Changer de vie
Et si ce slogan n’avait rien d’illusoire ? L’époque où l’on passait 30 ans ou plus dans la même entreprise est révolue. Et, l’espérance de vie étant plus longue, rien n’interdit désormais de changer de route après des années passées dans un secteur d’activité. Un sujet que Séverine Valette connaît bien. Après avoir été visiteuse médicale pendant 12 ans, elle a choisi de quitter ce secteur d’activité en récession. « J’ai repris mes études et j’ai obtenu un Master en management. J’ai été démarchée, il y a un an et demi par l’école de commerce l’INSEEC Bordeaux. Aujourd’hui, j’accompagne les étudiants en Masters dans leur recherche de stage. Se reconvertir, c’est la marque d’un certain dynamisme, mais cela ne s’improvise pas. Il faut au moins un an pour se remettre en question. » La reconversion professionnelle n’est plus un taboue pour les salariés du privé. C’est ce qui ressort d’un sondage Ipsos réalisé fin 2012 pour l’Association pour la formation professionnelle des adultes. Ainsi, parmi les personnes ayant déjà changé d’activité au cours de leur carrière, 71 % le voient positivement, parlant de « nouveau départ ». Cette partie de la population salariée a parfaitement conscience de l’importance de la mobilité professionnelle dans le monde du travail aujourd’hui. « Dans la mesure où l’emploi à vie n’existe plus et où la crise nous invite à une remise en question très rapide, la notion de reconversion prend tout son sens, assure Séverine Le Loarne, Chercheur à Grenoble Ecole de Management. Aujourd’hui, beaucoup d’individus souffrent au travail et expriment leur rasle- bol. « Il y a beaucoup de reconversions car l’emploi traditionnel dans la grande entreprise ne permet pas un grand épanouissement. Les promesses ou les attentes ne sont pas tenues, donc beaucoup lâchent leur activité salariée pour faire autre chose. »
C’est ce qu’à fait Stella Badach, 35 ans. Titulaire d’un DEA de droit privé à la faculté de Nice, elle a choisi d’élever ses enfants, avant de devenir professeur des écoles…et de démissionner l’an dernier. Aujourd’hui, elle a co-fondée avec une amie son entreprise de conseil en décoration d’intérieur et en communication visuelle, tandemdeco.com. « C’est un nouveau challenge et une façon de m’épanouir pleinement. C’est un peu la seconde partie de ma vie qui commence ! »

 

Remise en question
Si les reconversions heureuses existent, il ne faut pas sous-estimer les obstacles, ni donner des recettes toutes faites. C’est le message de Stéphanie Lavie, 36 ans qui, après avoir été pendant 11 ans, directrice marketing dans la cosmétique à Valence, a choisi, en 2011, de démissionner pour suivre son conjoint à Bordeaux. Faute de débouchés, elle a opté pour un Master en Ressources Humaines et, depuis six mois cherche un emploi. « Changer de métier, c’est une grosse remise en question. Il faut être conscient des conséquences sociales et être accompagné personnellement et professionnellement. »
Si chaque parcours est singulier, beaucoup de personnes affirment s’être reconverties vers 40 ans, un âge où l’on se connaît assez pour oser le changement. Tous affirment qu’en la matière, rien n’est impossible pourvu, que son projet soit mûrement réfléchi.
À l’instar de Séverine Valette, heureuse de sa deuxième vie professionnelle, qui lance en souriant : « et ce n’est peut-être pas la dernière ! »

 

F.B