Etudier à Sciences Po est une expérience intellectuelle et professionnalisante. C’est aussi le moment de la fondation d’un esprit et d’une communauté. Quelles valeurs et compétences partagent les étudiants et seront-elles un ciment dans leur vie future ? Réponses de quatre jeunes SciencesPistes.

 

Manon Berriche © Victoria Roure

Manon Berriche © Victoria Roure

 

Le goût pour l’éclectisme et la pluridisciplinarité unit les SciencesPistes
Manon Berriche, élève en M1 Politiques Publiques, membre de l’association Prix Littéraire des Grandes Ecoles (PLGE).
Que veut dire être une Sciences Po pour vous ?
Plus qu’être dans une grande école, être à Sciences Po signifie appartenir à une communauté étudiante, composée de profils aussi divers que similaires. C’est précisément cette pluralité des profils qui est source d’un enrichissement humain incroyable. La différence dans les origines géographiques, culturelles et sociales, entre les étudiants, est très appréciable. Cela permet de changer de perspectives et d’horizons. A mon arrivée, j’ai été impressionnée par les multiples talents des étudiants : certains ont déjà une éloquence étonnante ; d’autres sont capables d’écrire et de mettre en scène une pièce de théâtre ou une comédie musicale avec professionnalisme et créativité.
Quel esprit pensez-vous partager voire incarner ?
Derrière la singularité de chacun se cache en quelque sorte un « esprit Sciences Po » qui aide à se sentir intégré au sein de la communauté et de la vie étudiante. Nous partageons une certaine curiosité intellectuelle même si celle-ci ne porte pas du tout sur les mêmes sujets d’une personne à l’autre. Cette envie d’apprendre porte sur plusieurs matières ou domaines de réflexion. C’est précisément ce goût pour l’éclectisme et la pluridisciplinarité qui unit les SciencesPistes. L’enseignement fondamental en sciences sociales est transversal et combine plusieurs approches réflexives et méthodologiques. Cette démultiplication des perspectives permet d’approcher au mieux la complexité des différentes forces qui animent la société, l’économie et la politique française.

 

Thomas Busciglio © Simon Lagache

Thomas Busciglio © Simon Lagache

 

Un esprit qui valorise la curiosité et l’ambition
Thomas Busciglio, étudiant en M1 Recherche en Histoire au sein de l’Ecole doctorale, membre de l’association Prix Littéraire des Grandes Ecoles (PLGE).
Quel esprit pensez-vous incarner en tant que Sciences Po ?
Sciences Po reste un label. Faire partie de la communauté des étudiants signifie assurer la bonne réputation de mon école, par mon travail et mon engagement. Être SciencesPiste, c’est partager certains codes, qui ont le mérite de souder la communauté, par exemple des références partagées à la manière d’enseigner, à des salles ou des bâtiments qui nous évoquent des souvenirs communs. La sensation de former des élites pour la nation reste bien ancrée, mais elle est de plus en plus associée à une certaine idée de mérite, surtout depuis l’ouverture à des profils divers. C’est un esprit qui valorise la curiosité, l’ambition et une certaine débrouillardise.
Comment définiriez-vous votre communauté ?
Au-delà de la compétition, la communauté se base sur une complicité implicite, un sentiment de bulle et de porte ouverte à un monde : celui du réseau. Se créer des relations est primordial au sein de la communauté étudiante et pour l’avenir professionnel. C’est une communauté ouverte à l’international et très diverse culturellement. Rencontrer des gens de tous horizons et continents est très appréciable ! La diversité vient aussi des origines très variées des étudiants. Certains ont des parents cadres, voire des anciens de la Maison. Mon père est ouvrier, ma mère comptable, je viens d’un milieu majoritairement rural. On prend ici conscience du fossé qui sépare parfois les parcours de chacun.L’unité vient du sentiment de cocon ressenti dans les murs de l’école, et du sentiment d’avoir bénéficié d’un enseignement exigeant qui a ses particularités. On n’enseigne pas à Sciences Po comme partout !

 

Alyette Tritsch

Alyette Tritsch

 

Apprendre et devenir par l’éducation
Alyette Tritsch, élève en M1 à l’Ecole des affaires internationales (PSIA), elle a suivi le Collège universitaire sur le campus de Menton.
Qu’avez-vous apprécié durant votre 1er cycle à Menton ?
L’expérience des campus de région est riche et unique. J’ai pu y découvrir des problématiques qui depuis sous-tendent mes ambitions d’avenir. Encore aujourd’hui c’est finalement la communauté mentonnaise à laquelle je suis le plus attachée. Je ne découvre que cette année les locaux de Paris et l’atmosphère qui y règne.
Comment concevez-vous l’esprit de Sciences Po ?
Décrire l’esprit de Sciences Po de façon générale est très difficile. Chaque programme, chaque campus, chaque master, a sa personnalité, et celle-ci varie d’une promotion à l’autre. En ce qui me concerne, ayant intégré la PSIA suite à mon expérience mentonnaise, je me retrouve dans la dimension internationale et multiculturelle de ces deux programmes, où la diversité est mise en valeur davantage que l’uniformité d’un esprit Sciences Po, si tant est qu’il existe.
Cet esprit se traduit-il dans votre engagement au profit des réfugiés ?
(Alyette est à l’origine d’un projet de cours en français et en anglais pour les réfugiés mis en place à Sciences Po. Elle est membre de l’ONG Kiron et de l’association l’Insertion du cœur, ndlr.) Je pense que mon engagement au profit des réfugiés correspond à ce qui me plait à Sciences Po, et particulièrement à la PSIA : rencontrer des étudiants n’ayant pas le même parcours que moi, qui partagent des ambitions différentes, et qui  aspirent à une autre voie que la mienne. Sciences Po, et l’éducation en général, est un vecteur qui rassemble des profils multiples autour d’un objectif commun : apprendre et devenir. Je vois l’éducation comme la clé d’une intégration réussie des populations réfugiées et comme une chance de favoriser un impact économique positif de ces migrations forcées.

 

Jean Dubrulle © Kipras Vazalinskas

Jean Dubrulle © Kipras Vazalinskas

 

 

Des liens pour la vie !
Jean Dubrulle, élève en M1 Marketing, VP du BDE, co-responsable de l’organisation du Gala.
Presque 4 ans que vous étudiez à Sciences Po, comment avez-vous évolué ?
Lorsque je regardais un reportage sur la transformation de jeunes après leur entrée dans le supérieur, j’étais sceptique. Or, je constate clairement une transformation de ma personne. Mon langage, mon habillement, mes fréquentations ont changé, mais je reste fidèle à mes valeurs ! J’ai grandi intellectuellement.
Quel type de raisonnement développez-vous ?
Sciences Po ne formate pas comme on l’entend reprocher parfois. Le devoir en deux parties et deux sous-parties est un mythe, sauf peut-être en droit… Nous acquerrons la capacité à cerner un problème, à l’approfondir, à identifier clairement les problématiques sous-jacentes et à apporter une réponse profonde et technique au sujet. Si le raisonnement intellectuel est important dans notre formation, au-delà de la conceptualisation, Sciences Po nous apprend à transmettre nos analyses via des exposés. Nous développons une réelle aisance à l’oral, une faculté à restituer un sujet de façon agréable et claire après l’avoir analysé de manière fouillée. Les élèves sont un public exigeant. Notre enjeu est donc de donner un supplément d’âme pour captiver l’audience. C’est un réel exercice.
Qu’est-ce qui unit les SciencesPistes à votre avis ?
Difficile à dire. Nos cursus et ambitions sont très divers. Chacun aiguise sa conscience et construit son propre parcours. Ce qui nous unit est peut-être la richesse de notre diversité. Oui nous partageons des lieux, des expressions et des souvenirs communs. Mais au-delà ce qui nous rapproche et nous enrichit mutuellement, ce sont nos conversations, nos débats, nos échanges sur des sujets très variés et abordés différemment selon les personnes. Faire partie du BDE, y œuvrer avec 30 personnes, nous permet de nouer des liens durables. Ces liens interpersonnels se créent aussi au sein des « triplettes » de 1ere année. Etre 20 en classe permet de se connaître, de ne pas se sentir perdu dans cette grande institution. Nous savons aussi que les liens privilégiés noués avec certains professeurs dureront au-delà de nos études. Ils nous apportent ainsi aussi autant au plan personnel que professionnel.

 

A. D-F