L’engagement est mis à l’honneur par le Président de la République en 2018. 2018, c’est aussi l’anniversaire des 8 ans du service civique qui connaît un grand succès avec 125 000 jeunes volontaires en 2017. Qu’est-ce qui suscite leur enthousiasme ? Principalement deux choses : le souhait d’être utile et l’opportunité d’une expérience professionnalisante. Quel regard porte la société sur cet engagement citoyen ? Les entreprises le valorisent-elles en matière de recrutement ? Toutes ces réponses et d’autres encore nous ont été dévoilées lors des premières Rencontres du service civique le mardi 6 mars 2018.

 

Volontaires de la première promotion ou actuellement en mission, ont unanimement évoqué une expérience très riche. Tant au plan humain avec des rencontres hors normes, que personnel et professionnel. Ainsi Anne-Lise raconte que sa mission « au service jeunesse de la Mairie d’Evry, m’a permis de me mettre au service de ma ville, de rencontrer des jeunes qui n’ont pas ma chance. J’en suis sortie grandie. Je recommande le service civique, tous les jeunes devraient le réaliser ! » La jeune femme qui travaille désormais dans l’humanitaire a aussi insisté sur le sentiment d’utilité via son engagement.

Une aventure humaine et professionnelle

Grégory a livré un beau témoignage sur « une aventure, plus qu’une activité ». Venu d’un quartier dit prioritaire, « pas facile, j’estime que nous avons plus notre place dans un service civique qu’à tenir les murs ! Merci à Unis Cité qui m’a permis de vivre cette aventure ! »

Tandis que d’autres évoquent « un pivot de mon parcours » ou « le service civique m’a permis de mettre des mots sur mes compétences », Maxime devenu éducateur, parle de tremplin. « Le fait qu’on me fasse confiance m’a beaucoup valorisé. Je n’avais pas de diplôme, et avoir fait un service civique a été un grand atout sur mon CV. » Un autre jeune homme a parlé « d’un bébé service civique », né de sa rencontre avec sa compagne lors d’une mission !

 

Besoin de reconnaissance et de valorisation

Réalistes, ils évoquent néanmoins des freins avec le ministre Blanquer, à leur écoute lors d’une séance de discussion. Pas assez encadrés ou à l’inverse trop, et de fait dénués d’initiative et d’autonomie dans leurs actions, les jeunes racontent aussi que parfois la mission ne correspond pas à ce qui avait été convenu. Ils demandent surtout à ce que leur engagement au service des autres et de l’intérêt général soit plus valorisé par la société et les recruteurs.

Jean-Michel Blanquer et des volontaires du service civique

Jean-Michel Blanquer échange avec les volontaires du service civique

Le ministre Blanquer a confirmé que tous ces freins étaient connus et que l’Agence du service civique œuvre à faire évoluer la situation. Il a également annoncé que « dans le cadre de la réforme du bac, le service civique sera valorisé dans un supplément au diplôme mais aussi dans la perspective d’une année de césure et de l’orientation post-bac. Je veux redonner confiance à tous ces jeunes qui s’engagent dans la société, sont optimistes, ont envie d’être forces d’initiative. Nous devons clairement donner un rôle d’accès à l’emploi du service civique en tant qu’expérience professionnelle. »

S’assurer de la qualité du service civique est l’un des trois grands défis pour 2018 évoqués par le président de l’Agence, Yannick Blanc. Deuxième priorité : valoriser le service civique, notamment auprès des recruteurs (voir plus bas). Troisième priorité, créer un corps européen de solidarité « porté par la France, devenue le premier pays d’Europe par le nombre des jeunes volontaires ».

Un vecteur d’émancipation et de confiance

Jean-Michel Blanquer a aussi rappelé que si la jeunesse est rattachée à son ministère ce n’est pas un hasard. « Je porte le service civique avec grande fierté. Car il est la clé pour deux idées fondamentales que je défends : faire entrer les jeunes dans un esprit de confiance et les mener à la conquête de leur émancipation. En développant leurs compétences, en s’engageant, ils gagnent leur liberté, en discernement, en lien social, et se projettent vers l’avenir. Le service civique est l’école de l’engagement, de la persévérance, de la découverte et de l’estime de soi. » Il est aussi pour le ministre un «  vecteur de cohésion nationale à encourager. » Le service civique est enfin « le grand frère du futur service national que nous voulons pour l’ensemble de la jeunesse ».

Les chiffres
2010 : année de création du service civique
270 000 volontaires en 8 ans
10 000 structures d’accueil publiques ou associatives partenaires
125 000 jeunes engagés en 2017 / ils étaient 10 000 en 2010
150 000 visés pour 2018
1er pays d’Europe en nombre de jeunes volontaires
https://www.service-civique.gouv.fr/ (refonte du site prévue en 2018)

Le service civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général
Ouvert aux 16-25 ans, il est élargi à 30 ans aux jeunes en situation de handicap
Accessible sans condition de diplôme
Rémunéré 580 € net par mois
Il s’effectue en France ou à l’étranger pour une durée de 6 à 12 mois
Ses atouts : acquérir une expérience, définir un projet d’avenir, développer son savoir-être et sa confiance en soi, être utile

Une campagne pour entériner le succès du service civique

« Le sens de notre campagne repose sur un constat : en s’engageant, les jeunes volontaires rendent service à la communauté, apprennent en même temps. Nous devons donc faire comprendre à la société qu’il faut valoriser leur engagement » a déclaré le président Banc. Car si le service civique change le regard des jeunes sur la société, il peut être un levier pour faire changer le regard de la société sur les jeunes.

Pour visionner le film de campagne c’est par ici : https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=jfUpxM-cPp4

La campagne s’adresse au grand public. Elle sera diffusée à la télévision, sur le web, dans les gares. 370 millions de contacts sont ainsi prévus. La campagne #LePouvoirDetreUtile est fondée sur l’écoute et les témoignages de jeunes en mission, une création authentique avec l’intervention de vrais volontaires. Ils font part de leur vécu de #LePouvoirDetreUtile sur une variété de terrains : sport, école, hôpital, auprès de personnes âgés isolées ou dans la rue, d’un parc naturel. Le service civique c’est « une mission pour chacun au service de tous ». Un volontaire ayant œuvré à la parentalité avec la Croix Rouge a témoigné avoir réalisé ce tournage « pour eux ! », enfants et parents pour lesquels il s’est engagé.

L’enthousiasme des entreprises

La reconnaissance du dispositif comme élément de professionnalisation et de développement de compétences et savoir-être utiles en entreprise se confirme. Pour la première fois cette année dans son enquête sur la perception du service civique dans la population, l’Ifop a aussi interrogé des DRH et RRH. Et bonne nouvelle : ils sont 75 % à percevoir le service civique comme un atout dans le parcours d’un jeune ; mais aussi 64 % à déclarer que la réalisation d’un service civique peut les inciter à recruter un jeune.

Des responsables d’entreprises sont venus exprimer leur sentiment et leur engagement vis-à-vis du dispositif et des jeunes qui s’y engagent. Chez Casino, « nous nous intéressons aux compétences développées par les jeunes en service civique, a déclaré Matthieu Riché, directeur RSE du groupe. C’est le cas de leur capacité à entrer en contact avec le public. »

Adecco France, Groupe Casino et Up Group s'engagent à valoriser le service civique

Adecco France, Groupe Casino et Up Group s’engagent à valoriser le service civique

Une expérience qui parle à l’âme du recruteur

Christophe Catoir, PDG d’Adecco France a lui aussi décrit la qualité des apprentissages informels réalisés par les jeunes volontaires. « Ils entrent dans la réalité, développent leur capacité à s’exprimer. » Il a souligné le caractère avant-gardiste du dispositif pour un grand recruteur comme son Groupe. « Considérer et valoriser le service civique, c’est l’expérience du nouveau monde pour un recruteur à l’inverse de l’examen des CV et le critère du diplôme qui appartiennent au passé. »

Il s’est enfin adressé aux volontaires en insistant sur le fond de leur engagement, « lorsque vous réalisez un service civique, vous en choisissez le sens qu’il revêt pour vous. En expliquant le sens de votre expérience au recruteur, vous parlez à l’âme. » Encore faut-il que les jeunes gens sachent bien identifier et exprimer les compétences qu’ils ont développées et que les recruteurs comprennent et connaissent le service civique. Adecco France, Casino et Up Group font figure de pionniers en signant ce soir la Charte d’engagement pour la valorisation et la promotion du service civique dans les entreprises. Ils sont également les premiers membres du Club de valorisation du service civique. D’autres entreprises se montrent intéressées par la démarche comme la Fondation Deloitte, La Poste et le Groupe Bolloré. http://www.mondedesgrandesecoles.fr/le-service-civique-incarne-le-monde-de-demain/