Bernard Gaud, Président du Medef Rhône-Alpes, nous donne un aperçu des relations et des actions que mène le Medef pour valoriser l’enseignement supérieur et aider les entreprises dans leur démarche stratégique.

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Quels types de relations entretenez-vous avec les établissements d’enseignement supérieur de votre région ?
Au niveau du Medef, notre relation écoles/entreprises se décline dans l’enseignement supérieur. Il existe une véritable osmose entre les centres de recherche des grandes écoles et les entreprises comme au sein de l’INSA, par exemple. Notre relation avec les Universités a bien évolué ces dernières années car ces dernières se tournent progressivement vers le monde de l’entreprise, notamment à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, notamment avec la présence de représentants du patronat au sein de leurs conseils d’administration et comités d’orientation

 

La création d’entreprise est importante en Rhône-Alpes. Comment développez-vous l’esprit entrepreneurial de votre région ?
Si au niveau du Medef national, nous avons une section dédiée au développement de l’entreprenariat présidé par Thibault Lanxade, en Rhône-Alpes nous incitons les chefs d’entreprise à s’impliquer dans les établissements d’enseignement supérieur, notamment au niveau des incubateurs, dans le cadre de tutorats, de rencontres et de conférences. Nous nous impliquons également dans le Réseau Entreprendre, qui est issu du patronat.

 

Quels sont les centres d’intérêts prioritaires sur lesquels vous souhaitez attirer l’attention des politiques et des acteurs publics ?
Nous souhaitons focaliser l’attention des pouvoirs publics sur la fiscalité régionale des entreprises. Nous venons de démontrer que cette fiscalité, dont on parle peu car elle est moins visible que l’IRPP ou l’ISF, a énormément progressé ces dernières années, en totale déconnexion par rapport au rythme de croissance économique. Nous sensibilisons également les élus régionaux sur le problème des infrastructures, élément déterminant de l’économie de la région Rhône-Alpes positionnée géographiquement au cœur de l’Europe. Ainsi, la création d’un gazoduc reliant le Nord au Sud de la France (où le gaz coûte 20 à 30 % plus cher !), a été autorisé, ce qui va améliorer la compétitivité des entreprises industrielles de notre région.

 

Quid de votre positionnement géographique ?
Historiquement, Rhône-Alpes est une région d’exportation. L’Italie constituant son deuxième client, le développement de l’axe Nord-Sud va être complété par l’axe Bordeaux-Turin. Le canal Rhin-Rhône, bloqué en son temps par nos politiques, ce qui nous a fait prendre un retard de 15 à 20 ans, va être doublé par l’espace fluvial Saône-Meuse en cours d’aménagement.

 

Comment vous employez-vous à développer l’industrie Rhône-Alpes dans le cadre de  l’internationalisation des entreprises ?
En matière d’import-export, nous bénéficions d’une tradition historique à l’international. Le Medef Rhône-Alpes fait partie de « l’équipe régionale de l’export » dans le cadre duquel les acteurs de l’international, dont les C.C.I et le Medef, apportent leur expertise en réseau aux entreprises qui les sollicitent. Nous avons entamé les discussions avec nos collègues du Medef Auvergne pour mettre en place les nouvelles structures au sein de la future région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Bilan et perspectives
En matière de formation, la région Rhône-Alpes a la prétention d’être totalement compétitive face à la région parisienne. Nos Grandes Ecoles comme EMLyon en lien avec Centrale, Grenoble Ecole de Management, en lien avec Grenoble INP, ou encore l’INSA sont très bien classées en France et à l’International. De même, l’ISARA, grande école spécialisée dans l’agroalimentaire, bénéficie d’une excellente réputation internationale. On peut seulement regretter que, malgré la création des ComUE, les universités locales n’aient pas trouvé le moyen de se rapprocher suffisamment pour constituer un grand pôle d’excellence régional.

 

Patrick Simon