La RSE ou Responsabilité Sociétale des Entreprises est une devenue préoccupation dans nombre de compagnies. Julie Bayle-Cordier, assistante-professeure de RSE et d’études des affaires à l’IÉSEG Business School nous dit tout sur ce concept.

 

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La RSE est la prise en compte, par les entreprises, d’enjeux sociétaux et environnementaux au sein de leurs activités. Malgré tout, cette notion reste assez floue pour Julie Bayle-Cordier. « La RSE est à la fois un mythe et une réalité. C’est une réalité, car de plus en plus d’entreprises s’y intéressent. Mais c’est également un mythe, car les dirigeants qui sont d’une autre génération, sont moins sensibles à cette problématique. De plus, plus l’entreprise est grande et plus il est difficile d’être agile. »

RSE : levier de croissance économique

La RSE est néanmoins un levier de croissance économique indéniable. Il y aurait un réel intérêt financier à se positionner. « De nombreuses études démontrent le lien la RSE et la performance financière. Les entreprises ont également commencé à comprendre le lien entre la RSE et la réputation qui est vue comme une mesure de la performance financière. »

Les niveaux d’implication des entreprises en France selon Julie Bayle-Cordier

« Il y a les low hanging fruit. Ce sont des entreprises qui se retrouvent dans une situation win-win. Ils s’impliquent dans la RSE pour dégager des marges. Ils travaillent sur le packaging, la réduction des ressources en eau ou des émissions de gaz. Beaucoup en sont encore à ce stade.

D’autres entreprises intègrent la RSE à tous les stades de la chaîne, comme Unilever. Ils ont décidé de placer la notion de sustainbility au cœur de leur stratégie. Autre exemple, Interface, leader mondial des moquettes de bureau. Cette énorme entreprise a modifié de manière drastique sa stratégie grâce à un PDG qui ne voulait plus « piller la Terre ». Il a modifié son modèle pour arriver en 2020 à 0 émission de CO2 et ils en sont très proches aujourd’hui. »

 

Un concept qui attire les étudiants

Dans une ère où les étudiants sont de plus en plus préoccupés par la quête de sens au travail, la responsabilité sociétale des entreprises a la côte. « Je sens une évolution des étudiants qui s’en préoccupent de plus en plus. Certains étudiants démarrent leur startup avec un volet entrepreneuriat social. Ils créent leur entreprise en essayant de résoudre un problème sociétal en même temps. Ce n’était pas le cas il y a 5 ans », indique Julie Bayle-Cordier.

« Aujourd’hui, chaque école a son approche. Certaines vont insister sur l’aspect philosophique ou éthique des affaires. D’autres seront plus positionnés sur des questions pragmatiques de gouvernance. À l’IÉSEG, nous offrons une approche par l’éthique des affaires en 2e année pour tous les étudiants afin de les confronter à des dilemmes éthiques. Depuis la rentrée 2016, nous proposons un cours de RSE obligatoire en 4e année sur des cas d’organisation en entreprise. » Désormais, les écoles s’intéressent à la RSE pour sensibiliser les managers de demain à ces enjeux qui deviennent primordiaux.

Quels sont les bénéfices de la RSE ?

L’association ethic et « j’aime ma boîte » ont réalisé un guide à destination des sociétés qui souhaitent rejoindre le mouvement et observent de nombreux avantages. Les collaborateurs sont davantage heureux et motivés et sont moins stressés. Le chef d’entreprise voit l’absentéisme baisser, un engagement accru de la part des salariés. L’image de l’entreprise en ressort meilleure. Pour les clients, les bénéfices sont nombreux : confiance, relations durables, augmentation de la visibilité auprès des publics. Enfin, pour les fournisseurs, ethic et « j’aime ma boîte » constatent un gain de productivité, une diminution des risques d’erreurs et une plus grande stabilité dans les rapports.

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