Romane Brière-Rome, étudiante à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a remporté en mai 2018 le prix du meilleur espoir au concours international d’éloquence organisé par son université. Une belle récompense pour cette jeune femme qui veut utiliser sa voix comme une arme d’expression massive. Portrait d’une oratrice qui n’a pas sa langue dans sa poche.

 

On naît poète, on devient orateur

C’est ce qu’affirmait Cicéron, homme d’état romain et rhéteur remarquable. Cette citation résume bien le parcours de Romane, 19 ans. Sous ses apparences timides, cette étudiante en double licence sciences politiques et philosophie sait manier la joute verbale. « C’est le documentaire À voix haute qui m’a fait découvrir l’art oratoire. Je me suis rendue compte que la parole est une force, un gage de transmission. C’est ce qui m’a donné envie d’apprendre cette discipline », raconte-t-elle. Sans hésitation, dès son entrée à la fac, elle s’est ainsi inscrite dans l’association FFDE (Fédération Française de Débat et d’Eloquence) ; où elle semble y avoir trouver sa voix.

Concours international d’éloquence

« Quand je suis montée sur scène, plus rien ne comptait. Je me sens incarnée quand je parle devant une assemblée », s’émerveille encore Romane. Sa participation au concours international d’éloquence de Paris 1 Panthéon-Sorbonne était une évidence. 130 participants de France et d’ailleurs et quelques minutes de présentation pour convaincre. La mort mérite-t-elle d’être vécue ? Les paresseux sont-ils éteints ? Sommes-nous des enragés ? Les sujets sont aussi variés que philosophiques. Il s’agit de discourir certes, mais aussi de pousser la réflexion. En finale, entre les murs du Panthéon, parmi des hommes et des femmes qui se sont aussi illustrés par leurs discours, Romane a exposé ses arguments sur le sujet suivant : La plume plutôt que le pavé ? « Avec le pavé vous ne risquez pas de vous faire plumer ! », a brillé l’étudiante devant le jury. Son éloquence et sa virtuosité littéraire lui ont valu le prix du meilleur espoir de la compétition.

Des paroles et des actes

Mais sa meilleure victoire reste les retours très positifs qu’elle a obtenus de la part du public. « Beaucoup de personnes sont venues me voir à la fin du concours pour me dire qu’elles avaient apprécié et compris mon discours. » Pour Romane, l’éloquence permet de faire passer des émotions, de se révéler aux autres mais aussi de révéler aux autres ce qu’ils peuvent ignorer. C’est le moyen de parler de sujets importants pour éveiller les consciences. « Je veux faire résonner ma voix pour que mon message soit entendu », espère l’étudiante.

Sans langue de bois

Son message ? Combattons les préjugés sociaux ! Originaire du département de Seine-Saint-Denis, Romane a fait une partie de sa scolarité dans un lycée périphérique avant de rejoindre une classe du prestigieux lycée Henri IV à Paris. « J’ai constaté une telle différence dans la façon de s’exprimer entre là où j’habite et là où j’ai étudié. Mais rien ne sert de juger les gens sur ce critère. » D’après Romane, la prise de parole en public ne doit pas être considérée comme l’apanage des personnes issues de familles huppées. « Quel que soit son milieu social, son sexe, sa religion ou la façon dont on parle, tout le monde a des choses à dire », soutient-elle. Peu importe les codes prédéfinis sous une bannière sociale, partager et transmettre c’est l’essentiel. « C’est cela la vraie éloquence ! » Une rage de dire.

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