Professeur à Dauphine pendant 30 ans, dont 15 passés au poste de responsable du service des sports, Paul Deshays revient sur sa démarche lors de la création d’une Licence de Management des organisations pour les sportifs de haut-niveau, et son fonctionnement.

Paul Deshays, nouveau directeur des sports de Paris Sciences et Lettres

Paul Deshays, nouveau directeur des sports de Paris Sciences et Lettres

Après 15 ans en tant que responsable du service des sports, quel bilan faîtes-vous de l’évolution de la place du sport au sein de l’enseignement supérieur ?
Effectivement, depuis que je suis à Dauphine, j’ai eu la chance de toujours travailler avec des directeurs d’universités plus ou moins acquis à la cause du sport. L’activité physique a donc toujours eu une véritable place dans l’école et dans la vie des étudiants. D’ailleurs, la note de sport est intégrée à leur moyenne. Mais comme je le disais, c’est une chance que les directeurs de Dauphine aient naturellement impulsé la pratique du sport, car ce que je trouve regrettable c’est justement que le sport en université soit laissé à la seule décision du directeur alors que dans le secondaire c’est une obligation formelle. Par ailleurs, aujourd’hui je ne suis plus à Dauphine. En effet, le 9 octobre dernier, j’ai été nommé directeur des sports de Paris Sciences et Lettres (qui regroupe les plus grandes universités françaises). J’ai donc une nouvelle mission : faire faire du sport à tous les étudiants de PSL, en vue de construire et affirmer une véritable identité sportive.

 

Vous avez crée la Licence professionnalisante de Management réservée aux sportifs de haut niveau et aux professionnels du sport à Dauphine en 2010, quelle a été votre démarche ? Les grandes étapes de la mise en place de cette formation ?
Cela m’a pris environ deux ans pour concevoir un produit pédagogique novateur et adapté à l’emploi du temps des sportifs de haut niveau. J’ai donc imaginé, à la demande du directeur de l’Université, une licence L3 de Management des organisations. Cette licence a pour objectif de professionnaliser les sportifs de haut-niveau et leur fournir un bagage qui leur permettra plus tard de s’intégrer dans le monde de l’entreprise. Les cours sont à 25 % basés sur du présentiel et les 75 % restant en e-learning. Sur un plan académique, la licence est accessible aux étudiants Bac +2 et qui ont suivi une formation L1 et L2 plutôt économique. Sur un plan sportif, sont recrutés les sportifs de haut niveau ayant au moins une reconnaissance nationale.

 

Quels ont été depuis trois ans les grands axes de développement de la licence ? Et aujourd’hui quelles en sont les perspectives d’avenir ?
La licence en elle-même n’a pas subi de grand changement depuis sa création. Bien sur, nous avons du faire quelques ajustements après la première année qui a fait office de test. Suite à cette première année, nous avons quelque peu affiné la plaquette pédagogique. L’objectif est de donner les capacités à ceux qui le souhaitent, de poursuivre avec un Master 1. Toutefois, j’ai un projet qui j’espère va se concrétiser dans les années à venir. J’ai travaillé pendant quelques mois sur l’élaboration d’un programme Dugead adapté aux sportifs de haut niveau, en vue de permettre à ces bacheliers un peu particuliers de postuler à Dauphine. Il s’agirait de faire suivre le programme de L1 et L2 sur trois ans au lieu de Organisations. Ces L1 et L2 adaptées seraient sur un format similaire à la Licence L3 : 25 % présentiel et 75 % elearning.

 

Le e-learning se développe de plus en plus dans l’enseignement supérieur en général, et occupe également une place essentielle dans la formation que vous proposez, pour quelles raisons ? Est-ce pour rester dans la tendance actuelle, ou est-ce une méthode plus conciliable avec l’emploi du temps des étudiants ?
Effectivement le e-learning est très en vogue, mais c’est surtout le seul moyen pour ces étudiants de concilier un emploi du temps de sportif de haut niveau et un planning d’élève. Cela dit, nous insistons fortement sur le présentiel (25 %). C’est important pour eux de se confronter régulièrement à leurs paires.

 

Anne-Sophie Mathieu