qui vous donnent envie, que vous respectez et que vous avez envie de suivre ; tout en développant un savoir-faire particulier, un domaine d’expertise personnel qui assurera votre crédibilité et votre ancrage technique.

Le point de vue des jeunes recrues
Agathe Combourieu (Essca 08)
Son parcours : 1 an ½ chez L’Oréal, 1 an ½ dans le conseil en marketing et un an chez Dexi comme acheteuse.
Son intégration : J’ai été recrutée comme responsable des achats et voulais rejoindre Sfil pour participer à cette aventure d’une entreprise qui se créée dans une dynamique collective unificatrice ; ce qui a d’ailleurs été 100 % validé ! Mon intégration s’est d’autant mieux passée que la com est rapidement venue me chercher : ils créaient le site web et souhaitaient que je les épaule sur leur appel d’offres… Un exemple parmi d’autres de l’esprit d’équipe qui règne en interne.
Ce qui l’a surprise dans le monde du travail : A quel point, pour mener un quelconque projet, on a finalement besoin de tas d’autres compétences et de cette fameuse synergie.


Dieynaba Ndoye (Audencia Nantes 08)
Son parcours : Contrôleuse risque durant 1 an, 5 ans dans l’audit bancaire.
Son intégration : Je voulais participer à l’aventure de cette création et surtout entrer dans des sujets plus techniques, ce que je fais justement à Sfil en tant que responsable des normes comptables. Concernant l’intégration, tout comme Agathe, puisqu’on est une petite structure, je me suis vite retrouvée embarquée dans des tas de projets et collaborations différentes.
Ce qui l’a surprise : A la sortie de l’école, alors qu’on pense « tout » savoir, combien il reste en fait à apprendre. D’où l’importance de choisir une structure où l’on pourra se former, grandir et évoluer ; comme ici.

Contact : http://www.caissefrancaisedefinancementlocal.fr/FR/SFIL/recrutement/Pages/default.aspx