Recentrage sur les fondamentaux du management et les valeurs, développement des aptitudes comportementales, pédagogie inversée, parcours internationaux, accompagnement individualisé renforcé, le BIBA (Bachelor of International Business Administration) de Montpellier Business School, opère sa mue. Elle sera achevée pour la rentrée 2019. Denis Lescop, responsable du programme, nous en dévoile les nouveautés.

 

Votre programme Bachelor a déjà 20 ans ?

Denis Lescop, responsable du BIBA MBS

Denis Lescop, responsable du BIBA MBS

Il existe en effet depuis 1999 ! Le programme en 3 ans délivre un diplôme RNCP de niveau II. Toutes nos formations seront sur Parcoursup en 2020 comme le veut la loi. Nous avons 700 étudiants, intégrés en 1eA (bacheliers), en 2eA (réorientation après une CPGE, l’université), et en 3A (post BTS et DUT). 40 % de nos élèves en dernière année sont des alternants. Et nous accueillons 15 % d’internationaux.

Recentrage académique et visa

La réforme doit soutenir votre demande de visa ?

Nous avons en effet présenté le programme à la CEFDG dans la lignée de ce que nous faisons pour notre PGE/Master. Cette demande témoigne de notre recentrage académique avec la montée et le maintien des professeurs permanents dans le programme. Décrocher le visa nous permettra d’accueillir plus de boursiers. Il nous manquait une formation post-bac visée éligible aux boursiers. Nous espérons un arrêté pour cet été.

Quelles sont les nouveautés de la refonte pédagogique du Bachelor ?

La refonte sera totalement effective à la rentrée 2019.

Déjà nous avons lancé en 2018 une filière anglophone dès la 1eA. Dans la région de Toulouse et Marseille, Montpellier Business School est la seule à proposer cette offre. Nous avons 35 étudiants dans la filière qui se révèle attractive. C’est un cursus sans apprentissage

Le rééquilibrage des cours avec un recentrage sur les fondamentaux du management et les valeurs de l’école : éthique, diversité, ouverture, performance globale et performance environnementale. Nous insistons sur les aspects d’éthique des affaires, de manager autrement, de management responsable, de mondialisation et multiculturalité, etc..

Un accent sera mis sur le développement des soft skills que les entreprises recherchent comme l’esprit d’équipe et le leadership. Elles nous disent clairement que ces aptitudes font la différence plus que des expertises pointues

Le boom technologique nous conduit à revenir à la formation de profils plus généralistes, en insistant sur les compétences comportementales : adaptabilité, ouverture, compréhension rapide, sens critique. Nous formons des jeunes à résoudre demain des problèmes et situations complexes

« Nos élèves vivent ici une période très structurante de leur vie de jeunes adultes »

Un mot sur le cours « Focus comportemental » ?

Il est animé par un psychologue pour permettre aux élèves de découvrir qui ils sont et faire concorder leur identité et leurs aspirations profondes avec leur projet professionnel. Il les suit durant 3 ans, les accompagne dans l’évolution de leur personnalité que l’on sait rapide à cet âge, au moment où ils construisent leur avenir. Ils se détachent du rationalisme, du « tout blanc/tout noir », développent leur sens critique, leur diplomatie, une approche plus humaine des choses. Et de fait, ils évoluent très bien, cela nous montre que notre cursus va dans le bon sens ! Notre rôle est bien de faire mûrir nos étudiants, dont certains arrivent mineurs post-bac. Ils vivent ici une période très structurante de leur vie de jeunes adultes.

Il est important de travailler le profil comportemental de nos étudiants. Car le management, c’est gérer des humains et des situations. Nous replaçons ceci au cœur de Montpellier Business School.

Avec la refonte un nouveau parcours global va aussi naître ?

Ce parcours international se déroulera ainsi : 3 semestres à Montpellier, 3 semestres à l’étranger avec un double diplôme à la clé. Nous proposons 43 destinations et 24 doubles diplômes. Les élèves bénéficieront aussi de cours de langue plus poussés pour préparer leurs études à l’international. Nous espérons pouvoir faire du sur-mesure, créer des parcours en fonction des souhaits de chacun, en Afrique, en Asie.

Quid de la filière francophone ?

Dans notre Bachelor, y compris en filière anglophone, il y a deux langues vivantes obligatoires. Nous constatons que cela ne convient pas à tous nos élèves. Nous ouvrons donc un cursus en français, avec anglais obligatoire. Cela conduit aussi à une baisse des frais de scolarité de 10 %, 8 500 € au lieu de 10 900 € pour la filière anglophone. Pour tous, il y a une immersion internationale de 6 mois obligatoire.

« Avec le Bachelor notre objectif est de sortir du tout scolaire »

Quel type de pédagogie proposez-vous ?

Avec le Bachelor notre objectif est de sortir du tout scolaire. Nous provoquons volontairement un « choc » à l’arrivée en 1eA. Grâce à la pédagogie inversée ils sont libres et responsabilisés. Nous leur montrons autre chose (blended learning, projets, cas, simulations…), pour les sortir du fonctionnement passif : s’asseoir, écouter et restituer … Ce n’est pas ainsi que l’on forme de futurs managers. Dans nos cours, comme dans l’entreprise, toutes les disciplines se parlent. Nous leur demandons de développer une approche transversale. Nous observons un déblocage en milieu de 2eA.

En cours, nous enseignons les savoir-faire et savoir-être. Car manager, c’est plus un savoir-faire que l’application de théories. Sinon, on gère à partir de tableaux de bord à l’anglo-saxonne passant à côté de la dimension humaine et du sens critique. En ce sens, le Bachelor prépare bien au Master. Les élèves ont basculé pédagogiquement, ils sont ouverts au leadership, à la responsabilité, à la remise en question. La moitié des promo fait le choix de poursuivre en Master.