Marion Thomas mène une double-vie ! Étudiante en génie industriel à Grenoble INP, elle est également l’une des meilleures grimpeuses sur glace du monde, se classant même dans le Top 5 lors de la dernière Coupe du Monde à Denver. Portrait.

Attirée depuis toujours par « la verticalité et la richesse des mouvements que procure l’escalade », Marion Thomas pratique depuis ses huit ans. Quinze ans plus tard, elle fait partie des dix meilleures grimpeuses sur glace du monde et atteint le podium en Europe où elle est deuxième.

Marion Thomas, élève ingénieure et grimpeuse © Alexis Berg

Marion Thomas, élève ingénieure et grimpeuse © Alexis Berg

Face au mur

Classée septième sur la scène internationale, Marion Thomas s’est récemment illustrée lors de la Coupe du Monde de Denver 2019 où elle est arrivée cinquième. « C’était un événement magique, un vrai show à l’américaine où un public constitué de plus 22 000 personnes était en symbiose totale avec les grimpeurs. » Et face à un mur, comme à la foule, Marion Thomas n’a pas le vertige. « Pour ce genre de compétition, j’arrive à transformer mon stress en quelque chose de positif, pour que l’esprit et le corps ne fassent plus qu’un. » Un enjeu complexe, qui nécessite une force mentale à toute épreuve. « Pour me préparer, je fais du qi gong et de la visualisation mentale. Je me prépare en répétant mes mouvements, comme si j’étais sur le mur. Lorsque je commence mon épreuve, c’est comme si j’avais déjà grimpé sur cette voie. » Une technique aujourd’hui bien utile dans son quotidien d’étudiante.

En prise avec ses deux passions

La force de Marion Thomas ? Gérer aussi bien son stress dans son sport que dans sa vie. « Il faut dompter l’adrénaline et réussir à s’adapter pour être focus à 100 % sur le moment présent. C’est une qualité que j’exploite en escalade, mais aussi en examen et sûrement dans ma future entreprise. » Car entre le métier d’ingénieure et la passion pour l’escalade, il n’y a qu’un pas ! « Dans mon double projet ; beaucoup de compétences transverses comme la gestion de projets. Comme dans ma formation, l’escalade sur glace nécessite de se donner les moyens pour atteindre ses objectifs, car c’est un sport jeune qui nécessite de trouver par soi-même de nombreux soutiens. » Son premier soutien ? La Fondation Grenoble INP ! « Je ne pourrais pas aller sur le circuit des compétitions mondiales sans la fondation de mon école qui m’aide beaucoup financièrement. Et ce ne sont pas les seuls. Si je peux vivre pleinement ma passion aujourd’hui, c’est aussi grâce à Planetgrimpe , dont je suis l’ambassadrice, et à Simond Chamonix qui fournit mon équipement. » Mais si elle gravit aujourd’hui les sommets, Marion n’oublie pas pour autant sa vie à Grenoble INP. Au contraire, elle s’imagine plus ingénieure que grimpeuse. « C’est un métier qui me passionne. J’avoue être particulièrement attirée par la supply chain qui offre une supervision globale sur tout le process de fabrication des produits. Et même si, plus tard, j’espère pouvoir trouver un métier qui allie ma formation et ma passion, je ne me ferme aucune porte. »

Le souvenir marquant « J’ai grimpé une falaise de 600 m à Taria au Maroc, avec trois amis. Une épreuve très dure pour moi, dans une zone excentrée, dont le paysage ne nous permet pas d’être facilement  secourus. J’ai dû trouver des ressources inespérées et me dépasser. »

La plus belle falaise « C’était au Maroc, lorsque nous avons escaladé un big wall [falaise dont l’ascension nécessite plusieurs jours, NDLR] de 1000 m. Nous avons mis 3 jours à grimper et avons passé 2 nuits suspendus à flanc de montagne. C’était magique. »

Marion au top de sa discipline !

6e mondiale en vitesse et 7e en difficulté en 2019

5e  à la Coupe du Monde de Denver

2e au classement européen

Suivez les aventures de Marion sur son site : marion-thomas.fr