Pour Arnaud Montebourg, le redressement productif de la France passe par différentes réformes qu’il est chargé de mener à bien.

Arnaud Montebourg ministre du Redressement productif

Arnaud Montebourg ministre du Redressement productif

Quels sont les projets phares pour assurer le redressement industriel de la France ?
Le renoncement industriel des 10 dernières années, la mise en pratique d’une France sans usine, a conduit à la destruction de750 000 emplois industriels soit presque 1/3 du nombre total de chômeurs et à la fermeture de 900 usines en 3 ans. Notre action pour mettre fin à ce sinistre doit être rapide et efficace. Nous sommes mobilisés pour endiguer cette dangereuse désindustrialisation, sauver tous les emplois qui peuvent l’être et préserver nos outils industriels. Le redressement productif, c’est le réarmement de la puissance publique, c’est la remise en ordre progressive d’un monde qui nous a échappé et parfois enchaîné. C’est l’affirmation de nos préférences, de nos choix, de notre souveraineté. Pour cela, l’Etat doit redevenir stratège et ne pas avoir peur d’intervenir dans l’économie réelle. Cela veut dire porter une ambition industrielle et faire des choix, en promouvant des filières, des technologies d’avenir. Et le réarmement de la puissance publique est en marche. En effet, la Banque Publique d’Investissement, dont le projet de loi a été présenté en conseil des ministres le 17 octobre dernier, va permettre à l’Etat de remettre la finance au service de l’économie réelle, de nos filières industrielles. Au-delà, la BPI sera une structure d’accompagnement et d’aide au développement de nos entreprises.

 

 

“ Notre industrie prépare nos succès
de demain.”

Le Grand Emprunt est un autre levier important d’une reconquête industrielle raisonnée qui doit encourager les secteurs dans lesquels nous avons un avantage comparatif et compétitif, identifier les secteurs à fort potentiel de croissance et les accompagner au mieux
Je ne citerai que trois exemples. Dans le domaine de l’automobile qui traverse une crise très violente, nous avons fait le choix de la voiture propre et écologique, convaincus que ce nouveau mode de mobilité peut révolutionner notre vie quotidienne. C’est en France et dans nos usines Renault que la batterie électrique de 2e génération sera conçue et produite. Lors de la Grande Conférence Environnementale, le gouvernement a fixé un cap, celui de la transition énergétique. Cette transition prendra vie et corps dans des inventions et des objets produits par notre industrie et dans des projets portés par des entrepreneurs engagés. Dans chaque filière, et par exemple l’automobile, les éco-industries, la robotique, nous sommes attentifs à accompagner l’innovation radicale.

 

La gouvernance constitue-t-elle un des éléments clé du développement de nos entreprises industrielles ?
Nous travaillons à un pacte social au sein des entreprises qui s’inscrit dans une vision industrielle de long terme. S’agissant des grandes entreprises, le gouvernement travaille à une réforme importante de leur gouvernance. Les conseils d’administration et les conseils de surveillance sont les lieux de décision des entreprises. Aujourd’hui ces lieux de décision restent trop souvent opaques pour les salariés qui sont dès lors tenus à l’écart des choix stratégiques de leur entreprise. La réforme consistera à reconnaître la responsabilité des salariés dans les prises de décision économique en leur donnant des voix délibératives au sein des conseils d’administration et de surveillance. Avant la fin du premier trimestre 2013, une loi sera proposée sur la gouvernance d’entreprise et l’actionnariat de long terme. Il s’agit de définir une nouvelle ambition pour le dialogue social dans l’entreprise, d’induire un cercle vertueux qui sur le long terme permettra le rapprochement de toutes les forces d’une entreprise, ses actionnaires, ses dirigeants et ses salariés, au service d’une vision de long terme qui est le temps de l’industrie.

 

Patrick Simon