Particulièrement prisés par l’entreprise en France et à l’international, les jeunes diplômés issus des grandes écoles et universités peuvent prétendre, dès leur premier emploi, à de belles rémunérations. Mais si leurs salaires restent stables, force est de constater que la crise financière n’a pas été sans impacter les critères pris en compte dans leur évaluation.

Des indicateurs positifs
L’excellent niveau tant technique que managérial de nos jeunes diplômés a semble-t-il garanti la stabilité de leurs salaires malgré la crise. Selon l’Enquête 2012 de la Conférence des Grandes Ecoles, les indicateurs de leur insertion professionnelle et de leur rémunération sont en effet positifs. Ainsi 70 % d’entre eux sont en activité, dont 80 % en CDI, 82.5 % ont trouvé un emploi dans les deux mois suivants leur diplôme et leur rémunération moyenne est passée de 35.8 K€ à 37.3K€. Mais quels sont les éléments qui entrent désormais en compte dans l’évaluation de leurs salaires ?

 

Salaires des cadres, pleins feux sur les ingénieurs
Si on recrute toujours des profils expérimentés, les jeunes diplômés des écoles d’ingénieurs ont un taux d’insertion très élevé. Niveau salaire, c’est alors la double compétence qui fait la différence. Ainsi, être entrepreneur, manager, gestionnaire ou financier est un vrai plus, ce dont les étudiants ont pleinement conscience. Selon l’Observatoire des Ingénieurs, ils sont en effet 39 % à avoir obtenu au moins un diplôme en plus de leur formation principale. Les double diplômes ingénieur- manager font d’ailleurs partie des meilleurs leviers de rémunération, notamment parce qu’ils permettent une évolution de carrière plus rapide vers les postes de Direction. Côté secteurs, l’aéronautique et l’informatique restent très rémunérateurs, même si certaines sociétés de conseil les coiffent parfois au poteau. L’industrie n’est donc pas toujours la plus généreuse. Ce sont d’ailleurs les ingénieurs qui se dirigent vers la finance qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Appréciés pour leur approche mécanique des problématiques, les moins de 30 ans y perçoivent un salaire moyen de 45.8K€ contre 38K€, tous domaines confondus.

 

Un nouveau critère de rémunération : la RSE
C’est finalement chez les managers que les salaires ont récemment eu le plus tendance à fluctuer. Ceuxci ne sont en effet plus seulement tributaires de leurs performances purement économiques. Selon la Baromètre RSE du Cabinet Capitalcom, la moitié des groupes du CAC 40 font en effet varier le revenu de leurs managers en fonction de leurs résultats extra financiers. Par exemple, pour évaluer la performance de ses 1 400 cadres dirigeants, Danone utilise la règle dite du « Bonus 3 tiers ». Autrement dit, les objectifs économiques valent autant que les critères de performance individuelle et les objectifs environnementaux et sociaux. Autre exemple parlant, chez Carrefour, les objectifs RSE jouent sur 10 % de la rémunération des 700 Directeurs opérationnels du groupe. De plus en plus, ces critères influent aussi sur la rémunération des salariés. Chez EDF par exemple, 40 % de l’intéressement dépend du degré de respect des impératifs environnementaux. De quoi faire réfléchir nos jeunes diplômés.

 

SALAIRES DES CADRES : LES CHIFFRES
Le Guide des salaires 2013 publie des chiffres précis sur les rémunérations des jeunes diplômés et leur évolution secteur par secteur (Enquête réalisée auprès de DRH de grandes entreprises françaises au 1er trimestre 2012 par rapport au 1er trimestre 2011 – Salaires médians pour des salariés de 12 à 24 mois d’ancienneté). Petit rappel pratique des chiffres qui VOUS concernent :
Banque et Assurance : Ecole d’ingénieur 42 K€ (+1 %) / Ecole de Commerce 41K€ (+6 %) / Cycle universitaire long 38K€ (+6 %).
Cabinets d’audit et cabinets juridiques et fiscaux : Ecole d’ingénieur 42K€ (+5 %) / Ecole de commerce 42K€ (+6 %) / Cycle universitaire long 41K€ (+6 %).
Industrie et BTP : Ecole d’ingénieur 38K€ (+1 %) / Ecole de commerce 38.5K€ (+5 %) / Cycle universitaire
long 37.9K€ (+7 %).
Industrie pharmaceutique : Ecole d’ingénieur 38K€ (+1 %) / Ecole de commerce 39K€ (+5 %) / Cycle universitaire long 39K€ (+5 %).

 

CW.