Les SHS (sciences humaines et sociales) ont toute leur place dans les formations d’ingénieurs. En effet, les innovations sont au cœur d’enjeux économiques et sociaux.

Grenoble INP l’a toujours su en s’alliant à de nombreuses activités avec Grenoble Ecoles de Management et à des projets de formation et de recherche avec l’Institut d’études politiques et l’Institut d’études politiques et l’Institut d’administration des entreprises. A travers son école de génie industriel, il a construit un partenariat original avec l’Université Pierre Mendès France. Depuis le 1er septembre 2011, 4 enseignants-chercheurs SHS, impliqués dans l’école de génie industriel de longue date, ont intégré Grenoble INP.

 

Bernard Ruffieux, professeur de sciences économiques

« Les questions ne manquent pas pour l’économiste qui enseigne à Génie industriel! Comment responsabiliser et inciter les membres d’une équipe à tenir les délais d’un projet? Comment arbitrer, en conception, entre une baisse des coûts et une performance accrue d’un produit, en tenant compte à la fois de la demande et de la concurrence? Comment répartir les risques industriels dans un contrat de coopération entre entreprises? Comment choisir une technologie plutôt qu’une autre quand les prix des intrants sont d’une grande volatilité?  La contribution des économistes à ces questions, comme à de nombreuses autres qui intéressent le génie industriel, est majeure. Si les problèmes pratiques sont en nombre infini, il en va autrement des outils, des modes de raisonnement, des concepts, qui eux se regroupent en un corpus cohérent et clair pour l’élève ingénieur.
En effet, la théorie microéconomique des organisations et des marchés à non seulement fait de grands progrès depuis 20 ans, mais la communauté internationale des économistes a produit de grands efforts pédagogiques pour rendre l’accès à ces outils non seulement digeste mais passionnant. L’économie expérimentale et l’économie comportementale, largement utilisées à Grenoble INP- Génie industriel pour l’enseignement comme pour la recherche, sont des éléments centraux de ces nouveaux outils. »

 

Céline Cholez, maître de conférences en sociologie

« La sociologie est l’étude des relations entre les gens dans divers contextes et situations, notamment industriels. Elle permet de questionner les conditions et les formes de la coopération et nourrit le travail de « design organisationnel ».
En fonction de leurs spécialités, les écoles d’ingénieur enseignent différents types de sociologies. Dans leur vie professionnelle, les diplômés de Grenoble INP – Génie Industriel ont a concevoir des organisations. Je leur enseigne donc la sociologie des organisations au sens large. Nous nous intéressons au travail, aux relations entre partenaires économiques et aux processus d’innovation. Le modèle taylorien qui s’appuie sur l’hypothèse d’une rationalité unique et fut en vogue jusque dans les années 80, a été remis en question. L’expérience a par exemple montré que ce ne sont pas les meilleurs concepts au plan technique qui fonctionnent commercialement. Une réussite commerciale est un cocktail complexe, qui dépend notamment du réseau socio-économique de l’inventeur ou du porteur de projet. Dans les cours de sociologie nous insistons également sur l’importance d’être précis et rigoureux dans l’utilisation du langage. A l’ère du texto et d’internet c’est devenu primordial ».

 

Olivier Boissin, maître de conférences en économie

« L’expérience montre que, dans le cadre de leur vie professionnelle, les ingénieurs de Grenoble INP évoluent souvent vers des fonctions de manager de projet en milieu industriel globalisé. Aussi, l’acquisition de solides bases en sciences sociales dès leur formation initiale d’ingénieur est un sérieux atout. Dans les métiers de l’ingénieur, qu’il s’agisse de R&D, d’industrialisation ou encore de développement de supply chain, la prise en compte de problématiques relevant de sciences sociales est en effet essentielle. J’en veux pour preuve l’importance des modèles économiques, de gestion et d’organisations dans la conduite de projets industriels à déployer en environnement globalisé, ou encore la prise en compte en amont d’outils de marketing dans les processus de conception et de design industriel. Enfin, les sciences sociales contribuent à donner aux étudiants une ouverture d’esprit féconde à tout ingénieur, quelle que soit sa spécialité au sein de Grenoble INP ».

 

(newsletter Grenoble INP n°129)

 

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