Joint-venture des groupes Renault et Samsung en Corée du Sud, Renault Samsung Motors développe et produit quatre gammes de véhicules pour le marché local et pour le monde entier. Focus sur une filiale ambitieuse avec Jean-Marie Hurtiger (Ponts ParisTech 1973), son PDG.

Jean-Marie Hurtiger (Ponts ParisTech 73, INSEAD), PDG de Renault Samsung Motors

Jean-Marie Hurtiger (Ponts ParisTech 73, INSEAD), PDG de Renault Samsung Motors

« Mon parcours a été assez atypique, s’amuse Jean-Marie Hurtiger. Ingénieur en génie civil, j’ai démarré ma carrière en participant à des projets de grandes infrastructures (barrage, enceinte nucléaire, tunnel…), avant d’être sollicité par planification de son activité industrielle en France. En 1988, j’ai rejoint la planification industrielle de Renault et je n’ai jamais eu à regretter mon choix : le monde de l’automobile permet de travailler sur des produits riches, car complexes et variés, où l’innovation et la dimension humaine sont essentielles. » Evoluant assez rapidement à l’international, il est directeur régional pour l’Amérique Latine lorsque les clés du projet Logan lui sont confiées en 1999 : « Renault cherchait un homme possédant une vue d’ensemble de ses métiers et une vision moins classique de son ingénierie car il s’agissait de concevoir un produit en rupture répondant aux besoins des pays émergents. » L’aventure aboutit, en 2004, avec le lancement d’un « véhicule moderne, robuste, fiable et commercialisé à moins de 6 000 dollars ainsi que l’indiquait notre feuille de route » : « Ce projet a été un accomplissement majeur dans ma carrière car j’ai non seulement pu le mener de bout en bout, mais il a aussi rencontré le succès ! »

 

« Notre bureau
d’études de Ki Heung
a acquis une position de
leader technique
sur certains domaines tels que les boîtes automatiques
et l’acoustique. »

Une offre adaptée aux exigences du marché !
Aspirant à de nouveaux challenges, Jean-Marie Hurtiger se voit confier en 2006 la direction de RMS (Renault-Samsung-Motors), la filiale du groupe en Corée du Sud, qui a fêté l’an dernier ses dix ans. D’une taille comparable à celui de l’Espagne, le marché sud-coréen –le 7e dans le monde pour le constructeur automobile français–, présente de multiples singularités. « En Corée, la voiture est un produit statutaire fort et les grosses berlines et les 4 x 4 constituent la moitié des ventes. Les Coréens sont très exigeants et attendent des véhicules bien équipés et offrant un confort de conduite supérieur.» Positionnés sur les segments milieu et haut de gamme, la SM3, la SM5 la SM7 et le 4×4 QM5, ses quatre modèles, en font, avec 12 % de part de marché, le 3e constructeur automobile du pays et le n°1 depuis 9 ans en termes de satisfaction clients. « Etre associé à Samsung, marque de référence en Corée, nous confère une image premium, Nous la valorisons par un réseau de distribution en propre composé de 190 points de vente et de 450 points services. Notre ambition est de poursuivre notre croissance en pénétrant d’autres marchés en Asie, celui de la Chine notamment, avec nos exportations.»

 

Un savoir-faire au service du groupe
Outre son siège à Séoul, RMS s’appuie sur un centre d’études à Kiheung, banlieue de Séoul, et sur une usine à Pusan, qui a produit l’an dernier 280 000 véhicules, dont 130 000 ont été vendus sur tous les continents pour répondre aux besoins des deux marques Renault et Nissan. « La particularité de Renault est d’avoir réussi à constituer un réseau mondial de bureaux d’étude et les interactions entre le Technocentre de Guyancourt, celui de Titu en Roumanie, de Curitiba au Brésil et le nôtre, chacun ayant ses spécialisations, permettent d’assurer la cohérence des politiques techniques du groupe. Notre bureau d’études de Ki- Heung a ainsi acquis une position de leader technique sur certains domaines tels que les boîtes automatiques et l’acoustique. » Accueillant dans ses équipes chaque année une dizaine de stagiaires en contrat local, RMS leur offre l’opportunité d’exercer tous ses métiers, des études à la production, du contrôle de gestion au product planning : « Les jeunes ne doivent pas oublier que ce qui prime dans une carrière, c’est de faire ce qu’on aime. Ils ne doivent pas hésiter à changer s’ils ne sont pas satisfaits, mais s’ils le sont, ils devront savoir prendre leur temps pour acquérir la maturité et les compétences qui leur permettront d’assumer des responsabilités ! »

 

CG

 

Contact : jean-marie.hurtiger@renault.com