C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je ? C’est un outil de travail ! Être « nez », plus qu’un métier, une passion, en est persuadée la parfumeuse grassoise qui fleurit au sein de Symrise. Dans le sillage de Marine Ipert.

 

Madeleine de Proust

Marine Ipert, diplômée de l’ISIPCA, vient de réaliser son rêve grâce à la formation interne de Symrise : devenir parfumeur-créateur.

Marine Ipert, diplômée de l’ISIPCA, vient de réaliser son rêve grâce à la formation interne de Symrise : devenir parfumeur-créateur.

A 31 ans, Marine a réalisé son rêve : devenir parfumeur-créateur. « Originaire du Sud de la France, j’ai baigné très jeune dans la culture grassoise des odeurs et la fête des fleurs de saison », raconte-t-elle. Un coup de foudre pour la puissance évocatrice des senteurs. « Elles nous font voyager à travers le temps. Elles nous rappellent hier et expriment ce que nous sommes aujourd’hui. A chacun sa madeleine de Proust ! » Le monde pour source d’inspiration. Scientifique dans l’âme, elle suit des études de chimie en master universitaire puis à l’ISIPCA – l’école phare des métiers du parfum, de la cosmétique et des arômes. Un bouquet de cours en toxicologie, marketing, contrôle qualité, formulation de parfum… Simple avant-goût. « Pour devenir parfumeur-créateur, un diplôme d’Etat ne suffit pas. Comme le barreau pour un avocat ou l’internat pour un médecin, il faut suivre une formation professionnelle avec un parfumeur senior », informe Marine.  La jeune diplômée intègre donc Symrise, n°3 mondial dans la vente de compositions parfumées. D’abord en tant que chef de projet, puis en formation d’apprenti-parfumeur. Les choses sérieuses commencent !

Au parfum

C’est parti pour 4 ans de training à temps plein. Direction l’Allemagne pour les deux premières années, à Holzminden, « une zone historique pour Symrise qui a créé ses premières compositions ici ». Marine réapprend les bases. « On apprenait par cœur les matières premières pour mieux les reconnaître lors d’une composition de fragrance, comme le ferait un musicien avec son solfège », se souvient-elle. Puis la promo de trainees enchaîne deux ans en stage interne aux quatre coins du monde. Marine n’ira pas loin : « j’ai été tutorée pendant un an sur Paris par une parfumeuse senior : Aliénor Massenet, à l’origine de grands parfums comme Only the brave de Diesel ou Trésor in love de Lancôme. » Elle finit par un focus sur les produits beauty care (shampoing, déodorant, gel douche…). Diplômée promo 2019 !

La réussite à plein nez

Dans la journée, Marine sent en moyenne une cinquantaine d’odeurs. « Chez Symrise, je peux m’épanouir dans les histoires que je veux raconter. Je fais ce qui me plait et dans chaque effluve, j’essaye de mettre un peu de moi », affectionne-t-elle. Objectif : trouver SA signature olfactive. Un accord qui marque les esprits.

Nez, les professionnels qui ont du flair !

« Pas besoin de prédisposition naturelle, Il faut surtout s’entraîner et s’inspirer de tout ce qui nous entoure : un tableau, une musique, un plat, un voyage… » Passion, curiosité et persévérance : les trois mots d’ordre pour devenir nez selon elle. « 10 ans de formation, c’est long mais ça vaut le coup in fine », rassure-t-elle. Cependant, le métier a beaucoup changé reconnaît-elle. Parfumeur, un homme chimiste, en blouse blanche, dans son laboratoire parmi des milliers de fioles ? FAUX. « J’ai quelques fioles bien sûr mais je travaille surtout sur ordinateur, en équipe avec une laborantine et je voyage beaucoup pour m’immerger dans d’autres cultures et tâter le marché étranger. » Alors qu’aux Etats-Unis, on aime les odeurs gourmandes et fruitées, en Russie on est plutôt sur des odeurs fraîches. Marine se met toujours au parfum des nouveautés. Pour créer, un jour peut-être, le parfum que vous porterez !

 

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