Maladie, vieillesse, handicap : face à ces situations de dépendance, ce sont souvent les parents ou les enfants qui répondent présents. Des pères, des mères, des fils et des filles qui travaillent et qui doivent concilier leur vie professionnelle avec une vie personnelle parfois difficile. Comment les entreprises qui les emploient peuvent-elles les y aider ? Eléments de réponse.

 

QUI SONT LES SALARIÉS AIDANTS ?

On estime aujourd’hui à 8 millions le nombre d’aidants, dont 1,5 million qui s’occupent d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Les salariés aidants représentent quant à eux 15 à 20 % des salariés des entreprises françaises, soit près de 4 millions de personnes. Et pourtant, ce sujet reste profondément méconnu, une majorité des Français estimant en effet qu’accompagner un proche malade est une évidence. L’enquête OpinionWay / Association pour la Journée Nationale des Aidants publiée en octobre 2015 le confirme : 54 % des Français considèrent qu’aider un proche malade, handicapé ou en difficulté est normal. Et quand on leur demande de définir la figure de l’aidant, 61% ne citent pas la famille. Pourtant, ils sont 77% à reconnaitre que le rôle d’aidant à un impact négatif sur la santé (40 %), la vie familiale (54%) et la vie professionnelle (38 %).

L’IMPACT DE L’AIDE À UN PROCHE SUR LA VIE PROFESSIONNELLE

Car c’est bien en effet au niveau de l’articulation entre le rôle d’aidant et la vie professionnelle que le bas blesse. En effet, si le salarié aidant peut ressentir au quotidien épuisement, stress ou culpabilité, il exprime quasi systématiquement une forte volonté de conserver sa vie professionnelle. Pour des raisons financières évidentes bien sûr, mais aussi parce qu’elle constitue un lien social qui lui permet de rompre un certain isolement psychologique et physique.

L’INTÉRÊT POUR L’ENTREPRISE D’ACCOMPAGNER SES SALARIÉS AIDANTS

Des situations difficiles qui impactent le salarié aidant lui-même bien sûr, mais aussi son entreprise. On estime ainsi qu’en terme de productivité, d’absentéisme, de temps partiel, de démission ou de remplacement, le coût des salariés aidants pour les entreprises françaises s’élève à 6 milliards € par an, soit 1 500 € par salarié aidant. Prendre à bras le corps cette question méconnue et pourtant centrale de la situation des salariés aidants est donc urgente pour les entreprises. Car elles ont tout à y gagner. Comme le démontre l’étude britannique Supporting working carers publiée en 2013, accompagner des salariés aidants augmenterait en effet la fidélisation, l’engagement et la productivité de l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise.

LES BONNES PRATIQUES

Mais ces processus d’aides sont loin d’être harmonisés et généralisés en France. Si quelques dispositifs légaux existent (congés de solidarité familiale, congés de présence parentale ou congés de soutien familial), on voit surtout apparaitre des démarches individuelles au sein des entreprises. Nombreuses sont celles qui concernent l’aménagement du temps de travail : flexibilité des horaires, temps partiel, télétravail, conversion du 13è mois en jours de congés, crédit temps annuel… On voit aussi se multiplier des initiatives émanant des collaborateurs du salarié aidant, comme le don solidaire de jours de RTT ou de congés. Les entreprises s’investissent enfin dans la sensibilisation et la formation à cette question via des guides et des modules de e-learning à destination des managers et responsables RH, des plateformes téléphoniques et numériques anonymes ouvertes à tous les salariés, la mise à disposition de CESU préfinancés pour la mise en place de prestations d’aide à domicile ou encore des conciergerie d’entreprise pour faciliter les démarches quotidiennes des salariés. Des bonnes pratiques qui devront, pour être pérennisées, se conjuguer avec des engagements forts et concrets de toutes les parties prenantes : pouvoirs publics, hôpitaux et financeurs, mutuelles en tête.

CW