Depuis dix ans, Sciences Po poursuit une ambitieuse politique de diversification de son corps étudiant. Pour répondre, dans un monde globalisé, aux attentes de recruteurs de plus en plus exigeants, tout est mis en place. Les précisions de Cyril Delhay, son directeur de la communication.

Cap sur la diversité des recrutements
Renouvelant ses modes d’admission, qui sont multiples, Sciences Po s’active à chercher « les talents partout où ils sont » : « Nous le faisons avec une exigence renforcée puisque, selon les procédures, nos taux d’admission sont compris entre 10 et 20 %. » Depuis 2010, un oral complète l’admission des candidats sur mention très bien au Bac : « Il s’agit de recruter non pas uniquement sur un parcours scolaire, mais aussi en fonction d’un potentiel. L’épreuve orale permet de s’ouvrir à des profils différents, à des personnalités qui peuvent révéler leur curiosité intellectuelle, leur mérite, leur créativité, leur engagement dans la vie associative ou leur esprit critique. »

Cap sur la diversité des programmes
La formation dispensée à Sciences Po ne se limite pas aux enseignements de sciences politiques, d’économie, de droit, d’histoire et de sociologie : « La capacité à dépasser les frontières intellectuelles passe par une généralisation des pratiques artistiques pour les étudiants de 2e année » souligne C. Delhay. Ateliers d’écriture, de calligraphie, de numérique, de musique… tout ce qui peut nourrir le regard sur le monde est encouragé : « Nous formons de futurs responsables pour le secteur privé et le secteur public. Développer chez eux le plus grand nombre de qualités possibles pour qu’ils ne se contentent pas des schémas établis fait partie de notre mission.»

Cap sur la diversité des enseignants et des intervenants
Ses 3 200 maîtres de conférences et ses 200 professeurs et chercheurs ont, eux aussi, des profils très variés : « Prendre en considération dans nos recrutements d’enseignants d’autres parcours intellectuels, académiques, culturels et sociaux participe de notre projet éducatif ». Sciences Po mise aussi sur les débats, les colloques et les conférences qui mettent à la portée de ses étudiants une multitude d’intervenants et de sommités : « Car pouvoir échanger, dans l’amphi Boutmy, pendant 90 minutes avec une personnalité comme l’ancien secrétaire général des Nations Unies et Prix Nobel de la Paix Kofi Annan contribue aussi à enrichir les esprits. »

Cap sur la diversité internationale
Accueillant 41 % d’étudiants venus de 130 pays, Sciences Po affiche également une belle composante internationale : « Nos campus multiculturels, dont le dernier a ouvert à Reims, font baigner nos étudiants dans un environnement plurilinguistique très riche. » Et passer sa 3e année hors de France est aussi une manière de renforcer « l’ouverture à d’autres diversités, d’autres cultures et d’autres modes de pensée.»

Cap sur la diversité sociale !
En 2001, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, signait les premières « Conventions Education Prioritaire » permettant à des élèves ayant suivi leur scolarité en ZEP d’intégrer Sciences Po sans passer par la case examen. « Aujourd’hui, 85 lycées partenaires, en Ile-de- France, en province et en outre-mer, précise Hakim Hallouch, le responsable du Pôle Egalité des chances, ont mis en place des modules Sciences Po pour préparer leurs lycéens au concours. En 10 ans, aucune équipe ne s’est désistée et 733 étudiants ont été recrutés. » La diversité sociale s’affiche aussi par un taux de boursiers de 26 % – 6 % en 2002 – : « C’est un vrai choix politique. A titre d’exemple, l’an dernier, nous avons consacré près de 5 millions d’euros d’aides financières auxquelles s’ajoutent le coût des exonérations de droits de scolarité. La dimension républicaine, elle est aussi là : dans la possibilité que chacun trouve ici à échanger avec des gens qu’il n’aurait peut-être jamais eu l’occasion de rencontrer ailleurs ! »

CG