Les étudiants sont de plus en plus nombreux à avoir recours au crowdfunding pour financer leurs projets, personnels comme collectifs. Avec succès. Une excellente manière d’apprendre par ailleurs à monter un dossier et le défendre…

En quelques années, ce que l’on appelait jusqu’à il y a peu le ‘‘love money’’, cet argent récolté auprès de la famille et des amis, a pris, via internet une ampleur considérable et gagné un nouveau nom : le bien-nommé crowdfunding qui permet de toucher les gens bien au-delà du cercle de ses connaissances. 500 sites dans le monde, une quarantaine en France, qui fonctionnent selon trois axes : le micro-crédit, la recherche d’investisseurs et enfin ce système du don d’argentcontredon en nature qui intéresse au premier chef tous les étudiants désireux de financer une partie de leur projet sans que cela leur coûte autre chose qu’une belle énergie et un peu d’astuce.

 

Une affaire de préparation
Projets associatifs ou de voyage utiles (et non d’agrément = échec), missions de fin d’études… « Nous en avons plusieurs dizaines en cours, témoigne Hortense Garand, la fondatrice de Babeldoor, site ayant déjà financé plus de 160 projets : césure dans les grandes écoles, doctorants, etc. S’ils sont suffisamment préparés, ils trouvent presque toujours leur financement. » Bien préparé, cela veut dire quoi ? Obéir à quelques règles d’or (voir encadré) et, avant toute chose, bien choisir le montant de la somme demandée ! Car rappelons que si elle est atteinte – yes ! – ne reste plus qu’à préparer les contreparties destinées aux généreux donateurs et à verser un petit pourcentage au site relais, mais sinon… tout est perdu et l’argent rendu aux donateurs ! « Divisez votre projet en tranches, conseille Hortense. Ainsi font, entre autres, les élèves de l’ISTOM pour financer les frais de leurs stages à l’étranger. Rien n’interdisant de réunir plus que la somme prévue : 150 ou 200 % parfois. Sachant qu’en moyenne les projets financés tournent autour de 1 500 euros. »

 

Savoir se vendre
L’internaute par nature est pressé et… paresseux. La présentation du projet doit donc être brève et… captivante. « La vidéo est, de loin, l’idéal, précise Nicolas Dehorter, auteur du « Guide du crowfunding » (éditions Colligence). Mais gare : une vidéo n’est pas une vitrine, c’est une rencontre durant laquelle on mettra en avant sa détermination et le côté utile du projet porté, que les gens se sentent, à travers vous, agir pour la bonne cause. Bien sûr, on aura compris la règle des 3 cercles du financement participatif (très bien expliqué sur ulule.com nda) : famille et amis, puis amis d’amis, connaissances et enfin, le reste du monde. Pour ce dernier cercle, il faut vraiment faire de la com’, lancer des bouteilles sur tous les sites du secteur d’activité concerné. Et avant tout, choisir une plateforme sympa qui marche bien. Mon Quarté perso ? Ulule, Kisskissbankbank, Babeldoor et Octopus. »

 

Quatre règles d’or…
• Rien ne vaut une vidéo de présentation de 2 mn maximum : une ou deux personnes ‘‘habités’’ y décrivent le projet, créent un lien, convainquent et déclenchent le clic
• Tout est effet boule de neige : amorcer donc la pompe avec l’engagement de proches qui témoignent, donnent et crédibilisent
• Propagation virale : il faut être partout : réseaux sociaux, listing des anciens, jeux en ligne… Et animer, devenir community manager le temps de la campagne
• Imaginer des contreparties attractives, c’est-àdire amusantes, touchantes et impliquantes qui valorisent les donateurs

 

JB