Plus question de se boucher le nez. Pedro Affonso Nobrega, 27 ans, s’attaque aux mauvaises odeurs industrielles. Le doctorant tente en effet de trouver LA solution pour réduire ces pollutions olfactives. C’est le sujet de sa thèse au sein du Centre PERSEE (Procédés, Energies Renouvelables et Systèmes Energétiques), centre de recherche MINES ParisTech basé à Sophia Antipolis. Portrait d’un chercheur au service de l’air.

 

De Rio à l’Hexagone

Pedro grandit sous le soleil de Rio de Janeiro, au Brésil. Alors étudiant en ingénierie mécanique à l’Université Fédérale de Rio, il s’envole pour Paris en 2010. Le brésilien est sélectionné sur dossier pour intégrer un double-diplôme d’ingénieur en partenariat avec CentraleSupélec (ex-Centrale Paris). Lorsqu’il retourne dans son pays natal pour finir ses études, le jeune homme n’a qu’une idée en tête : retourner en France. En 2013, le voilà de nouveau parmi les frenchies. « Je voulais rejoindre ma copine dans le Sud mais aussi me lancer dans la recherche. En France, c’est beaucoup plus simple et surtout moins long qu’au Brésil où il faut compter 4 ans de thèse », indique Pedro.

Passion recherche

« J’ai eu envie de m’orienter vers la recherche après mon stage dans la modélisation numérique car cela m’a plu d’étudier un sujet à fond », se souvient Pedro. Provisoirement consultant chez Altran, le jeune diplômé saute sur l’occasion lorsqu’un chercheur aux MINES lui propose de soutenir une thèse sur la dépollution industrielle et olfactive. « J’étais ravi, la recherche me manquait trop et le sujet était parfait pour moi. Je suis très sensible aux problèmes environnementaux », explique-t-il. En octobre 2015, Pedro rejoint donc le centre de recherche PERSEE MINES ParisTech à Sophia Antipolis sous la direction de Laurent Fulcheri.

A bas les mauvaises odeurs

Traiter les émanations nauséabondes causées par des composés organiques industriels, Pedro en fait son affaire. « Les composés organiques volatils comme les vapeurs d’essence et les solvants peuvent sentir très mauvais. Aujourd’hui, impossible de régler le problème avec les technologies traditionnelles. J’essaye donc de mettre au point une solution totalement innovante ». Le doctorant a conçu un réacteur plasma : ce prototype émet des décharges électriques qui chauffent les molécules malodorantes, les transforment en plasma (état neutre) et les détruisent presque totalement. « Les résultats sont plutôt bons pour le moment », déclare-t-il. Entre travail de laboratoire et tests sur le terrain, ses recherches sont une vraie avancée pour contrer les nuisances industrielles.

Part en thèse

C’est le fruit d’un travail de trois longues années. Après l’étude bibliographique du sujet en première année et la matérialisation du projet en deuxième année, Pedro entame la synthèse de ses résultats. Dernière étape : la soutenance à la fin de l’année 2018. « Au début, j’avais un peu peur de m’ennuyer en travaillant toujours sur la même chose mais finalement chaque étape de la thèse est différente et apporte son lot d’expertise », reconnait-il, avant d’ajouter que c’est aussi beaucoup de stress. « Il faut faire des choix en temps limité et on ne peut jamais être sûr des résultats ». Son conseil pour les futurs thésards ? « Ne prenez jamais les mauvais résultats pour des échecs personnels. Vous passerez forcément par des moments de doutes mais ne vous laissez pas submerger par la pression, la déception ou l’obsession. Sachez prendre du recul ». Après sa thèse, le doctorant aimerait rejoindre le département Recherche & Développement d’un industriel français. Chercheur un jour, chercheur toujours.

 

Aux urnes, jeunes citoyens !