Terminer son second mandat en beauté ! Tel est l’objectif de Georges Haddad, president de l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne jusqu’en juin 2020. Le 16 septembre, il est revenu « sans langue de bois » sur les grands chantiers qui attendent l’Université dans les prochains mois. Retour sur les 7 infos clés à ne pas rater.

 

« L’Université c’est ma vie ». C’est ainsi que Georges Haddad a souhaité introduire sa dernière conférence de presse de rentrée à la tête de Paris 1. Un engagement personnel qu’il ne conçoit pas sans son équipe. « Sans eux, je ne serais rien. J’ai été élu comme un président nu et ils m’ont habillé, avec mon audace et ma sincérité au cœur. »

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Candidats aux municipales : sauvez le Quartier Latin !

Soulignant la qualité des candidats à sa succession, il affirme « être confiant pour l’avenir de Paris 1 mais… perplexe pour Paris », alors même que les municipales et les élections du nouveau président de l’Université auront lieu concomitamment au printemps prochain. Il en profite d’ailleurs pour lancer un appel au futur Maire de Paris. « Paris 1 est une très grande université parisienne située au cœur du Quartier Latin qui, à mon sens, perd son identité. La vie universitaire du quartier est en train de se diluer car les professeurs n’ont plus les moyens d’y loger. C’est un lieu de vie et pas un terrain de jeu pour McDo et Burger King. C’est un scandale qu’il soit devenu un musée universitaire de passage ! Que faire pour redonner cette dimension universitaire à Paris ? J’interpelle tous les candidats y compris mon copain Villani », annonce l’ancien professeur de mathématiques.

Vous avez dit SHS ?

Un pro des sciences dites « dures » mais aussi un des plus fervents défenseurs des sciences sociales. « Notre défi ? Faire en sorte que nos universités ne soient pas uniquement jugées par nos dirigeants sous le prisme des sciences dures. Nous avons besoin d’un vrai projet scientifique autour des sciences humaines et sociales (SHS). C’est d’ailleurs avec une grande tristesse que j’ai vu disparaître Paris 4, avalée par le boa Paris 6. » Un constat qui le désole d’autant plus que les SHS se voient désormais parfois désignées par l’acronyme fort peu flatteur NSNS, pour Ni Sciences, Ni Santé.

ParcourSup ? Un choix réciproque

Et pourtant, Paris 1 attire, comme en témoignent les chiffres de ParcourSup, dont la seconde année de mise en application, « s’est déroulé de façon plus sereine », selon Alice Le Flanchec, VP CFVU. L’occasion pour Georges Haddad de rendre un hommage appuyé à l’équipe en charge du dossier « sans laquelle ParcourSup aurait été un naufrage. Elle s’est dévouée jour et nuit pour en faire, non pas un process de sélection, mais de choix réciproque. Avec les étudiants, nous nous sommes choisis, maintenant il faut s’aimer et l’amour c’est une autre affaire ! »  Et les statistiques parlent d’elles-mêmes : 120 000 candidatures ont été reçues  pour 6 000 places. Avec une tension très forte dans toutes les disciplines, plus particulièrement en double-licence avec 45 dossiers pour une place (contre 15 dossiers pour une place en licence simple).  

A Paris 1, c’est l’année des bibliothèques !

Georges Haddad en est convaincu, « la bibliothèque, c’est la respiration de l’universitaire. Nous sommes comme des nomades qui traversent le désert de la connaissance et la bibliothèque est la source de notre oasis. De Harvard à Cambridge en passant par Stanford ou les grandes universités japonaises, elle est toujours centrale. Et pour l’instant, les bibliothèques universitaires françaises ne sont pas traitées comme elles devraient l’être. » Fort de ce constat, l’université a décidé de mettre ses bibliothèques à l’honneur. Dont la fameuse Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, BIS pour les intimes.  Des antres de la connaissance qui rassemblent, excusez du peu, plus de 3 millions de volumes, 140 000 livres anciens, 4 000 manuscrits, ou encore une plateforme digitale unique en France comptant près de 360 000 livres électroniques.

Sorbonne Alliance, toujours plus loin

Un succès sur lequel l’université compte s’appuyer pour renforcer Sorbonne Alliance. Un regroupement associatif d’établissements du Supérieur, sans chef de fil, misant sur le respect de l’autonomie de ses membres. Avec un petit nouveau dans la ligne de mire. « Nous sommes en négociations fortes et sincères avec Paris 3 pour porter haut les couleurs des SHS », affirme Georges Haddad.

Les femmes de talent à l’honneur

Pour la troisième fois au cours de son mandat, Georges Haddad et son équipe ont décidé d’honorer une femme engagée pour l’Université. Dans le cadre de l’Année des Bibliothèque, Paris 1 remettra en avril 2020 les insignes de doctorat honoris causa à Carla Hayden, première femme à diriger la bibliothèque du Congrès de Washington. Avec un teasing présidentiel en supplément. « Barack et Michelle Obama, deux de ses proches, devraient faire le déplacement ! ».

Créer des ponts en Europe et avec l’Afrique

Un mouvement qui va de pair avec le pari formulé par Paris 1 et ses partenaires de créer l’une des premières universités européennes : UNA Europa. « Nous n’avons pas attendu le discours du Président Macron en 2017 pour affirmer cette ambition. Nous ne voulons pas créer une façade universitaire européenne mais bien une université européenne qui forme des citoyens conscients des enjeux de l’Europe qu’il reste à construire. L’idée n’est pas de promouvoir une identité mais une vitalité, une générosité européenne », affirme George Haddad. Une université qu’il veut diplômante à l’horizon 2021/2022. Parallèlement, UNA  Africa sera lancée dès 2020 avec 8 universités africaines partenaires pour créer des ponts pédagogiques entre les deux continents.

Save the date

Paris 1 vous donne rendez-vous le 15 octobre pour l’inauguration de don nouveau campus de Port-Royal. Premières images à découvrir bientôt sur www.mondedesgrandesecoles.fr !